Des valaisans à la conquête de l’espace – Test & Interview [Asylamba, PC]

Si l’industrie du jeu vidéo se développe de manière fulgurante en ce moment, il n’y a pas de raison qu’il n’en soit pas de même dans nos contrées helvétiques. De plus en plus de studios de développement se créent en Suisse et s’efforcent de ne pas laisser passer le train du divertissement numérique. Nous vous proposons d’en apprendre un peu plus sur une équipe de valaisans talentueux, pour qui le nombre d’étoiles dépasse celui de leur drapeau.

 

Asylamba PC planète

Toujours important de placer au minimum une flotte de défense en orbite.

Le studio Asylamba regroupe six étudiants motivés par le monde des jeux vidéo et par les univers fantastiques de manière plus générale. Depuis maintenant presque 6 mois, ils proposent un jeu, éponyme et gratuit, de conquête spatiale. Sept factions s’y disputent le contrôle d’une galaxie. Vos premières tâches consistent alors à adopter un camp, baptiser votre avatar et choisir votre planète de départ. À vous ensuite de gérer correctement vos ressources afin de construire différents bâtiments et constituer votre flotte de vaisseaux spatiaux. Ces derniers vous serviront à attaquer d’autres planètes et ainsi, petit à petit, tenter de contrôler le plus de secteurs possible. Tout se passe simplement à travers n’importe quel navigateur Internet. Aucun doute que son côté prenant risque de mettre en danger votre productivité au bureau.

Asylamba PC vaisseaux

La teinte des vaisseaux change pour chaque faction.

Le jeu compte actuellement plus d’un millier de joueurs inscrits et l’équipe d’Asylamba souhaite en attirer de plus en plus. Dans ce but, ils ont lancé une campagne de financement participatif et, à l’heure où nous écrivons ces lignes, leur but de récolter 10’000 CHF est atteint à plus 90% (NDR: Et au moment de publier, ils y sont arrivé! GG! Bon, vous avez encore 10 jours pour contribuer quand même, si vraiment… wemakeit.com/projects/asylamba). Nous les avons contacté afin d’en savoir un peu plus sur leur démarche et Jacky Casas, développeur et « game designer », a volontiers accepté de répondre à nos questions.

Asylamba PC

A mi-chemin entre Mad Max et Michelangelo.

Comment s’est créé le projet Asylamba ?

JC: C’était avant tout une question de musique. Certains parmi nous avaient un groupe de musique avec lequel ils écrivaient des chansons, racontant des aventures se passant à bord de vaisseaux spatiaux. Étant également passionnés de jeux vidéo, ils ont décidé d’y transposer cet univers et c’est comme ça que j’ai rejoint l’équipe. Nous sommes tous bénévoles et faisons cela sur notre temps libre.

L’un des objectifs de votre campagne de financement est-il de pouvoir vivre de cette activité ?

JC: Oui éventuellement, mais pas uniquement. Notre but premier est de faire connaître le jeu à un maximum de personnes. Le développement des jeux sur téléphones et tablettes en ce moment est donc un excellent moyen de toucher un public beaucoup plus large. Notre recherche de fond servira donc principalement le développement d’une application permettant de suivre une partie sans avoir nécessairement accès à un ordinateur.

Quelle est la force d’Asylamba par rapport à d’autres jeux concurrents, comme Ogame? Il m’a aussi fait penser, avec nostalgie, à Rebellion de LucasArts. Est-ce qu’il s’agit d’une source d’inspiration?

JC: Rire. Non je ne connais pas ce jeu. Et je ne crois pas que les autres y aient joué. Ce que j’ai pu constater dans d’autres jeux, comme Ogame, c’est que les joueurs s’y sentent assez seul. Chez nous, ils sont obligés de collaborer un maximum. Le sentiment d’appartenance à une faction est très important. Il y est possible de demander de l’aide lorsque l’on débute mais aussi de s’échanger des ressources et de se coordonner pour attaquer une planète puissante. Notre communauté est très active. Ses membres se retrouvent sur Skype le soir pour discuter stratégie, par exemple.

Justement, si la communauté accroche, vous ne craignez pas de la perdre en route en ouvrant le marché du mobile?

JC: C’est vrai qu’il est parfois difficile de faire valoir un jeu mobile à sa juste valeur, et non pas juste comme un « petit jeu ». Notre force est que nous avons un « vrai » jeu, avec des éléments de gameplay, ce qui nous différencie d’une simple « pompe à fric », comme Candy Crush, par exemple. Il serait donc facile pour nous de changer notre modèle économique, mais nous ne voulons pas que cela dénature le jeu. Il sera peut être possible d’acheter des avatars ou de payer pour certaines fonctionnalité depuis son téléphone, mais nous devons encore y réfléchir.

Je dois dire que le style graphique des avatars et des vaisseaux me plaît, mais le tout est quand même un peu terne. Est-ce que vous avez des projets de modification de ce côté-là?

JC: Non, cela a été voulu comme ça. Le fait de ne laisser apparaître que la couleur de la faction est un bon moyen de s’y identifier au maximum. Mais ça a d’ailleurs posé quelques problèmes à notre artiste.

Pour finir, on connaît le Valais pour ses abricots, sa raclette et son fendant, est-ce que le jeu vidéo est le prochain produit d’exportation phare?

JC: Rire. Je ne connais pas tellement d’autres développeurs de jeux vidéo ici, en Valais. Mais nous avons un partenariat avec la HES-SO de Sierre et nous avons participé à un concours de soutien de start-ups de la Banque Cantonale du Valais. Je pense qu’on peut dire qu’on est pris au sérieux. En tout cas, on est assez fiers de faire partie de cette industrie naissante en Suisse. C’est un peu comme si, avec les autres studios, on posait les premières pierres de l’ « Histoire du jeu vidéo suisse ».

Asylamba PC technologie

Pour pouvoir s’étendre, il faut commencer par rechercher toutes sortes de technologies.

Je suis donc un dinosaure pour avoir joué à Rebellion, mais c’était bien quand même. Espérons qu’Asylamba connaisse un succès plus marquant, ne sait-on jamais.

Note: 8 John Bonvin sur 10

Author: Founet

A ne pas confondre avec le village vaudois, est à peine plus jeune qu’une Famicom. Vouant un culte à George, il découvrit son amour du jeu vidéo et de la techno allemande pendant les grandes années de Lucas Arts. De ses nombreuses heures passées à cliquer lui vient son humour absurde et sa cleptomanie. Frappé d’une mystérieuse malédiction, les machines semblent se rebeller lorsqu’il les manipule ou fait mine de les regarder. Founet ne roule jamais en-dessous de 88 miles à l’heure et rêve de maîtriser la télékinésie grâce à la Force. En attendant de passer maître Jedi, il joue à la Wii U. Accessoirement rédacteur en chef, quand il arrive à se faire entendre des autres, qui mettent le son trop fort, les farceurs.

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