Un peu g-entillet encore [G-Rebels]

Qui se souvient de G-Police dans la classe ? Allez, qui ? Levez les mains si vous vous souvenez de ce jeu développé en 1997 chez Psygnosis dans lequel on faisait la loi avec notre vaisseau du turfu dans des villes du turfu en tirant sur des véhicules du turfu ou en scannant des grosses caisses (pas du turfu pour le coup). Eh bien, G-Rebels, de par son titre, se veut une sorte de suite spirituelle. Alors, qu’en est-il ?

 

g-rebels exterieur PC

 

G-Rebels est édité par Senatis et développé par Reakktor Studios, à Hanovre, à qui l’on doit entre autres Neocron et Toxikk. Le jeu est entré en accès anticipé le 20 juillet 2026 sur Steam exclusivement sur Windows. Le studio annonce une phase d’accès anticipé d’environ six mois. Six mois pour transformer l’essai, ou pour confirmer qu’il manque encore quelques longueurs à l’arrivée.

L’ambition, elle, ne se cache derrière aucun détour : G-Rebels s’assume comme le successeur spirituel de G-Police. On y retrouve l’ossature d’origine, faire régner la loi dans une mégalopole futuriste, scanner des vaisseaux, intercepter des criminels, escorter, chasser. Le choix entre vues cockpit ou externe laisse place à une vue uniquement interne. Mais renforcée par un mode VR natif pour qui aime pousser l’immersion jusqu’au vertige, HOTAS à l’appui pour les plus équipés.

 

g-rebels nuit PC

G-igantesque

Le décor narratif, lui, ne fait pas dans la demi-mesure. En 2684, la Terre est presque entièrement engloutie, et les survivants se sont réfugiés dans des cités flottantes qui se disputent ce qu’il reste de ressources. On y incarne un pilote d’une unité d’élite, chargé de maintenir l’ordre dans la cité-État la plus puissante et ses colonies. Le monde ouvert promis s’étend sur 12 000 km², sans le moindre écran de chargement, rythmé par un cycle jour-nuit et une météo dynamique.

Il faut le dire sans détour : visuellement, G-Rebels tient sa promesse, et la dépasse même par instants. Survoler cette ville, entre gratte-ciel, trains suspendus, véhicules filants sur des routes en surplomb et vaisseaux croisant votre trajectoire, cela fonctionne, et cela fonctionne bien. L’approche reste minimaliste dans ses choix, mais l’impression d’échelle, la densité urbaine, tout cela sonne juste. Les jeux de lumière, la pluie qui s’écrase sur le cockpit, les atmosphères qui se succèdent au gré de la météo : voilà une identité visuelle affirmée, presque contemplative par moments. On se surprend à ralentir simplement pour regarder.

 

g-rebels croiseur PC

G pas fini

Techniquement, en revanche, l’accès anticipé se rappelle à nous dans toute sa splendeur. Des ralentissements viennent ponctuellement briser le rythme, et la seule parade trouvée jusqu’ici confine à l’absurde : modifier les réglages graphiques, puis les remettre tels quels, pour que tout reparte. Un accès anticipé assume ce genre d’aléas. Encore faut-il prévenir que la route sera cahoteuse.

Côté combats, c’est là, précisément, que le bât blesse. Quand ils fonctionnent, ils sont plutôt réussis, portés par de bonnes sensations de vitesse et de manœuvre. Le problème survient dans certaines phases où l’on ne pilote plus véritablement son vaisseau. On se contente de diriger une caméra, figée, pendant que l’adversaire, lui, continue d’évoluer à pleine vitesse et de nous tourner autour. Le décalage est frustrant, et l’on finit par se rendre compte du peu d’intérêt. Un comble, pour un jeu qui vend d’abord la sensation de vol. Côté progression, le système reste classique, mais fonctionnel : l’argent gagné en mission permet d’améliorer moteur, armes et bouclier. Rien de révolutionnaire, certes. Mais cela suffit à donner un objectif clair entre deux sorties.

 

G-Rebels couché de soleil

G-ardons un oeil dessus

Le souci de fond de G-Rebels ne se limite pas à sa stabilité technique. Il tient à la répétitivité de ses missions, et plus largement, à un genre tout entier qui a pris un sacré coup de vieux. Le combat aérien façon G-Police n’a jamais vraiment trouvé de descendance solide depuis les années 90, et ce n’est pas un hasard. G-Rebels ne réinvente rien de la formule. Il la modernise dans son écrin visuel, sans nécessairement la moderniser dans ses mécaniques.

G-Rebels a un véritable argument à faire valoir : son ambiance, sa ville, son sens de l’échelle et un peu ses combats aériens. Mais entre les phases de visée figée qui cassent le rythme, l’instabilité technique attendue d’un accès anticipé et un genre qui parle d’abord aux nostalgiques, difficile de le recommander au-delà d’un public déjà acquis à la cause. Les amateurs de G-Police y retrouveront une madeleine sincère. Les autres se poseront peut-être une question plus simple : pourquoi ce genre n’a-t-il jamais vraiment percé depuis vingt-cinq ans ? Réponse, ou début de réponse, dans les six prochains mois d’accès anticipé. Le studio a affiché sa volonté de faire évoluer le jeu avec sa communauté. Reste à voir s’il tiendra la distance vu le pic de 116 joueurs atteints à sa sortie.

Disponible uniquement sur PC

 

Author: Meteora2060

En attendant la décision de l'autorité de la concurrence britannique au sujet du rachat de Critical Hit par Semper Ludo, Meteora nous prête sa plume. Elevé entre Platon et Dark Vador, Jorris est autant chevelu qu’un mouton. Grand manitou de Critical-Hit.ch, il aime l’humour, la bière et les schnitzel à la Gamescom. Sa peur des tondeuses le rend coupable d’entretenir un lien éloigné avec la caste des coiffeurs.

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