Put your hands up in the AER! [AER: Memories of Old, PC]

Si on enlève deux lettres à « Icare » et qu’on secoue un peu le reste, ça donne « AER« . Coïncidence? Je ne crois pas. Pas de risques de se brûler les ailes cette fois-ci. Il n’y a pas beaucoup de périls tout court dans cette envolée lyrique; premier jeu sorti du nid du studio indépendant suédois Forgotten Keys.

AER PC tutoriel

Surprenant.

Je vais m’arrêter là avec les métaphores sur les oiseaux et intéressons nous plutôt à Auk, jeune femme au visage polygoné et sans faciès, mais ayant la capacité de se transformer en volatile. Elle vit dans un monde paisible, mais morcelé. À la suite d’une grande catastrophe, il ne persiste que des îles flottantes (mais sans caramel, hum) dans les cieux. Lorsque le jeu débute, nous retrouvons Auk dans une caverne qu’elle explore afin de rendre hommage à une ancienne déesse. En prenant la forme d’un bref tutoriel, on découvre un autel sur lequel repose une lanterne. Elle se met à briller et investit Auk d’un pouvoir mystique. S’en suit un flash obscur (j’oxymore si je veux), où une forme géante et menaçante s’approche de nous avant de s’évaporer pour laisser place à une séquence où l’on fuit la caverne sur le point de s’écrouler. Une fois dehors le soleil brille, le ciel est rosé et un vieil ermite demande à ce que l’on s’envole jusqu’au prochain village pour y rencontrer notre guide. Pas si défoncé le vieux, on peut effectivement prendre son envol à n’importe quel moment (en extérieur) à l’aide d’un double appui sur la touche de saut.

AER PC vol

I believe I can fly, mon frère.

Si les phases à pied sont un peu lourdingues et les sauts un peu trop « lunaires » (comprenez une grande amplitude, une grande inertie et donc peu de précision), les sensations de vol sont incroyables. En septembre, le studio communiquait sur Twitter que les mécaniques de vol leur avaient pris deux ans pour atteindre ce résultat et ça se voit! À peine le premier coup d’aile donné, la musique berçante se pare de rythmes et accords dynamiques qui transcendent une sensation de liberté grisante. Si on s’approche d’un Zelda: Skyward Sword dans le style des décors, on est plus proche d’un Eagle Flight pour le ressenti, mais en mieux! Quel plaisir de grimper, avant de se lancer dans un piqué et de prendre un virage serré entre deux arbres au ras du sol! Je parie que découvrir de nouvelles îles à travers les nuages vous collera un petit sourire. L’expérience a quelque chose de très apaisant et on se prend à voler sans trop de buts. Une grande boussole en haut de l’écran permet de s’orienter. C’est d’ailleurs les seules indications qu’Auk obtient pour remplir sa quête. Celle-ci consiste à regrouper des fragments d’un artefact. « Rends-toi au temple à l’ouest, vers le clocher », on s’approche du bord du gouffre et on s’élance allégrement pour voler jusqu’au prochain objectif.

AER PC indications de quêtes

Le genre d’indications qui vous lancent sur la prochaine destination.

 

AER PC temple

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Malheureusement, la trame principale est plutôt sommaire. Comptez environ huit heures pour la terminer. À 17 CHF on ne peut pourtant pas se plaindre de cette longévité! C’est plutôt un manque de défi que l’on peut regretter. Comme dit en introduction, notre héroïne ne court jamais de vrai danger, il n’est pas possible de mourir et les énigmes proposées dans les temples sont assez classiques. Elles se résument pour la plupart à activer des interrupteurs pour déverrouiller des portes. Les décors des temples sont élégamment finalisés, mais on en vient à vouloir sortir au plus vite pour pouvoir virevolter à nouveau. Le principe d’orientation se limite trop souvent à suivre une direction en ligne droite jusqu’à tomber sur le prochain lieu à visiter. On aurait peut-être préféré pouvoir le mettre à profit dans une sorte de jeu de piste. L’histoire n’est pas très accrocheuse et ne pousse pas vraiment à s’intéresser à cette population disparue avant le grand cataclysme. De petites quêtes secondaires demandent de retrouver des tablettes retranscrivant de grands événements passés, mais le récit reste trop confus pour qu’on ait envie de s’y intéresser. À l’inverse, pousser l’exploration pour découvrir telle ou telle île fonctionne nettement mieux et déverrouille des succès.

AER PC Naruto

Et soudain: Naruto!

Forgotten Keys a été fondé par des étudiants ayant comme volonté de proposer une approche centrée sur des mécaniques originales et ça se ressent. De superbes séquence de vols et une réalisation soignée font de AER: Memory of the Old une bonne expérience. Elle reste toutefois à recommander plutôt à des joueurs occasionnels ou peu exigeants, ou encore à explorer avec de jeunes enfants. The Witness, Journey, Rime ou encore Season after fall ont raisonné dans l’air pendant mon exploration, il y a pire comme références.

Note: 6 Mr.Oizo sur 10

Également disponible sur OS X et Linux.

 

Author: Founet

A ne pas confondre avec le village vaudois, est à peine plus jeune qu’une Famicom. Vouant un culte à George, il découvrit son amour du jeu vidéo et de la techno allemande pendant les grandes années de Lucas Arts. De ses nombreuses heures passées à cliquer lui vient son humour absurde et sa cleptomanie. Frappé d’une mystérieuse malédiction, les machines semblent se rebeller lorsqu’il les manipule ou fait mine de les regarder. Founet ne roule jamais en-dessous de 88 miles à l’heure et rêve de maîtriser la télékinésie grâce à la Force. En attendant de passer maître Jedi, il joue à la Wii U. Accessoirement rédacteur en chef, quand il arrive à se faire entendre des autres, qui mettent le son trop fort, les farceurs.

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