On en cause : l’ami Rico « ré-ajuste » encore un dictateur. [Just Cause 3, PC]

Jouer les redresseurs de torts avec un grappin, une wingsuit, des bazookas et des avions de chasse dans un monde complètement ouvert et plein d’exagérations ça vous tente? Ça tombe bien, Rico Rodriguez est de retour et il est vraiment pas content: on s’en prend à ses amis d’enfance! Ça va faire boum.

Qu’est-ce qu’un bon jeu vidéo ? En voici une bien bonne question mes chers petits amis. J’avais d’abord prévu d’orienter mon sermon mensuel à ce sujet sur une comparaison hasardeuse entre la femme et notre loisir vidéoludique préféré, mais je sens bien que vous n’êtes pas encore prêts. Nous allons donc nous en tenir à la base, c’est-à-dire à une bête énumération :

Le scénario ?

 Mouais, bon alors le scénario c’est souvent comme la farce dans une dinde, ça peut donner une chouette touche finale mais si l’animal est faisandé, ça sauvera pas l’affaire.

Ici on est en face du parfait scénario alibi de ce genre de titre. Et le jeu le revendique presque. On est dans de la série B complètement assumée. Rico Rodriguez, pourfendeur de dictateur à coup de C4, employé par l’agence (la CIA quoi) revient dans son pays d’enfance, l’archipel de Medici, pour aider ses amis de la résistance à renverser l’affreux tyran local. C’est simple comme du Pacman et ça permet d’introduire le gameplay et l’univers du jeu de manière efficace. La mission est donc remplie sans pour autant mériter de laude (oui c’est du latin, comme semper ludo tiens) particulière. Ah encore une chose à mettre au crédit dudit scénario : il sert de didacticiel 2.0. Dans le sens où il donne au joueur quasiment l’entièreté de la trousse à outils de la destruction dans les quarante premières minutes de jeu. Et c’est une bonne idée! Avec grappin, wingsuit, explosif et gros hélicos à vous dès le début, les choix de destruction… euh de réalisation des missions sont multipliés presque immédiatement.

Libération! A mort le tyran!

Libération! A mort le tyran!

Le graphisme ?

Serait-ce le graphisme qui porte un jeu vidéo au pinacle du divertissement? Non bien sur, ça fait déjà un moment que l’industrie nous prouve le contraire en sortant des wagons de magnifiques titres aussi plaisant à pratiquer que des enclumes en mousse.

Sur ce point, Just Cause 3 livre la marchandise et plutôt bien. Tant la nature que les petites villes des îles fictives de Medici sont belles, vivantes et chouettes à visiter. Les animations s’écoulent de manière fluide et on prend beaucoup de plaisir à se remplir les mirettes des détails de cet univers. C’est bien simple, à ce niveau, il fait partie des titres parmi les plus agréable que j’ai pu pratiquer ces douze derniers mois, offrant un bel équilibre entre cohérence visuelle et qualité pure et dure.

C'est plutôt joli non?

C’est plutôt joli non?

La bande-son ?

Restons sérieux vous voulez bien? D’accord, un environnement sonore soigné peut s’avérer déterminant au niveau de l’immersion mais si c’est un paramètre à ne pas forcément négliger, ça reste un domaine qui ne possède pas la même importance que d’autres. On ne fait pas un bon jeu uniquement avec le son. Ou on appelle ça un cd audio.

Dans Just Cause 3? La bande-son participe à l’ambiance générale de belle manière sans être insistante à outrance. Une ambiance sonore qu’on ne remarque pas est généralement plutôt bon signe et c’est le cas ici. Et les bruitages sont également bons. Voilà c’est tout, circulez y a rien à voir (en même temps pour du son hein…).

Vole Esteban!

Vole Esteban!

Le gameplay ?

Le gameplay alors ? Oui et non. Alors clairement on tient ici un ingrédient indispensable dans tout hit qui se respecte. En effet, c’est souvent le cœur de la chose, cela regroupe tant la maniabilité que la façon de vous faire pénétrer le média et de vous permettre d’apprécier les sensations que cette pratique procure (ohhh… oui… encore… continue…).

Ici, le titre nous gratifie d’un gameplay simplissime et pas forcément très original mais s’assure de le magnifier pour nous offrir un titre maitrisé et abouti: un TPS en monde ouvert avec une liberté énorme. Avec comme presque unique objectif, la destruction. C’est puissant, basique et toujours très efficient. On arpente les îles agréablement dans toutes sortes de véhicules, de l’avion de chasse à la motocrotte et lorsqu’on s’ennuie dans ces transports motorisés, on sort le grappin, le parachute ou la wingsuit et on s’envole tel Icare dans le ciel azure de cette Méditerranée fantasmée.

Mais encore non, il ne s’agit pas encore du noyau central de la matrice.  Car le messie, le Graal, l’échelle à l’aune de laquelle tout bon testeur de jeu vidéo devrait toujours juger l’œuvre, c’est l’amusement! Le Fun comme on dit en bon franglais!

Et ceci n'est pas scripté!

Et ceci n’est pas scripté!

Le FUN !

Et Just Cause 3 est bigrement fun! Un moteur physique au top et à la gravité volontairement légèrement allégée offrent une liberté de destruction phénoménale et un délire indéniable (et vas-y que je chevauche un missile)! Allié à une maniabilité aux petits oignons, on passe bien vite des heures à éliminer les sbires du gouvernement de toutes les manières possibles. Rien qu’en suivant les rails sur lequel le jeu veut nous promener, le potentiel d’amusement est déjà impressionnant.  Mais si on décide de rejouer des scènes de films d’actions cultes (genre en tentant de sauter d’un avion cargo au volant d’un char d’assaut ou encore de faire atterrir un avion sur un autre avion), alors il est possible de passer des moments d’anthologie à faire… n’importe quoi. C’est vite vu, même les mini-jeux (courses de véhicules, de wingsuit, véhicules piégés à faire exploser…) et la recherche d’objets, permettant le déblocage de nouvelles armes, véhicules ou capacités, sont extrêmement plaisants à exécuter. Ça faisait depuis bien longtemps (genre mon adolescence) que je n’avais pas autant passé de temps à chercher des objets dans un jeu…

Surfing USA!

Surfing USA!

Conclusion

Alors que je ne connaissais pas du tout la série et que je ne suis pas forcément un joueur de TPS acharné, j’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à me perdre dans ce très joli univers de série B irréel juste comme il faut. Un jeu divertissant qui ne révolutionne rien mais fait ce qu’il a à faire d’une excellente manière. Ma très bonne surprise de l’année 2015. Pas besoin de vous en dire plus je crois, ce jeu ne se raconte pas, il se pratique. Alors à la prochaine période de solde de Steam, foncez, c’est mon conseil et votre mission, l’agence à besoin de vous.

9 exagérations / 10

Disponible aussi sur PS4 et Xbox One

C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui.

C’est en faisant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui.

Author: Zyvon

Élevé à la dure par des parents aux penchants amish, hermétiques à la technologie, l’accès aux jeux vidéo n’a pas été facile pour Zyvon. C’est en utilisant l’argent de sa bar-mitzvah, reçu lors de sa première communion, qu’il s’acheta lui-même un ticket pour les mondes diaboliques de la perversion sous la forme d’une Megadrive. #TeamSonic. Malheureusement, il vécu la crucifixion du hérisson bleu comme une trahison et renonça à jamais aux consoles, pour rejoindre les rangs bénis et accueillant de la glorieuse “PC Master Race”, en jurant qu’on ne l’y reprendrait plus. Son éducation sévère mais néanmoins rustique, lui a donné le gout des choses bien faites et faites jusqu’au bout. Zyvon est dur mais juste mais dur.

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