Gamescom 2017: Paradox

Qui suis-je ? Situé hors de la buisness area, je me retrouve dispersé dans une petite dizaine de containers empilés. Difficile d’accès, il est nécessaire de compter une demi-heure de plus que d’habitude pour me rejoindre. Je présente majoritairement des DLC cette année, pourtant ma boîte est connue pour soigner ses mises à jour. Ma clim tombe en panne alors que le soleil tape fort, juste avant de se relancer en mode polaire. Je suis ? Je suis ? Je suis… le stand Paradox !

  • Tyranny : Bastard’s Wound

« Où est Zyvon quand on a besoin de lui ? », me suis-je demandé alors que ce membre de l’équipe de Tyranny, abordant une casquette, me dévisageait. En maudissant l’absence de mon collègue, j’articulais un timide « oui je connais vôtre jeu, mais je n’y ai pas joué… enfin, pas dernièrement, ni personnellement… mais on est plusieurs sur le coup, quoi ». C’est Zyvon l’expert Paradox. Il se serait même fait des doudous à partir de screenshots de leurs jeu pour s’endormir paisiblement. En tentant de garder le peu d’assurance qu’il me restait, je m’emparais du combo clavier-souris pour découvrir le nouveau contenu pour ce RPG. Je pense que c’est la pire des choses qui soit : pas d’explications pas les membres de l’équipe, vu qu’ils l’ont déjà pitché lors de sa sortie et peu de questions de ma part, vu que je ne sais pas ce qui est censé être nouveau. Angoisse. En plus je suis proche de l’hypothermie, alors que mon hôte s’enroule dans un hoodie. Dans ce genre de jeu, les textes et les prises de décisions sont cruciales, alors je passe une bonne partie du temps à lire du texte. Et à ricaner, parce qu’il y a de l’humour et des gros mots aussi. Apparemment, cette deuxième extension (nécessite le jeu d’origine) prend place au milieu du scénario principal du jeu. Il y a joute une nouvelle zone entière et des quêtes axées sur les compagnons. A ce propos, mon trio de personnages débarque dans une zone en ruine où se trouve deux groupes d’individus. Forcément ils sont en querelle parce que Dimitri n’a pas remonté la lunette des toilettes et que Sandra a fini tous les chocobons (je vous ai dit que j’avais pas joué à Tyranny?). Je résous un premier conflit de manière pacifiste et gagne des points d’XP en conséquence. « Très pacifiste », commente le développeur à casquette. Il me juge, j’en suis sûr. Lui et son hoodie sont trop cool pour être pacifistes, je suis persuadé qu’il fait du skate aussi. Ce qui m’inspire un mode plus brutal lors de la seconde interaction. Durant la phase de combat, M. Casquette me conseille de mettre en pause et d’utiliser les compétences de mes personnages secondaires. Pff trente minutes c’est très court, pas le temps de lire toutes les fiches caractéristiques, je lance un peu au hasard, déplace les acolytes en fonction et ça passe crème. Je tombe sur un prisonnier que je peux libérer ou tuer ou torturer ou autre chose. Pour le moment je le libère et arrive devant une caverne dont le second groupe d’individus m’avait justement demandé de déblayer l’entrée. Ni une, ni deux, kaboum et on entre. Un peuple d’Hommes-rats me barre le chemin. A nouveau la possibilité de négocier ou de les affronter. Mais créneau horaire se termine là. Tant mieux, je ne sens plus l’extrémité de mes doigts. Je glane encore quelques informations, comme la date de sortie prévue pour le 7 septembre et un prix tout à fait abordable autour des 15 CHF pour dix à douze heures de jeu. Je sors du container et plonge dans le suivant pour la prochaine présentation.

 


  • Stellaris: Sythethic Dawn

« Avez-vous déjà joué à Stellaris ? », bordel, ça recommence. Au moins cette fois il y a d’autres personnes avec moi qui vont poser des questions intelligentes. Pour le X4 de Paradox c’est également du contenu supplémentaire qui est proposé. L’arc principal ajouté par cette extension tourne autour du soulèvement des machines. Une nouvelle race jouable, basée sur la robotique, décide que y en marre de servir des expressos à des acteur vieux-beaux. Alors hop, ils prennent leur indépendance, se choisissent un hymne national, demandent le mariage pour tous et veulent être considérés en tant que tel. Qu’on choisisse de jouer cette race ou non, la rébellion des machines peut arriver à tout instant et avoir des répercussions sur l’ensemble de la galaxie. Il faudra ensuite agir en conséquence : la soutenir ou la combattre. La première solution pourrait passer, par exemple, par terraformer l’ensemble d’une planète pour la faire correspondre aux besoins des robots. Sympa la cohabitation. Les développeurs sont aussi assez fiers des nouvelles voix que l’on peut choisir pour leur « advisor », en fonction de son style de jeu. Cette extension également devrait couter environ 15 CHF et devrait sortir encore à la fin du mois de septembre.

 


  • Cities Skyline: Green Cities

Grand Dieu que c’est beau ! Mais quel souci des détails et cette harmonie des traits. Superbe ! Et je ne parle même pas encore de Cities Skyline hein, mais juste de cette « projects manager » et de ce « game designer » qui sont là pour présenter le jeu. Sont forts ces finlandais quand même. Dès que j’ai pu forcer mes globes oculaires à se détacher de ces deux publicités vivantes pour le « vivre sainement » (c’est pas possible d’être autant en forme), j’ai pu me concentrer sur à peu près le même concept, puisque le nouveau DLC pour Cities Skyline introduit la notion d’espace verts. D’où son nom Green Cities. De leur propre aveu, ces ajouts sont totalement inspirés par les tendances actuelles. On y retrouve donc des moyens plus éco-responsables de produire de l’énergie ou de traiter les déchets et la pollution, mais aussi des commerces « bio » que l’on peut implémenter dans des quartiers résidentiels à faire pâlir l’ensemble de la communauté bobo-hipster de Lausanne. On peut également créer des jardins sur les toits des buildings, gérer des voitures électriques, etc. Au-delà du simple ajout cosmétique et branché, ces éléments-là deviennent de véritables variables dans le gameplay, puisque, comme dans la vie réelle, ce genre de choix coûte plus cher. Cela devient donc un objectif en soi que d’arriver à faire virer sa ville au vert. Sachant que Cities Skyline sert parfois à donner des cours d’urbanisme, il y a là de quoi ajouter une couche de réalisme. On nous annonce encore trois nouvelles cartes, trois nouveaux scénarii et une tripotée de nouveaux bâtiments. Même s’il n’y a pas encore de date de sortie prévue pour le moment, le prix lui devrait tourner autour d’une dizaine de francs, ce qui plutôt de bon augure.


Tel l’homme qui tombe à pic, j’aperçois Gary-de-chez-Fellowsheep-en-face qui vient relever mon tour de gardes. Les DLC c’est comme le sirop d’érable : faut pas en mettre trop sinon ça écœure. D’un high-five tonitruant digne de Tekken Tag Tournament, je lui laisse la place pour la suite.


  • Battletech

“@Gary Viens chez Paradox par la Halle 9” n’était que le point final d’une série messages cryptiques laissés par Niels sur notre conversation de groupe. Je n’ai pas tout saisi, mais ça parlait de souffrance, de climatisation, de DLC et de … dieux grecs finlandais? Après avoir combattu les foules d’allemands qui sont visiblement venus à la Gamescom pour s’asseoir dehors et me barrer la route, je retrouve notre expert en mouvement de foule, souffrant, dans un container. Je ne comprends pas trop : il y fait plutôt bon, je n’y vois pas de finlandaises et pas de DLC non plus. C’est Battletech qui est en présentation, un jeu de stratégie tour par tour particulièrement hardcore. C’est plutôt pas mal en fait.

Paradox ne sait pas soigner ses présentations, c’est affreux; après l’intro de dix minutes faite par un développeur, on se tourne vers les postes de jeu préalablement préparés, avec une vingtaines de minutes restantes. La mission proposée est un simple scénario de combat entre de gros mechs, et ils les aiment bien leurs mechs. On passe beaucoup trop de temps à me parler des différents modèles de robots et pourquoi ils sont si cools, avant de me dire qu’il y a des adversaires de l’autre côté de la map. Je passe donc plusieurs tours à déplacer une par une chacune de mes quatre machines à travers le terrain de jeu. Qui a donc pu penser que ceci était une bonne chose à montrer? C’est même pas comme si je connaissais le jeu, je ne sais pas s’il est mieux de se grouper ou de se séparer, de se mettre à couvert ou foncer tout droit. C’est juste beaucoup de clics et de scrolls. J’aperçois enfin mon premier ennemi, il est encore loin, encore un tour ou deux et ce sera la baston! La porte du container dans lequel on se trouve s’entrouvre, annonçant qu’il ne reste que 5 minutes à la présentation. Sérieux ? J’échange quelques tirs avec mes ennemis, la simulation est assez complexe. Les mechs possèdent plusieurs parties d’armure localisées qui peuvent chacune être détruite, il en va de même pour les armes et les équipements. En plus de leurs points de vies, mes robots peuvent aussi surchauffer ou tomber à terre et perdre un tour. Quand ils tirent, c’est vrai qu’ils sont cools ces mechs. Je me suis bien amusé pendant les 2 minutes que ça a duré. Date de sortie prévue pour 2018, sans plus de détails.

 


  • Crusader Kings 2: Jade Dragon

J’aime bien Crusader Kings 2, c’est un des rares jeux sur lesquels je me fais une partie tous les quelques mois, et franchement, je le regrette rarement. À chaque fois je découvre une nouvelle mécanique (ou l’auraient-ils ajouté en cours de route, ces fourbes?) et je tue ma famille proche pour assurer que ma lignée soit pure. Un bon moment, quoi. Je ne peux pas dire, par contre, que j’apprécie la culture du DLC autour du jeu; à chaque fois que je relance CK2, il me semble que du nouveau contenu est disponible à l’achat et la plupart du temps il ne change que peu de choses. Cette entrevue était donc sur Jade Dragon, une expansion qui, comme l’a si bien dit notre présentateur: “ajoute la Chine à Crusader Kings 2, parce que la Chine était une énorme puissance à l’époque et une grosse influence, mais pour des raisons techniques elle a pas vraiment été ajoutée”. Hum… cool ? Belle manière de commencer la présentation. La solution de Paradox à ce problème a donc été de représenter la Chine par trois tout petits territoires à l’Est de la carte et de leur donner de gros bonus technologiques, économiques et militaires. Pour des raisons d’équilibrage, sûrement, la Chine n’est pas jouable, ce qui amoindri grandement l’intérêt de ce DLC. D’autres petits changements ont été effectués, comme la route des soies, qui a subi un équilibrage et qui ressemble maintenant plus à un réseau de routes plutôt qu’à une autoroute joignant l’Est à l’Ouest. Il y a aussi de nouvelles manières d’obtenir des Casus Belli, ce qui pourrait vaguement changer notre manière de jouer. Ce que je dis en fait, c’est qu’on s’en fout de ce DLC. Il devrait être disponible bientôt et sera entre 5 et 10 francs. On l’achètera à 1 balle 50 quand il sera en soldes sur Steam.


  • Surviving Mars

Trois présentations Paradox et un seul DLC? Il faut croire que j’ai de la chance. D’autant plus que j’ai regardé le trailer de Surviving Mars récemment et ça avait l’air pas mal. Cette fois, l’intro est très courte, on nous montre juste cette même bande-annonce. Autant pour ma “recherche” du sujet. On me pose devant le jeu avec une designeuse qui a l’air de simplement adorer son produit et elle me pose la question typique: “Vous connaissez le jeu?” – “Ben, j’ai vu un trailer, quoi”. Chier, j’aurais pu avoir l’air à peine plus malin s’ils ne venaient pas de l’avoir montré. Elle me montre les fondements : c’est un jeu de gestion tout ce qu’il y a de plus standard. On pose des bâtiments sur la map, la population va dedans pour y vivre ou y travailler et on en construit d’autres, tout en faisant attention à bien les relier à l’énergie et à l’eau. Surviving Mars fait quelques adaptations pour justifier son environnement martien: les bâtiments économiques et résidentiels ne peuvent qu’être édifiés sous des dômes “térraformés”, et on est constamment en liaison avec la Terre qui peut nous envoyer de nouveaux habitants. Le thème est respecté, mais de ce que j’ai vu, il n’ajoute pas grand-chose à la formule. Étonnamment, ce qui semble être l’argument principal du jeu n’est pas présenté. On m’a montré ‘Mars’, mais pas de ‘Surviving’, peut-être que cet aspect-là est l’accroche que le jeu manque. Peut-être que, vraiment, Paradox ne sait pas faire une présentation. Sortie prévue en 2018, sur PC, Xbox One et PS4.

 

Author: Founet

A ne pas confondre avec le village vaudois, est à peine plus jeune qu’une Famicom. Vouant un culte à George, il découvrit son amour du jeu vidéo et de la techno allemande pendant les grandes années de Lucas Arts. De ses nombreuses heures passées à cliquer lui vient son humour absurde et sa cleptomanie. Frappé d’une mystérieuse malédiction, les machines semblent se rebeller lorsqu’il les manipule ou fait mine de les regarder. Founet ne roule jamais en-dessous de 88 miles à l’heure et rêve de maîtriser la télékinésie grâce à la Force. En attendant de passer maître Jedi, il joue à la Wii U. Accessoirement rédacteur en chef, quand il arrive à se faire entendre des autres, qui mettent le son trop fort, les farceurs.

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