E3 2018: un mEA culpa un peu amer.

Je sors tout juste d’une soirée entre amis qui s’est terminée en débat plus que musclé sur le manque d’esprit critique du public actuel. En l’occurrence, on parlait de cinéma. N’ayant pas pu assister à la conférence EA en direct, je lance un replay en arrivant chez moi. « What could possibly go wrong? », comme ils disent.

Salut E3 2018. C’est donc avec les annonces d’EA que tu choisis de te présenter à moi et à l’ensemble de la planète jeux vidéo, crédule ou non. Comme d’habitude, je veux bien laisser le bénéfice du doute et je veux toujours croire que, quelque part, je pourrais être surpris en bien. C’est parti, voyons ce que que tu as à proposer.

Clairement, la conférence EA est l’une de celles dont j’attends le moins chaque année. Elles se ressemblent toutes et atteignent un quota de « bullshit marketing » qui ferait pâlir d’envie n’importe que présentateur de téléachat. Mais je dois dire que cela a été probablement l’une des pire interventions d’EA que j’ai jamais vu. Étrangement pour de nouvelles raisons pourtant. Ça doit être épidermique, je sais pas, mais j’en suis à quatre minutes de présentation et voir des gens applaudir l’annonce de l’annonce (sic) de Battlefield 5 et FIFA19 ne me met pas en bonne disposition. Je pense à aller chercher ma boîte de Tranxilium, je risque d’en avoir besoin.

J’ai donc assisté à une heure et demi d’action de communication portant, de toute évidence, le nom de code de « Opération Conscience ». EA s’est livré à un exercice de mea culpa dans le but de redorer leur image auprès des joueurs, suite aux déboires des « loot boxes », depuis l’année dernière (notamment dans Battelfront 2). C’est donc « EA l’ami de tout le monde » qui a vu se succéder des développeurs sur scène, mi-penauds, mi-émus, donc ceux de Dice annonçant que Battelfield 5 comporterait pas de « loot box » ou de « season pass ». La salle applaudit quelque chose qui devrait juste être normal. Idem pour l’incorporation de la coupe du monde dans FIFA18 plutôt que d’en sortir un titre à part, comme ce fûr le cas précédemment. La démarche est tout à fait louable, mais ne devrait-elle pas aller de soit?

La fameuse phrase « nous avons écouté les joueurs » n’a jamais pris autant de sens, du moins en apparence. Car derrière, ce sont les mêmes jeux, les mêmes procédures et les mêmes ficelles qui sont tirées. Bien sûr, plus de femmes sont mises en évidence dans les bandes-annonces (j’ai rien contre, au contraire, il est plus que temps que cela devienne la norme); stratégie de comm. Le cloud gaming annoncé comme une priorité pour EA, mais dont ils n’ont concrètement encore rien à montrer; stratégie de comm. Un jeu Star Wars (Jedi Fallen Order) confirmé chez Respawn pour 2019, « dont on ne peut rien dire pour le moment »; stratégie de comm. Sea of Solitude présenté comme nouvelle expérience arty/indé, dont ils n’expliquent pas le gameplay; stratégie de comm. qui assure la caution « nous ne sommes pas qu’une grosse boîte ».

Comme M. Plouf me le faisait remarquer après avoir rejoint ma session de plantage de punaise sous les ongles visionnage, nous avons du attendre une demi heure avant de voir les premières miettes de gameplay, qui s’étaleront sur cinq petites minutes de gameplay. À savoir Unravel 2, qui peinait à convaincre, et surtout Anthem (Bioware) dont on attendait beaucoup mais qui n’a pas su me faire vibrer la moindre. Tout sonnait faux dans cette conférence et l’apothéose a certainement été cet affront fait à Command & Conquer, sur le cadavre duquel le jeu mobile Rivals urine impunément de l’acide au choléra (pour mémoire, on rappel que l’acide sert plutôt à faire disparaître un cadavre, pas le réanimer). Mais heureusement, EA a précisé verser de l’argent à trois œuvres caritatives. Ouf l’honneur est sauf, il leur reste au moins ça… Comment ça, « stratégie comm »??

En matière de jeu présentés, voilà les vidéos correspondantes. Certaines ont été publiées après la conférence et présentent plus de gameplay:

Author: Founet

A ne pas confondre avec le village vaudois, est à peine plus jeune qu’une Famicom. Vouant un culte à George, il découvrit son amour du jeu vidéo et de la techno allemande pendant les grandes années de Lucas Arts. De ses nombreuses heures passées à cliquer lui vient son humour absurde et sa cleptomanie. Frappé d’une mystérieuse malédiction, les machines semblent se rebeller lorsqu’il les manipule ou fait mine de les regarder. Founet ne roule jamais en-dessous de 88 miles à l’heure et rêve de maîtriser la télékinésie grâce à la Force. En attendant de passer maître Jedi, il joue à la Wii U. Accessoirement rédacteur en chef, quand il arrive à se faire entendre des autres, qui mettent le son trop fort, les farceurs.

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