London flingueur [Blood & Truth, PSVR]

Je suis en plein déménagement. En ce moment, mes journées suivent toutes le schéma « metro – boulot – Büro » (ou tout autre meuble suédois à monter soi-même). Un calendrier donc peu alléchant, mais qui ne ressemble en rien à la journée type de Ryan Marks, ex-SAS qui règle ses comptes dans Blood & Truth. Il y a nettement plus de cadavres dans ses placards à lui.

Donc en ce qui me concerne, quand le soleil se couche, je suis claqué d’avoir emballé, déballé puis installer des trucs. Pas la meilleure des périodes pour se lancer dans une intense partie de Europa Universalis, par exemple. La moitié du matériel de jeu étant encore dans les cartons, difficile également de rejoindre les copains sur Sea of Thieves, Apex ou Golf It. Mais qui dit déménagement, dit aussi déplacer des trucs qui trainaient au fond d’une armoire. Comme un casque VR, par exemple. J’en ai donc profité pour le rebrancher et lancer Blood & Truth. Ça m’avait pas l’air trop recherché comme concept, pile ce qu’il me fallait dans mon état.

Blood and truth méchante

« Attention, je suis une méchante. Ceci est facilement identifiable grâce à ma coupe de cheveux ridicule. « 

Mais qu’est-ce que c’est con…

Le concept VR vous met dans la peau du super agent XXX, de retour à Londres pour les obsèques de son papounet. À ce moment, tout va partir en corones. Un rival du patriarche voit dans le décès de ce dernier une occasion en or pour avaler l’entreprise familiale. Et là, le sang de soldat ne fait qu’un tour dans les veines britanniques de XXX. Ils s’emparent d’un flingue, de deux, de plein, et il va tout faire péter. Non, mais hyper logique hein. Tout le monde sait que c’est comme ça que s’opèrent les fusions entre boîtes.

Le concept VR, disais-je? Donc on est immergé à 360° et seules les mains du héros sont visibles à l’écran.

Blood and truth psvr pistolet horizontal

Tenir son pistolet (ou ses deux armes) à l’horizontale, se pencher pour se cacher derrière un mur, chercher un chargeur sur sa ceinture. jouer avec les angles de tir. Tout cela utilise la VR et la détection de mouvements de manière très fluide. Attention, motion sickness pas complètement absente non plus.

Je me creuse la tête pour trouver le superlatif satisfaisant pour décrire ce que j’ai vu dans Blood & Truth, mais le nom étant une somme de clichés en lui-même, je pense que ça suffira. C’est d’un grotesque à l’épreuve des balles. Le scénario se voit venir à des kilomètres, c’est écrit avec le postérieur (pour rester poli), les dialogues et punch lines auraient pu figurer dans n’importe quel film d’action des années 90. N’importe quel Fast and Furious n’a rien à envier aux situations grandiloquentes qui défilent dans Blood & Truth.

Blood and truth psvr gadgets

De petites séquences de gadgets viennent rompre le rythme effréné des balles qui fusent.

… mais qu’est-ce que c’est bon !

Je me suis pris au jeu bien plus que ce que j’aurais pensé. Mon état de fatigue n’y est pas étranger, mais on s’éclate dans le jeu. Ou plutôt on éclate des trucs, dans tous les sens. Construit sur la forme d’un rail shooter, on valide quand on veut avancer, sans choisir la direction prise. Des ennemis surgissent, on les élimine et on continue. On tient là clairement la version moderne des fameux Time Crisis des bornes de notre enfance.

Blood & truth psvr échelle

Oui, attendez-vous à gesticuler comme un couillon dans votre salon.

L’atout VR vient surtout des manipulations diverses. En plus de tirer dans tous les sens, de pouvoir se pencher derrière les murs pour se mettre à couvert et de tenir ses flingues à l’horizontale comme un gangster (de cinéma), plusieurs situations demandent d’actionner le décor. Par exemple, crocheter une porte se fait en tournant la main droite, puis en soulevant la gauche pour faire sauter les cylindres.

Blood and truth psvr personnages

« Maman, pour te retrouver j’ai escaladé un immeuble et j’ai buté plein de type » est le genre de phrase que vous pouvez entendre prononcées dans Blood & Truth.

Le studio londonien interne de Sony (ayant acquis une bonne expérience de ce que doit être l’interactivité avec notamment les jeux Eye Toy) a donc été malin en comprenant que ce que le joueur VR recherche c’est de pouvoir toucher des trucs. Par exemple, dans la scène d’intro où le frère vient nous récupérer à l’aéroport en voiture, on peut tout toucher dans son bolide. Ouvrir la boîte à gant, changer la station de radio, même ouvrir la portière sur l’autoroute. Ça ne sert à rien du tout, mais contribue au sentiment (un peu bête, je suis d’accord) d’immersion.

blood & truth psvr briefing

Un mode « cinématique » propose de réduire l’expérience « jeu vidéo », avec des vies qui remontent plus vite, par exemple. Mais l’accroche publicitaire ne ment pas: on a l’impression de vivre un film d’action de l’intérieur.

Dans un moment où il me fallait quelque chose pour me défouler et vider la tête à la fin de journée harassante, Blood and Truth a su me servir exactement le menu dont j’avais besoin. Pour une petite dizaine d’heures, l’investissement en vaut la peine.

Note : Steven Seagal sur 10.

Author: Founet

A ne pas confondre avec le village vaudois, est à peine plus jeune qu’une Famicom. Vouant un culte à George, il découvrit son amour du jeu vidéo et de la techno allemande pendant les grandes années de Lucas Arts. De ses nombreuses heures passées à cliquer lui vient son humour absurde et sa cleptomanie. Frappé d’une mystérieuse malédiction, les machines semblent se rebeller lorsqu’il les manipule ou fait mine de les regarder. Founet ne roule jamais en-dessous de 88 miles à l’heure et rêve de maîtriser la télékinésie grâce à la Force. En attendant de passer maître Jedi, il joue à la Wii U. Accessoirement rédacteur en chef, quand il arrive à se faire entendre des autres, qui mettent le son trop fort, les farceurs.

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