Heu Anno ? Anno ? T’es un jeu de gestion et t’as pas de mode bac à sable ? Non mais Anno quoi ! [ANNO 2205, PC]

J’ai beaucoup de respect pour la série des Anno des Allemands de Blue Byte, c’est carré (voir carrément germanique), joli, ça tourne bien et c’est doté d’une durée de vie conséquente. Et pourtant, bien que me définissant comme faisant partie du public cible, je me suis toujours très vite ennuyé en jouant aux diverses itérations de la licence. Je sais pas, tracer des routes à angle droit, jouer à Tetris lorsque que l’on pose ses constructions faute de place et pour des questions d’optimisation, ça manque bien trop de poésie, de naturel, de vie pour mon petit cœur de bâtisseur d’empires.

Ah et non je vous vois venir, les Anno ne sont pas le pluriel de l’an… heu… bref… voilà… Histoire de vous donner plus de détails, Anno à la base c’est un jeu de colonisation d’îles au temps bénis des colonies (oui bon, plutôt à la Renaissance disons). Vous devez installer des ports de commerce et exploiter les ressources naturelles du nouveau monde. Et pour gérer tout ça, vous devez accueillir des colons et répondre à leurs besoins. Si ces derniers sont plutôt basiques au début (nourriture essentiellement), ils vont rapidement se complexifier lorsque vos administrés vont évoluer. Et c’est là que le jeu commence vraiment : il faut mettre en place de vraies chaînes de production inter-îles pour pouvoir produire des ressources de plus en plus précieuses. Tous ça en affrontant des pirates et/ou des compétiteurs voir l’ex-mère patrie si la voie de l’indépendance vous tente.

Les ports du futur. Le bateau voilà l'avenir!

Les ports du futur. Le bateau voilà l’avenir!

Le temps d’écrire cette introduction, mais que voilà ? Le petit dernier de la famille, version année 2205 qui débarque sur mon PC. Je l’installe, le démarre, j’y joue un petit moment et c’est bizarre, je trouve ça plutôt sympa mais j’ai une impression étrange… Je crois que la meilleure façon de vous donner mon ressenti sur le jeu, va être de vous compter par le menu, si possible dans l’ordre et de manière cohérente, ma découverte du titre.

Phase 1, les 30 premières minutes.

« Ah c’est plutôt joli. Mais ça rame, optimisation aux fraises, je note. Bon on est dans le futur et on utilise toujours principalement des bateaux pour tout faire… mouais… Bon soit, c’est plus facile que de changer tout le gameplay hein. » Je vécu donc un début mi-figue mi-raisin.

« Bon point, on peut maintenant déplacer un bâtiment très facilement sans avoir à passer par le cycle infernal du détruire/reconstruire ! Mieux encore, on peut améliorer ces-dites constructions avec des modules permettant d’étendre intelligemment leurs capacités ! » M’enthousiasmais-je presque.

Pleins de modules différents permettent d'améliorer ses usines.

Pleins de modules différents permettent d’améliorer ses usines.

« What ? ‘Tain! Y a pas de sauvegarde manuelle ? Et plus de mode bac à sable ? Paye ton jeu de gestion de casu ! » M’écriais-je après avoir tenté vainement de sauvegarder ma première incursion dans les entrailles de la bête. Ça sentait le jeu faisandé ma parole. Il me fallait poursuivre pour en avoir le cœur net.

Phase 2, les 3 premières heures.

« Ah tiens, la partie militaire est circonscrite à des missions spécifiques un peu tactiques mais pas trop et l’IA adverse est complètement conne. Mais c’est rigolo, ça permet de mettre de côté pleins de ressources et surtout c’est optionnel » me dis-je après avoir tenté de libérer l’Arctique des méchants terroristes lunairiens sécessionnistes (DISCLAIMER: l’utilisation des mots « méchants », « terroristes » et « (séces)sion(n)istes » dans la même phrase est uniquement due à un effet de style, merci).

« Oh mais on peu aussi aller sur la lune alors ? Et mettre en place des lignes de commerce interplanétaires ? Ah ben voilà un peu de nouveauté ! » Cogitais-je en construisant un réacteur à fusion nucléaire et un port à énergie permettant d’envoyer cette dernière à travers le vide interstellaire jusque sur Terre. Oui, je fus pris au jeu. Il me sembla d’ailleurs plus engageant et plus fluide en matière d’utilisation et de prise en main que ses illustres aînés.

¡Cayo la luna, se apaga el farol!

¡Cayo la luna, se apaga el farol!

Phase terminale, après environ 6 heures de jeu

« Mon Dieu, j’ai fini Anno, oui j’ai terminé(!) un jeu de gestion… . Les mots me manquent, 6 heures le jeu de gestion… dans mes grandes années c’était la durée moyenne d’une session de Sim City

Ceci clôtura donc ma découverte de Anno 2205.

Back to the present

Oui alors en effet, les développeurs ont pris le parti de faire un choix de game design étrange. La campagne, plutôt plaisante et avec un niveau de rejouabilité faible mais existant, est bouclée très très vite. Et comme déjà écris plus haut, il n’y a plus de mode bac à sable. C’est comme si Blue Byte avait, en décidant de rendre leur jeu moins austère, arraché involontairement (ou pas) des pans entiers du gameplay comme s’ils ne servaient plus à rien. Ah, on me chuchote dans l’oreillette qu’il existerait un Season Pass… ça pourrait donner du sens à ceci… de mieux en mieux, bravo, vive la France.

Big city life Baby!

Big city life Baby!

Bon, on est quand même devant du Anno typique hein, mais avec un nombre de cartes ultra faible. Sans compter que ces dernières sont bien assez grandes pour supprimer le challenge traditionnel du titre qui repose essentiellement sur l’optimisation de sa production, en étant obligé de faire avec une place limitée. Par contre, le scénario est lui complètement fidèle au commun des Anno. Nanaresque au possible avec les gentils corporations capitalistes qui doivent faire de l’écologie et sont en conflit avec les méchants habitants de la lune qui, en plus de pas vouloir partager le business, souhaitent échapper au contrôle de la bienveillance reconnue et incarnée de ces multinationales, en déclarant leur indépendance.

Finalement, ma réaction à chaud sur les sauvegardes n’a pas tellement lieu d’être. En effet, ça ne pose pas de problème car ça colle complètement au design du truc… bref quelle tristesse.

Alors c’est un mauvais jeu ? Non. Mais c’est plus ce que c’était. C’est autre chose. Un truc joli, sympa, pas trop compliqué, ni prise de tête. Et j’ai quand même passé un bon moment. Mais c’est tout. Pour une référence à 60 euroboules ce n’est clairement pas suffisant. Une licence de plus sur le déclin ? Ubisoft sera-t-il le nouvel EA ? Noël tombera-t-il un vendredi 13 ? Réponse sans doute prochainement.

6 shampoings / 10

Author: Zyvon

Élevé à la dure par des parents aux penchants amish, hermétiques à la technologie, l’accès aux jeux vidéo n’a pas été facile pour Zyvon. C’est en utilisant l’argent de sa bar-mitzvah, reçu lors de sa première communion, qu’il s’acheta lui-même un ticket pour les mondes diaboliques de la perversion sous la forme d’une Megadrive. #TeamSonic. Malheureusement, il vécu la crucifixion du hérisson bleu comme une trahison et renonça à jamais aux consoles, pour rejoindre les rangs bénis et accueillant de la glorieuse “PC Master Race”, en jurant qu’on ne l’y reprendrait plus. Son éducation sévère mais néanmoins rustique, lui a donné le gout des choses bien faites et faites jusqu’au bout. Zyvon est dur mais juste mais dur.

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