Nintendo part en sucette? [Pokemon Shuffle, 3DS]

Il y a pile une année, Nintendo clamait haut et fort que jamais ils ne sortiraient de jeux sur supports mobiles autres que leurs propres consoles, à savoir donc, rien sur  smartphone ni tablettes. Il y a deux jours, nous avons assisté à un fracassant retournement de veste. Nintendo annonçait son association avec DeNA, géant du jeu mobile au japon.

Bien sûr, le choix économique se comprend. La maison mère de Mario tire un peu la tronche depuis quelques années, ses consoles de salons peinant à convaincre face aux dernières générations et au regain d’intérêt pour le jeu sur PC. Le marché juteux du smartphone représente donc une bouée de sauvetage bienvenue. Les actions Nintendo ont d’ailleurs crevé le plafond suite à cette annonce. Bien sûr, pour rassurer les fans, il a été précisé qu’il ne s’agirait pas de simplement porter les licences à succès sur tablettes, mais plutôt de créer de nouveau jeux, parfaitement adapté à ce genre de support. En soit, pourquoi pas. Le vieux joueur que je suis, préférant toujours jouer sur une 3DS que sur un écran tactile, peine à s’emballer. Mais je peux concevoir l’attrait que représente ce choix, d’un point de vue économique, encore une fois. Pourtant quelques jours avant cette annonce, j’ai fait une expérience qui ne pouvait pas mieux tomber pour consolider mes propos et mes craintes.

Pokemon Shuffle 3DS 3 items

Aligner des têtes de pokemon pour lancer une attaque.

« Un nouveau logiciel a été ajouté au menu home ». C’est avec ce message enjoué que m’a accueilli ma 3DS entre deux parties de Monster Hunter 4. J’ouvre le petit cadeau et je découvre Pokemon Shuffle, un jeu de réflexion mettant en scène des pokémons. Bon ben pourquoi pas, me disais-je en lançant ce jeu qui s’était insidieusement installé sur ma console sans que je n’ai mon mot à dire*. Je me trouve alors en face d’un banal « 3 Matchs game ». Ce genre, popularisé par Candy Crush Saga, demande d’aligner 3 objets identiques pour les faire disparaître et ainsi faire descendre ceux se trouvant au dessus. Il y a bien des possibilités de capturer des pokemons vaincus et de les faire évoluer pour les rendre plus puissant, mais aucune difficulté ne se dresse sur mon chemin. Je constate très rapidement qu’il ne s’agit que d’une vague couche de vernis apposée sur un concept usé jusqu’à la moelle depuis des années. On en a vu des tonnes émerger, tentant de surfer sur le raz de marée du jeu de bonbons de l’éditeur King, mais ça ne s’arrête pas là.

Pokemon Shuffle 3DS coeurs

ACHÈTES!

Pour lancer un combat il faut avoir des coeurs. Je le voyais arriver gros comme un camion en pleine nuit sur l’autoroute dégagée Genève-Lausanne, mais quand j’ai eu épuisé tous mes coeurs, le jeu m’a affiché un joli message tout rose disant en gros: « Oh oh oh, on dirait que tu n’as plus de coeurs. Reviens jouer demain pour en récupérer ou achètes-en via le Nintendo e-shop ». BAM, voilà, non content de proposer un jeu à la qualité aussi élevée que l’encéphalogramme de Nabila, Nintendo sombre dans les bassesses des modèles économiques des jeux mobiles. Les paroles rassurantes du début de cet article, prennent soudainement une autre tournure, non?

Ce n’est pas la première fois que Nintendo fait des choix de stratégie plutôt étranges, mais il paraît urgent de tirer une sonnette d’alarme dans les bureaux japonais: développer des bons jeux est ce qui assure un succès, pas une utilisation éhontée de licence, ni une multiplication des supports, surtout quand les précédents ne sont toujours qu’à peine sollicité (GamePad WiiU, j’ai de la peine pour toi). Certainement que je suis un vétéran blasé, mais je ne peux m’empêcher de grincer sévèrement des dents.

Reflux gastriques sur 10

*Bon, techniquement c’est pas complètement vrai, c’est moi qui avais choisi de cocher la case « Accepter les logiciels par SpotPass ».

Author: Founet

A ne pas confondre avec le village vaudois, est à peine plus jeune qu’une Famicom. Vouant un culte à George, il découvrit son amour du jeu vidéo et de la techno allemande pendant les grandes années de Lucas Arts. De ses nombreuses heures passées à cliquer lui vient son humour absurde et sa cleptomanie. Frappé d’une mystérieuse malédiction, les machines semblent se rebeller lorsqu’il les manipule ou fait mine de les regarder. Founet ne roule jamais en-dessous de 88 miles à l’heure et rêve de maîtriser la télékinésie grâce à la Force. En attendant de passer maître Jedi, il joue à la Wii U. Accessoirement rédacteur en chef, quand il arrive à se faire entendre des autres, qui mettent le son trop fort, les farceurs.

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