Une âme en peine [Dark Souls Remastered, Switch]

Tremblez lapins et champignons ! Dark Souls, le « jeu le plus dur du mooonde » arrive sur Switch ! Mais qu’ont apportés ces sept ans et cette Remasterization ? Laissez-moi vous en parler entre deux Game Over.

Il y a plusieurs façons de prendre du plaisir en jouant aux jeux vidéo : explorer un monde immense, résoudre des énigmes, bâtir un empire et écraser ses voisins ou juste… survivre. Dark Souls se situe évidemment dans cette dernière catégorie.

« I have the high ground! »
Aucune chance qu’il puisse sauter si haut et me réduire en pâté…

Tout commence avec une cinématique d’introduction dans le plus pur style années 2000. On prend ensuite le contrôle de notre « Carcasse », un humain vidé de son essence et qu’on aura pris la peine de personnaliser pendant vingt minutes, comme dans tout bon action-RPG. S’ensuit une phase de tutoriel qui va nous permettre de récupérer un peu d’équipement rudimentaire, tout en se familiarisant avec les diverses commandes. Très progressive, cette petite demi-heure d’introduction apprend au joueur à se méfier de tout : ennemis en hauteur, angles morts, escaliers ou autres objets de prime abord facilement accessibles. Et pour terminer, un affrontement contre un boss grand comme une maison. Celui-là même qu’on avait aperçu tantôt et de loin en se disant « C’est sûrement pour quand je serai plus fort ! », et qui nous aplatit d’un coup de massue. Vous êtes mort : bienvenue dans Dark Souls !

Cette mise en bouche permettra au final de nous échapper de l’asile où croupissent les Carcasses et d’en apprendre un peu plus sur les événements qui nous ont menés à cette évasion. Il serait question d’une prophétie dont on pourrait être l’élément central, et aussi de faire retentir des cloches…

Aller droit dans le SMUR.

A mon sens, la difficulté de Dark Souls réside surtout en l’exécution correcte d’une séries d’actions qui vont nous permettre de rester en vie. Chaque choix tactique, que ce soit en combat ou en exploration de lieux, peut être lourd de conséquences, car toutes les erreurs se paient au prix fort. Une attaque à la hache tentée au mauvais moment laisse une large ouverture, même au plus frêle des morts-vivants, pour nous taillader allégrement. Le stress nous pousse ensuite à faire d’autre mauvais choix, et c’est généralement comme ça que tout périclite. Le jeu offre un système de checkpoints à double tranchant : en choisissant de se reposer près d’un feu et par la même recharger sa magie et autres potions, tous les ennemis réapparaissent… Ce qui implique que les tronçons entre deux foyers doivent s’effectuer d’une seule traite.

Plutôt la mort que le déshonneur! Bon en fait il y a rarement le choix.

Visuellement, ce titre original a très bien supporté le passage vers la Switch (sorti initialement en 2011). Certes, le jeu n’est pas en 4K comme sur les autres consoles de salon, mais le framerate est régulier. Par contre, là où le portage pèche un peu, c’est au niveau du mappage des touches sur la manette de chez Nintendo. Ça paraît bête, mais les touches ayant simplement été translatées depuis la PS3, on se retrouve avec le bouton B pour valider et la touche A pour annuler… Pour quelqu’un élevé au biberon Nintendo – comme votre dévoué serviteur – il y a des risques de se planter la moitié du temps. Le pire est que toutes les touches sont ré-assignables, sauf celles pour entrer et sortir des menus ! De mon côté, ça s’est traduit par des cassures de rythme à causes de mauvaises manipulations. Rien d’insurmontable, mais c’est un détail qui aurait amplement eu le temps d’être réglé en sept ans. Tout comme quelques rares textes des menus qui dépassent de leurs boîtes, et qui ne sont parfois qu’à moitié lisibles.

Je peux aller par là ? C’est toi qui vois.

A l’instar de la version originale, il existe un mode en ligne qui permet d’interagir avec d’autres joueurs. La fonction première de ce système de jeu est de pouvoir invoquer des fantômes d’autres joueurs de niveau similaire pour tenter, par exemple, d’abattre un boss trop coriace – qui, au passage, bénéficiera aussi d’un bonus de stats. Il y a également la possibilité de se mesurer à d’autres joueurs pour obtenir des âmes ou de l’humanité, au grand risque de se voir infliger une malédiction, qui risque d’entraver la progression dans la partie solo… Même en décidant de ne pas s’impliquer dans les interactions en ligne, il est possible de voir les fantômes des autres joueurs apparaître parfois vers les foyers ou de laisser des messages au sol. Par exemple pour indiquer un piège imminent (ou pas…), ou dévoiler des informations insoupçonnées sur la génitrice du lecteur – ah non, les messages sont filtrés.

Du sans fil à retordre

Violent, mais éducatif : les enfants, regardez les effets de la malnutrition sur ce pauvre monsieur. Et maintenant vous me finissez ces brocolis.

Là où la Switch gagne des points, c’est bien entendu sur le côté portable et nomade. Les textes et menus qui ont l’air énormes sur un moniteur de salon sont tout à coup parfaitement lisibles sur le petit écran, malgré sa résolution réduite. Dark Souls est également un jeu qui se… regarde assez bien. En effet, le spectateur peut prendre un malin plaisir à voir le possesseur de la manette se faire dézinguer à moult reprises par un démon en armure, voire passer une épreuve victorieusement ! C’est d’ailleurs de cette façon que j’ai commencé à tester ce titre, sous le regard amusé de ceux qui étaient déjà morts dans ce couloir, il y a quelques années…

Encore un jeu à mettre dans la catégorie des portages faciles, mais bons, mais faciles, contrairement au jeu lui-même.

 

8 omoplates sur 10

Switch, Playstation 4, XBox One et PC

 

Author: Vertigo

Un jour de départ à la Gamescom, une gastro foudroyante avait terrassé pratiquement l’ensemble de la rédaction de Semper Ludo. C’est donc sur un quai de gare que fût recruté Vertigo, à titre de stagiaire porte-gobelet. Il aurait pu s’appeler Augustin, mais non. Le pérégrin sillonnait la région, à pied nus, bien dans ses baskets, en quête d’une pauvre âme à soulager d’un fardeau, d’un prochain à aider ou d’une veuve à dés-éplorer. Sa 3DS ne quitte jamais sa poche et il est doté d’une connaissance de la culture japonaise éclairée et d’une sagesse mystique lorsqu’il s’agit de refuser les petits fours d’un éditeur véreux (ceux aux anchois). Il boxe dans la catégorie Nintendo depuis la NES, mais ne rechigne pas à tâter du PC et sait lire dans les étoiles les mouvements de ses adversaires sur Towerfall. Vertigo a ainsi embrassé (avec la langue) la cause semperludienne et a su prouver sa valeur en gagnant ses galons de chroniqueur. Certaines rumeurs et Paris Match affirment qu’il est capable de parler aux yoshis les soirs de pleines lunes et qu’il les rejoindra lorsque le moment sera venu. En attendant, on lui demande juste de rendre ses textes.

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