Hyrule à contre-sens [Hyrule Warriors, Wii U]

…non parce que tout ça ne serait jamais arrivé s’ils avaient simplement attendu les résultats de la géolocalisation de l’implant avant d’entrer dans l’enclos de la bestiole hein, faut quand même être… Ah vous êtes là. Assez-vous, on va parler manipulations génétiques.

Vu la récente annonce de son portage prochain sur 3DS, je me suis rendu compte qu’on ne vous avait pas encore parlé d’Hyrule Warriors (Oui, bon, on a les accroches qu’on peut, hein). Il est vrai que le jeu est sorti il y a presque une année, mais cela me donne une parfaite occasion d’aller un peu plus en profondeur (et de dire du mal de Jurassic World par la même).

Bienvenue à Hyrulassic Park

hyrule warriors WiiU musique metal

La plupart des niveaux sont rythmés par des remix metal des thèmes classiques.

Tout comme dans le parc de John Hammond, Hyrule Warriors propose de faire se rencontrer deux espèces que rien n’aurait conduites à le faire. Et pourtant, Nintendo a décidé de combiner deux licences pour créer un produit hybride, un « cross-over », comme on dit chez les gens branchés et les mangeurs de quinoa. Dans le coin gauche, nous avons l’univers Zelda, poids mega-lourd qu’on ne présente plus. Si? Bon ok: Univers Zelda, Le lecteur. Le lecteur, Univers Zelda. Maintenant que vous vous connaissez bien, passons au coin droite. On y trouve le farouche guerrier féodalo-mystique Dynasty Warrior. Cette licence, développée par Tecmo Koei et démarrée à la fin des années 90, compte une trentaine de jeux dans son arbre généalogique. On y dirige toujours un combattant japonais face à des vagues gigantesques d’ennemis, que l’on moissonne allégrement à l’aide d’épées extravagantes, de coups spéciaux et de pouvoirs magiques. Ennemis en surnombre? Cadre fantastique? Magie? Épée légendaire? Ça ne vous rappelle rien?

L’ADN du cochon et de l’éléphant ne se mélangent pas.

Hyrule warriors WiiU bordel à l'écran

Des fois c’est un peu confus. Mais on tape dans le tas et ça s’arrange.

Nous allons donc contrôler Link dans une guerre contre les forces du mal, mais alors plein de forces du mal. La première chose qui me frappe est que, pour une fois, j’ai l’impression que le royaume d’Hyrule se sent concerné par la menace qui fond sur lui. D’habitude, dans un Zelda, Link semble être le seul à vraiment se soucier qu’un type à nez de cochon tente de prendre le contrôle du monde, en enlevant la princesse et en volant un triangle d’or qui flotte dans l’air. A part quelques PNJ particuliers, la plupart vaquent à  leur occupation comme si de rien n’étaient. Cette fois, il s’agit vraiment d’une guerre et nous sommes accompagné par des tas de soldats qui sont là pour se battre contre l’envahisseur. Après c’est vrai que la plupart du temps il reste un peu planté là sans rien faire, j’en conviens, mais pour la mise en scène ça fonctionne. Surtout vu la quantité astronomique d’ennemis en face. Pour remporter chaque bataille, il faudra prendre le contrôle de différents points stratégiques sur la carte, en éliminant toute présence ennemie dans ces « forts ». Et c’est toujours la même chose. C’est donc assez répétitif, même si des variables viennent un peu modifier vos priorités. Par exemple, tel fort devra être pris en premier pour supprimer des renforts ou pour saper le moral des troupes. Ce qui change surtout c’est la façon dont chaque personnage livre combat. Et là, préparez-vous à une avalanche de fan-service.

It’s alive, ALIVE!

Hyrule warriors WiiU avengers

« Avengers, rassemblement! »

Dire qu’Hyrule Warriors s’adresse avant tout aux mordus de Zelda serait un euphémisme. Vous allez croiser (et surtout incarner) un tas de personnages emblématiques, tout en revivant certains passages clés de la saga (principalement d’Ocarina of Time, Twilight Princess et Skyward Sword). Les décors, les thèmes musicaux, les ennemis, les rubis, les coeurs, tout y est. Au delà de la couche de peinture estampillée « Link & his friends », on reconnaît aussi les mécaniques propres à la saga. Vous retrouvez les objets mythiques, tel l’arc, le boomerang, les bombes, etc. Certains ennemis ne pourront être vaincus qu’avec l’objet trouvé dans le niveau, par exemple. La recette est simplifiée mais je trouve intéressant de se dire que c’est à ça que pourrait ressembler un Zelda Next-Gen, visuellement parlant. Si les textures sont particulièrement pauvres, les animations des personnages sont tout à fait correctes et les combat sont beaucoup plus dynamiques (et variés!) que lorsqu’il s’agissait de secouer mollement sa Wiimote dans Skyward Sword. Ça y est on a un Link bad-ass et ça fait bien plaisir. D’ailleurs les personnages féminins créés pour l’occasion sont nettement moins…vêtus et plus… pourvus. Sceptique devant ce constat, je jette un un oeil aux crédits et j’ai vite compris pourquoi: c’est la Team Ninja qui est derrière la réalisation. Le studio-même qui a « commis » Metroid Other:M et qui joue avec les forces de la gravité dans Dead or Alive.

J’ajoute de l’ADN de second joueur…

Hyrule warriors WiiU Lana

Comme à l’accoutumée, les personnages ne s’expriment que par onomatopées. Les niveaux avec Lana, personnage créé pour l’occasion, ressemblent alors à la bande son d’un hentaï.

Maintenant on ne va pas se mentir, il est primordial de passer la difficulté en « difficile », sous peine de finir le jeu une main attachée dans le dos et un oeil plongé dans le fil de 9gag. A partir de là, vous pouvez compter environ 30 à 45 minutes par chapitre. Le hic est que je suis resté bloqué sur une mission me demandant d’empêcher les gorons de balancer des rochers sur ma base. J’ai commencé à pester car je devais être au four et au moulin en même temps, alors que mes compagnons de route n’en branlaient pas une. J’ai fortement regretté de ne pas pouvoir leur donner des ordres, idem pour les troufions de base qui en auraient bien besoin. Je me suis donc demandé comment faire pour mener d’avantage mon armée. Et quoi de plus influençable qu’une autre personne? C’est donc là qu’Hyrule Warrios développe toute sa saveur. Dès le moment où un deuxième joueur se greffe sur votre partie, l’un jouant sur la TV, l’autre sur le GamePad, il est possible de se partager les objectifs, de communiquer, de dynamiser les batailles, mais aussi de se coordonner dans les attaques. L’un peut ralentir un ennemi avec une flèche pendant que l’autre lui sculpte les oreilles avec un coup spécial. Cette collaboration peut également se retrouver dans les autres modes, comme celui intéressant qui vous propose d’explorer une carte façon tout premier Zelda, et de livrer bataille aux ennemis pour découvrir des trésors cachés. Ceux-ci permettent alors de développer ses compétences et ses armes. Une bonne communication entre co-équipiers est souhaitée puisque les ressources sont partagées. J’en ai aussi profité pour, enfin, tester mon seul et unique Amiibo… qui ne sert à presque rien, puisqu’il vous permet d’obtenir, aléatoirement, des ressources une fois par jour. Voilà.

… et un peu de sucre en poudre.

Hyrule warriors WiiU aventures

Paye ta nostalgie dans le mode aventure!

La plupart des « cross-over » qui me viennent en tête se trouvent dans le milieu du jeu de combat (Mortal Kombat Vs. DC Univers, SNK Vs. Capcom et même Super Smash Bros. en fait), je trouve donc l’idée intéressante de tenter quelque chose de nouveau. Mais il ne suffit pas de déclencher une avalanche de fan-service pour que le jeu soit bon. Hyrule Warriors est un jeu moyen. Il s’agit d’un « beat’em all » correct, offrant des séquence particulièrement jouissives lorsque l’on peut enchainer des combos sur des ennemis cent fois supérieurs en nombre. Mais j’y vois surtout une forme de prise de risque. Pour une fois Nintendo tente quelque chose d’un peu différent et c’est à se demander pourquoi cette façon de faire n’est pas plus présente. La Wii U a été abandonnée par les éditeurs tiers et Nintendo se contente d’y sortir des jeux au compte-gouttes, qui se ressemblent beaucoup les uns les autres. Pourtant, ces dernières années nous avons pu attester de ces quelques prises de risques, comme avec Bayonetta 2, Tomodachi Life sur 3DS, ou plus récemment Splatoon. Bien sûr, ça ne marche pas à tous les coups (oui, Tomodachi Life, c’est toi que je regarde), mais il y a néanmoins une volonté de proposer un produit différent de ce que l’on nous sert à toutes les sauces. Je le redis, Hyrule Warriors est un jeu moyen, issus d’un croisement génétique surprenant, mais qui propose une expérience divertissante à deux joueurs et je crois que je préférerais avoir plus de jeux moyens qui tentent quelque chose, plutôt qu’une énième déclinaison d’un même concept, qui en plus n’est pas gage de qualité.

Note: 5 yaaaatah sur 10

Author: Founet

A ne pas confondre avec le village vaudois, est à peine plus jeune qu’une Famicom. Vouant un culte à George, il découvrit son amour du jeu vidéo et de la techno allemande pendant les grandes années de Lucas Arts. De ses nombreuses heures passées à cliquer lui vient son humour absurde et sa cleptomanie. Frappé d’une mystérieuse malédiction, les machines semblent se rebeller lorsqu’il les manipule ou fait mine de les regarder. Founet ne roule jamais en-dessous de 88 miles à l’heure et rêve de maîtriser la télékinésie grâce à la Force. En attendant de passer maître Jedi, il joue à la Wii U. Accessoirement rédacteur en chef, quand il arrive à se faire entendre des autres, qui mettent le son trop fort, les farceurs.

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