Je rêve de carton [Nintendo Labo kit VR, Switch]

Décoré de ma ceinture noire d’origami et muni de mes bracelets +3 en dextérité, je me suis hasardé à la réalisation des pliages ludiques proposés dans le kit VR du Nintendo Labo. Comment ça, il y a des autocollants à placer juste du premier coup ?? Naaaaooooon !!!

Ah les travaux manuels ! Praticables en toute saison et à toute heure, source de satisfaction et de plénitude. Nintendo Labo kit VR présente toutes ces qualités… n’est-ce pas ?

La première série d’accessoires Nintendo Labo permettait d’en avoir plus pour ses transistors, en rajoutant des ornements en carton à assembler par pliage. Si l’ingéniosité des concepteurs ne pouvait qu’être saluée, la durée de vie des montages une fois terminés laissait un peu à désirer – autant en durée de vie réelle, qu’en durée d’amusement. Avec ce kit VR, l’oncle nippon tente d’amener la réalité virtuelle dans ton salon. Et ce pour une petite fraction du prix d’un appareil dédié sur d’autres consoles (environ 90 CHF pour le Nintendo Labo kit VR complet contre 300 CHF pour le PS VR de Sony). Si le pari est techniquement réussi, l’amusement vient plutôt de la construction que de l’utilisation. Mais point de conclusion hâtive ! Un petit tour d’horizon pour commencer.

Un carton de six, s’il vous plaît

Dès l’ouverture du carton (celui de l’emballage, donc), on remarque immédiatement que la qualité du carton (celui pour construire) est à nouveau au rendez-vous. Les pièces se détachent facilement et avec précision. Facilement… pour un adulte en tout cas. Certaines découpes nécessitent un peu de doigté pour ne pas les déchirer en forçant dessus. Un minimum de supervision est donc nécessaire pour éviter un drame larmoyant. La méthode d’assemblage est en tout point identique à celle utilisée précédemment : plier, glisser des languettes, replier, assembler. Le logiciel sur la Switch fait office de manuel, par le truchement de vidéos très bien conçues et au rythme adaptable. Outre les nombreuses plaques de carton, le kit contient également des œillets de plastique pour former des charnières, des élastiques pour donner de la rigidité aux articulations et les fameux autocollants, servant de renforts ou de repères pour l’infrarouge.

 

Mes super pouvoirs permettent d’assembler des structures complexes et de comprimer la 4ème dimension. Par contre, je ne sais pas comment comprimer les modules une fois qu’on a fini de s’amuser. Çà en prend de la place ces machins!

La construction, qui est indéniablement l’aspect central de ce « jeu », permet de s’occuper de looongues heures. L’assemblage des Toy-Con les plus complexes prend facilement deux heures et sans doute bien plus si on fait travailler des enfants. En se conformant aux droits de l’enfance bien entendu. L’un des premiers éléments à monter est la partie optique, contenant le réceptacle à Switch, d’où la magie opère. À ce propos, ce qui m’est passé par la tête en voyant ces rondelles de plastique faisant office de lentilles fut « Meh » [NdFounet: Et cet homme s’y connait : il possède un télescope]. À l’évidence, le système cartonné ne permettra aucun réglage de la mise au point ou de la géométrie du casque… Qu’importe, on peut commencer à vivre la réalité virtuelle dès ce premier élément assemblé. C’est le moment de glisser sa Switch à l’endroit prévu et de lancer la démo.

Taper le carton

La troisième dimension nous saute aux yeux et, contrairement à mes craintes, le résultat est en tout cas acceptable. Les heureux possesseurs de Breath of the Wild ou Mario Odyssey (c’est-à-dire pratiquement tous ceux qui ont une Switch) pourront même tester le dispositif dans un « vrai jeu ». J’ai donc lancé le premier pour admirer les reliefs d’Hyrule et de Zelda Link comme si j’y étais, pour m’arrêter après trois minutes. Pour deux simples raisons.

D’abord, la « boîte à VR » ne se présente pas comme un casque avec des sangles pour rester en place ; il faut donc tenir le tout devant son visage en utilisant les Joy-Con fixés sur la Switch. Si on cherche un peu, ça donne l’avantage de pouvoir disposer l’ustensile au mieux devant soi, qui — soit dit en passant — est bien assez spacieux pour accommoder ma boîte crânienne volumineuse et mes lunettes qui rendent intelligent. Le confort d’utilisation dans ce cas de figure est donc très limité.

La seconde raison tient plutôt à la résolution d’affichage. Habitué à jouer sur un écran HD dans mon salon, je me retrouve avec moins de 640×720 pixels par œil. Sans compter la partie de l’écran qui n’est pas visible depuis le masque et un flou de mouvement à chaque rotation de la tête. C’est ma préférence, mais j’ai un penchant pour regarder des textures plates, mais riches, plutôt que des escaliers en 3D.

Nintedo VR kit - Zelda BOTW

Bonjour la 3D, au revoir les pixels

C’est qui le plus fort l’éléphant ou l’hippopotame?

Je me suis donc attelé au montage de l’éléphant, qui m’a quand même demandé plus d’une heure et demie. Sa trompe allait-elle m’amuser plus longtemps que ça ? Les mini-jeux proposés avec chaque bricolage sont originaux et pas toujours évidents. À l’instar des Toy-Con mécaniques de la première série, l’ingéniosité des concepteurs du kit VR force le respect. Les trois composants de la Switch étant compacts, légers et truffés de capteurs, un arrangement habile permet de créer un assemblage qui réagira en 3D.

Après quelques minutes d’apprentissage, on maîtrise les éléments mobiles et le jeu peut commencer. Les activités proposées sont variées et basées sur l’observation, la résolution d’énigmes ou l’action. Elles nécessitent une plus ou moins bonne vision dans l’espace. Pour ma part, ces jeux m’ont occupé de manière équivalente au temps requis pour assembler l’accessoire correspondant. Le kit complet possède donc une bonne durée de vie, entre la construction et l’exploration des mini-jeux.

Nintendo Labo - kit VR

Les concepteurs ont habilement dissimulé une pub Pepsi dans les énigmes

Maxi-carton, mini-jeux

Une fois un module terminé, on peut accéder également à des explications sur leur fonctionnement, narrées par des petits protagonistes limite chiants, dont Nintendo a le secret. Les concepteurs proposent d’aller encore plus loin avec la Place VR. Elle permet de créer et partager ses propres environnements virtuels. Plus d’une soixantaine d’activités supplémentaires sont cachées dans ce menu, ce qui permet d’utiliser les Toy-Con dans de nouvelles situations. Je ne me suis pas réellement plongé dans la création d’environnements VR, pour la simple et bonne raison que je n’avais aucune inspiration créative et que ça allait me sembler un peu fastidieux (surtout après un Super Mario Maker 2). D’autant plus que, contrairement à de la VR sur d’autres supports, les spectateurs ne profitent absolument pas du spectacle.

Nintendo Labo - kit VR

Rare spécimen d’éléphant d’Europe dans son environnement naturel

En conclusion, d’abord sceptique quant à la viabilité d’un tel système sur la Switch, j’ai finalement été surpris en bien par cette expérience. Je crois que c’est une série d’accessoires tout à fait adaptée aux jeunes joueurs. Car, si la construction nécessite sans doute une interaction avec les grands, ou les parents, les divers défis proposés avec chaque module permettent à nouveau de s’amuser quelques heures une fois l’assemblage accompli. Le confort d’utilisation relatif limite automatiquement la longueur des sessions de jeu. Si l’on n’est que modérément regardant sur la qualité de l’image (surtout en termes de résolution et d’images par seconde), c’est finalement un bon investissement en argent par heure de jeu !

Note: 7 strabismes sur 10

Author: Vertigo

Un jour de départ à la Gamescom, une gastro foudroyante avait terrassé pratiquement l’ensemble de la rédaction de Semper Ludo. C’est donc sur un quai de gare que fût recruté Vertigo, à titre de stagiaire porte-gobelet. Il aurait pu s’appeler Augustin, mais non. Le pérégrin sillonnait la région, à pied nus, bien dans ses baskets, en quête d’une pauvre âme à soulager d’un fardeau, d’un prochain à aider ou d’une veuve à dés-éplorer. Sa 3DS ne quitte jamais sa poche et il est doté d’une connaissance de la culture japonaise éclairée et d’une sagesse mystique lorsqu’il s’agit de refuser les petits fours d’un éditeur véreux (ceux aux anchois). Il boxe dans la catégorie Nintendo depuis la NES, mais ne rechigne pas à tâter du PC et sait lire dans les étoiles les mouvements de ses adversaires sur Towerfall. Vertigo a ainsi embrassé (avec la langue) la cause semperludienne et a su prouver sa valeur en gagnant ses galons de chroniqueur. Certaines rumeurs et Paris Match affirment qu’il est capable de parler aux yoshis les soirs de pleines lunes et qu’il les rejoindra lorsque le moment sera venu. En attendant, on lui demande juste de rendre ses textes.

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