Il a des fois des vocations curieuses. Comme par exemple, le premier type à avoir voulu sauter dans le vide avec un parachute, celui qui a eu l’idée de faire fondre du fromage pour y tremper des morceaux de pains, ou Community Manager pour Call of Duty. Et puis, il y a celui qui a dit: « Maman, Papa, je veux être créateur de grand-huits ». Je ne juge pas, je me demande comment on en arrive là.
Déjà, je me demande qu’elle est la différence entre un « grand-huit » et des « montagnes russes »? D’après l’encyclopédie libre blanche, ben c’est exactement pareil. Dommage, je pensais tenir une intro fracassante. J’y ai quand même appris que « le concept de « montagnes russes » provient des courses de luges se déroulant sur des collines de neige spécialement aménagées pour celles-ci, particulièrement dans les environs de Saint-Petersourg ». C’est intéressant, n’est-ce pas? Donc revenons-en au type qui veut les construire, ces grand-huits. C’est plus fun d’être dedans que de les construire non? D’ailleurs, est-ce que ceux-ci seraient aussi plaisants s’il n’y avait pas de file d’attente pour y accéder? N’est-ce pas un surplus de frustration, accumulée durant cette longue attente, puis relâchée dans une explosion d’adrénaline le moment venu, qui en fait toute la saveur? Ne pourrait-on pas y voir une métaphore illustrant la condition humaine? Une attente partagée par tous, dans un seul et même sens. Chacun poussé par la recherche de l’exaltation, que l’on devine pourtant éphémère, mais que l’on ne peut s’empêcher d’envier chez ceux dont on voit passer le wagonnet?
Pour tenter de répondre à ces questions existentielles, les gars de Frontier Developments ont mis au point l’outil exploratoire par excellence. ScreamRide permet d’étudier toutes les facettes de ce loisir, pour y mettre à nu sa dimension introspective et tester sa résistance jusque dans les plus profonds retranchements de l’âme humaine. Ils ont ainsi pu définir trois modèles initiatiques. Le premier vous propose de contrôler la conduite de votre train (« Pulsions de vie »). Vous devrez jaugez quels sont les bons moments pour accélérer, freiner, incliner votre wagon et utiliser le turbo afin d’atteindre l’arrivée le plus vite, avec le plus de style possible.
Le second vous place aux commandes d’un bras robotisé lançant des gens, installés dans de grosses boules, sur des bâtiments, pour en détruire le plus possible (« Pulsion de mort »). A vous de repérer les bidons explosifs et autres fragilités de structures pour tenter les réactions en chaîne mega-combos. Vous devrez jouer avec la puissance et l’angle de lancer pour obtenir les meilleurs résultats.
Et le dernier est un mode construction (« Renaissance cathartique »). En faisant appel à divers outils, laissez libre court à votre imagination pour créer les parcours les plus fous, tout en visant certains objectifs précis, comme atteindre une certaine longueur de parcours. A partir de là, l’accès de la connaissance est à votre portée. Expérimentez, comprenez, et tout deviendra clair. De la raison d’être de l’Homme à la curieuse circonférence parfaitement sphérique d’un noyau d’avocat.
En tout cas c’est la meilleure explication que j’ai trouvée. Et si vous vous êtes ennuyé en parcourant cette analyse, sachez que vous êtes sûrement proche de l’état dans lequel j’étais en jouant à ScreamRide. Le mode conduite fait beaucoup penser à un Trackmania, à travers les décors épurés et le feeling des loopings, mais sans la liberté de mouvements. Le mode destruction ressemble à une sorte d’Angry Birds, sans le côté loufoque et finalement, le plus fastidieux des trois, le mode construction souffre d’une jouabilité atroce. La caméra est comme possédée et décide par elle-même sporadiquement à quelle direction correspond le côté dans lequel vous inclinez le stick. Tracer une ligne droite relève alors de l’exploit, par exemple.
Frontier Developments avait déjà pondu Zoo Tycon pour Microsoft et on en retrouve la même patte graphique et les mêmes travers. Mais là où le simulateur de parc animalier pouvait s’envisager à travers la lorgnette d’un enfant (ce n’est pas sale) pour lui accorder un côté divertissant, ici la répétitivité et l’ennui s’installent rapidement, j’imagine même pour un bambin nourrit à Clash of Clans et Disney Infinity (pauvres gosses quand même).
Note: 3 WonderWorld sur 10
Également disponible sur Xbox 360.