Ah ce sein! Oh dis, c’est juste de la graisse hein. [Assassin’s Creed Odyssey, PC]

Ah la Grèce, berceau de notre civilisation, creuset de la démocratie et des mathématiques ! Terre promise de l’huile d’olive et des combattants aux torses musculeusement lubrifiés ! Patrie de Tsípras et de l’austérité européenne ! Pays d’accueil des Ch’ti à Mykonos ! Terre de contrastes quoi…

Il se trouve que c’est également le nouveau bac à sable qu’a choisi Ubisoft pour étaler sa Xème itération de sa pompe à fric licence à succès Assasin’s Creed. Et ce coup-ci, cet opus est sous-titré Odyssey, en l’honneur de l’errance que le héros va vivre dans la Grèce antique, mais surtout des écrits d’Homère.

En effet, les mythes et légendes de la mer Égée et de ses côtes vont servir de fils d’Ariane pour tisser la toile de l’aventure dans lequel on va être précipité. Et on va en croiser, en bouffer et c’est, à mon humble avis, sacrément agréable, car c’est plutôt rudement bien conçu (NdFounet: pas comme cette phrase, donc ?).

Pour tout vous dire, j’en suis à cent heures d’exploration et je dois être au trois-quarts de tous les enjeux principaux. J’en ai pris ras la gueule et je ne suis pas encore rassasié. Je relance le jeu avec plaisir et me réjouit d’avancer, mais pas trop quand même parce que j’espère que ça ne se terminera pas trop vite (NdMoi-même en relisant: ils viennent d’annoncer la sortie du premier DLC , ouf, je respire).

Franchement, avec les dernières expériences que j’avais vécues avec la franchise, je ne m’attendais vraiment pas à ça. Mais je crois qu’il est sans doute venu le temps de vous expliquer pourquoi.

Quand tu emmerdes un dieu...

Quand tu emmerdes un dieu…

La Grèce c’est la vie! #bigisbeautifull

Bon, first things first, le jeu est agréable. Déjà, il est graphiquement attirant. Oui, il parait que tous les jeux sont beaux de nos jours, hein. Mais il plait à mon bon gout parce qu’il dépeint un univers que l’on connait tous un peu à travers les cours d’histoire. Pour être aller IRL dans plusieurs régions représentées in game, j’ai été positivement marqué par le mélange de pseudo réalisme géographique (tout est quand même bien plus petit à ce niveau), recouvert d’une patine historico-mythologique dépaysante à souhait. D’ailleurs, Odyssey est probablement co-responsable de l’emplacement de mes prochaines vacances d’automne #viemaviedezyvon.

De plus, le gameplay est franchement fun. On y retrouve de l’action fluide et généreuse. La gestion de personnage est bien fichue et l’équipement digne d’un vrai jeu de rôle. On nous offre la possibilité de spécialiser notre héros dans trois branches différentes : chasseur, assassin ou guerrier, avec différentes aptitudes idoines à débloquer. Le tout tient bien en place pour servir une histoire de qualité possédant un certain nombre d’embranchements à impacts réels sur le jeu.

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…faut pas être surpris quand tu ramasses.

Flânerie et gastronomie

Le système d’exploration recommandé (le jeu nous demande d’en sélectionner un au début), censé être moins dirigiste, reste assez conventionnel pour du Assassin’s Creed. À la place d’avoir un gros marqueur sur la carte, on a droit à un texte décrivant la région à rejoindre ainsi qu’un lieu à fouiller. Et dès que l’on s’approche de notre destination, s’affiche un énorme message nous enjoignant de faire décoller notre aigle/drone apprivoisé, qui lui se chargera de coller l’immense sticker sur la carte. Bref, rien de révolutionnaire ici. Un peu plus de cohérence (et encore) mais c’est tout.

Cependant, il est possible de désactiver (graduellement mais jusqu’à complètement) le hud. Et là, j’aime mieux vous dire que c’est plus la même moussaka. On change carrément de jeu. Et je pense que c’est à l’honneur des développeurs de laisser les joueurs choisir à quel tzatziki ils souhaitent être dégustés. Bon c’est sans doute appréciable pour les PGM mais la carte étant tellement énorme (et le nombre de quêtes intéressantes vraiment élevé), j’ai assez peu fréquenté ce mode de jeu sans indications aucunes.

Fly like an (US Air Force drone) eagle!

Fly like an (US Air Force drone) eagle!

Un gros point fort réside pour moi, dans le juste équilibre entre cohérence, crédibilité, fun et gameplay. Le jeu est immersif, parce qu’il présente une Grèce antique fantasmée, dans laquelle on peut rencontrer tour à tour tant des personnages historiques que des mythes et des légendes. L’univers est chamarré, grouillant de vie et les différents protagonistes vaquent à leurs occupations. À qui va aller dormir ou faire un tour de garde, voire carrément un tour de canasson jusqu’à la cité voisine. Un autre détail qui m’a bien plus, les torches sont éteintes dans les tombeaux. Et on peut bien sûr les allumer, ce qui permet de savoir si on est déjà passé par là.

Cohérence qu'il disait?

Cohérence qu’il disait?

Faire la quête…

Les quêtes sont de manière générale de bonne facture. Certes, comme toujours, on en trouve quelques-unes un poil plus faibles mais dans l’ensemble on les exécute avec plaisir. Et parfois, on tombe sur de véritables bijoux. Émouvantes, cruelles ou jouissives, elles donnent une profondeur que je n’avais jamais rencontrée dans un Assassin’s Creed. Sachant qu’en plus, il est très souvent possible d’en changer la fin en fonction de nos agissements. Et de temps en temps, il n’existe pas de bonne solution. Ou alors il ne s’agit pas forcément de celle qui paraissait la meilleure. Pour tout dire, on est parfois comme dans un Witcher 3 pop acidulé. Car l’univers est quand même bien moins trash et dépressif. Alors bon ce n’est pas aussi brillantissime mais néanmoins, je ne pensais pas pouvoir comparer ces deux jeux avant de commencer à tester Odyssey.

Quand tu veux faire des gros plans pour faire comme Batman.

Quand tu veux faire des gros plans pour faire comme Batman…

All you need is Socrates <3

Un petit mot sur Socrates. J’aimerais qu’on érige une statue à cet homme. Bon, oui, il en a déjà plein IRL, hein. Le vrai oui. Mais moi je souhaite qu’on en bâtisse une pour le personnage mis en scène par Ubisoft. En plus d’être drôle et fin, et, je crois assez fidèle au niveau des citations, il est extraordinairement méta. Il représente une sorte de conscience du joueur, et nous met brutalement en face des contradictions de la vie en général, mais aussi dans nos agissements dans le jeu. C’est beaucoup plus direct que ce que nous avait apporté Far Cry 3, mais c’est tout aussi fort. Plusieurs grands moments de jeux vidéo sont à vivre en sa présence, à mon avis.

Et il n’est de loin pas la seule référence qui nous est servie dans Odyssey. En effet, on retrouve une pelleté de grecs historiques plus ou moins célèbres: Hyppocrate, Alcibiade, Périclès, Euripide, Hérodote, Aspasia, Cléon, Thucidide, Sophocle et de nombreux autres. Dont quelques-uns dont je me dois de taire l’apparition, car leur présence, plutôt surprenante, fait partie du scénario. Et ça serait bien dommage de gâcher.

...fais-les au moins de nuit.

…fais-les au moins de nuit.

Ça c’est juste pour les personnages. Car on trouve également quantité de renvois aux mythes grecs. Des plus connus comme Œdipe, ou le minotaure, à d’autres réservés aux introduis, vous allez en bouffer de la « graisse » en kit. Mais toujours en finesse, car, comme déjà dit plus haut, il faut avouer que la mise en scène de toutes ces histoires est très majoritairement réalisée avec soucis du détail tout en restant amusant. Bref j’ai beaucoup apprécié la chose.

Et pour finir, le jeu regorge de clins d’œil bien plus modernes. Que ce soit Trump, Black Panther ou encore Pumba, on trouve vraiment à boire et à manger et ceci un peu près partout. Une bonne partie se découvre d’ailleurs de manière totalement optionnelle, voir carrément en dehors de quête. On peut donc recevoir une partie de ces cadeaux en se promenant, certaines fois, hors des sentiers battus.

J'ai chialé comme une merde à ce moment. ça m'est arrivé deux fois dans le jeu quand même.

J’ai chialé comme une merde à ce moment. Et ça m’est arrivé deux fois dans le jeu quand même.

Assesser d’être greedy avec cette licence!

Un des points faibles du jeu réside, assez paradoxalement, dans ce qui le ramène à la franchise. Les, heureusement rares, passages dans le présent, bien qu’ils permettent d’expliquer quelques ficelles scénaristiques, sont au mieux inintéressants, au pire ratés. C’est lourd, pataud et ça nous sort maladroitement du jeu. Mais ça nous permet de soulever un point crucial : pourquoi avoir fait de ce jeu un Assassin’s Creed ? Il est très clair qu’une bonne partie de la réponse réside dans l’envie plus ou moins affichée de capitaliser sur la popularité de la licence. Dans notre société de marketing, c’est évidemment plus facile de refourguer de la confiture à des cochons si on utilise des marques bien établies. C’est moche car finalement, on se retrouve avec des rajouts assez dispensables en matière de jeu, quoique néanmoins obligatoires en termes d’objectif de vente. Oui, c’est un bel oxymore. Oui c’est assez triste.

Sometimes, life is(/on) a bit(/ea)ch. Moment totalement non scripté d'ailleurs, un ours démonte proprement une villageoise.

Sometimes, life is(/on) a bit(/ea)ch. Moment totalement non scripté d’ailleurs, un ours démonte proprement une villageoise.

Il est temps d’abréger la vie de ce texte

Allez, deux remarques encore : premièrement, la bande son est vraiment classe. On est en Grèce et y a pas besoin de se faire dilater à Mykonos pour s’en rendre compte, il suffit de tendre l’oreille. Deuxièmement, et il s’agit pour moi d’une très agréable surprise avec les produits Ubisoft, il y a vraiment peu de bugs. Et quand on tombe dessus, c’est souvent extrêmement bénin. Techniquement c’est franchement propre. Et ce n’est pas le léger clipping qu’on peut apercevoir de ci de là qui remettra en cause mon opinion.

Pour résumer, pour moi, c’est le meilleur Assassin’s Creed Ever. Et on tient également en Odyssey, un des grands jeux de 2018. Bon je vous laisse, j’y retourne.

Note : 9 Nono le petit robot / 10

Jouable aussi sur PlayStation 4 et Xbox One

Bon, j'ai buté l'ours. Je préfère toujours faire le boulot moi-même.

Bon, j’ai buté l’ours. Je préfère toujours faire le boulot moi-même.

Note supplémentaire : Je me dois de vous le dire : je n’ai pas joué à Assassin’s Creed Origins. Corollaire, je ne peux pas comparer les deux opus. D’après ce que j’ai pu glaner sur la toile, il semblerait que la parenté entre les deux jeux soit évidente. Cependant, il paraîtrait que presque tout a été soit amélioré soit approfondi. Et que les quêtes principales, avec influence des actions du joueur sur le déroulement du jeu soient meilleurs. Voilà, ce n’est pas de moi, j’agrège juste ce que j’ai lu.

Il est fier mon navire, il est beau mon bateau!

Il est fier mon navire, il est beau mon bateau!

Author: Zyvon

Élevé à la dure par des parents aux penchants amish, hermétiques à la technologie, l’accès aux jeux vidéo n’a pas été facile pour Zyvon. C’est en utilisant l’argent de sa bar-mitzvah, reçu lors de sa première communion, qu’il s’acheta lui-même un ticket pour les mondes diaboliques de la perversion sous la forme d’une Megadrive. #TeamSonic. Malheureusement, il vécu la crucifixion du hérisson bleu comme une trahison et renonça à jamais aux consoles, pour rejoindre les rangs bénis et accueillant de la glorieuse “PC Master Race”, en jurant qu’on ne l’y reprendrait plus. Son éducation sévère mais néanmoins rustique, lui a donné le gout des choses bien faites et faites jusqu’au bout. Zyvon est dur mais juste mais dur.

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