Touched for the Very First Time [Yakuza: Like a Dragon]

Si comme moi vous n’aviez jamais joué à un jeu Yakuza, et vous vous demandez si ça vaut la peine de commencer une franchise après quinze ans, vous êtes au bon endroit. Je vous le dis tout de suite: Like a Dragon est un spin-off, ce qui le rend totalement accessible aux nouveaux venus.

Simply The Best

Vous incarnez Ichiban Kasuga (Ichiban veut dire “le meilleur”, “numéro un”, en japonais). Ichiban est un orphelin, élevé par des prostituées, puis qui intègre les yakuzas (la mafia japonaise, disons-le au moins une fois). Lorsqu’un membre plus haut placé que lui fait une grosse bêtise qu’un pot-de-vin ne rattrapera pas, le patriarche de l’organisation lui demande de porter le chapeau. Ichiban sort de prison après 18 ans, s’ensuivent quelques événements rocambolesques, et vous voilà fin prêts pour affronter le monde virtuel de Yakuza: Like a Dragon.

Spoiler: une bonne tarte dans la face ça marche bien!

Je résume grossièrement, mais le prologue est super long et bourré de cinématiques. Le début du jeu est un peu fastidieux vu la masse d’informations et le manque de gameplay. Sérieusement, vous ne toucherez pas votre manette pendant 20 minutes par moments.

J’ai trouvé la suite de l’histoire beaucoup plus digeste. Heureusement, après quelques heures, vous voilà libre de déambuler comme bon vous semble.

Looking For Freedom

Parlons un peu du monde ouvert de Yokohama où Ichiban et ses compagnons de mésaventure vont essayer de se débrouiller. Si comme moi vous êtes nuls en géographie, sachez que c’est la deuxième ville la plus peuplée du Japon. Cependant, Yakuza propose un monde ouvert comme je les aime: pas trop grand (quelques quartiers de la ville), mais surtout fouillé et bourré de choses à faire et à voir.

Il y a évidemment la présence de ce que j’appelle avec tendresse “des merdes à collectionner et du bordel à ramasser”, mais ça ne se limite clairement pas à ça. Il y a des boutiques, des restaurants, des challenges, des quêtes, des choses cachées. En bref, tout ce qu’il faut pour rendre un monde vivant et intéressant.

Promis, on en reparlera plus!

Néanmoins, le point fort c’est les quêtes secondaires parfois complètement absurdes, ainsi que les mini-jeux présents un peu partout. Fléchettes, arcades, mah-jong, etc. Je ne veux pas trop en révéler parce que c’est vraiment cool de tomber sur une activité totalement barrée au détour d’une ruelle. Vous pourrez même devenir chef d’entreprise et gérer votre affaire. J’ai d’ailleurs passé beaucoup trop d’heures à faire grandir ma PME pour engranger plein de thunes et d’autres avantages (NdFounet: Ah, les joies du patronat <3 ).

En effet, Yakuza possède un ton qui oscille en permanence entre le dramatique et le comique. C’est très paradoxal, mais ça fonctionne. L’histoire est sérieuse, mais certaines situations sont tellement absurdes que vous allez bien rigoler.

Comme dans la vraie vie avec Semper Ludo, les actionnaires m’adorent!

Destroy Everything

Like A Dragon fait office de spin-off dans la franchise, autant scénaristiquement que par son gameplay. Il y a un héros, des compagnons, du combat au tour par tour, de l’équipement qui modifie vos statistiques, des mini-jeux… Pas de méprise possible: Yakuza est un JRPG dans le plus pur sens du terme! C’est un virage à 180 degrés pour une saga qui se concentrait sur des jeux d’action avec combats en temps réel, mais ça fonctionne.

Cet opus propose donc des batailles au tour par tour. Vous y retrouverez tous les classiques du genre comme la magie, les attaques élémentaires et leurs résistances / faiblesses, les altérations d’état, l’utilisation d’objets, j’en passe et des meilleures. Vous pouvez mettre le combat en mode automatique et laisser votre équipe gérer la confrontation. Cependant, chaque attaque peut être rendue plus dévastatrice à l’aide d’un petit Quick Time Event qui demandera votre participation.

Yakuza: Like a Dragon

Pressez sur rond au bon moment pour parer les attaques ennemies.

Les « donjons » peuvent être assez longs et sans possibilité de sauvegarde. Ce mode automatique est donc le bienvenu, si vous n’avez pas peur que l’IA gaspille vos objets pour se soigner.

D’après moi, le principal attrait de la baston est esthétique. C’est joli, rempli d’effets visuels, mais surtout très varié. Il y a tellement d’ennemis différents avec leurs propres attaques (sans compter les vôtres). Certains adversaires laissent perplexe, mais c’est toujours drôle. Vous avez accès à un bestiaire via votre smartphone, et le jeu vous pousse à collectionner les ennemis comme des pokémon.

Yakuza: Like a Dragon

Snake serait fier.

En plus des combats imposés par l’histoire, vous rencontrerez plein de chic types en ville. À croire que le Japon est rempli à ras bord de sales voyous qui traînent en bande.

J’ai omis de mentionner que Ichiban est un fan absolu de Dragon’s Quest, et il se croit dans un jeu vidéo. Du coup, toutes ces choses spécifiques aux jeux vidéo sont justifiées. Très très malin, en plus d’être hilarant par moments.

You’re My Best Friend

Pour l’aspect purement jeu de rôle, le jeu dispose d’un système de professions que vous pouvez choisir à l’agence pour temporaires. Chaque job possède certains minima en ce qui concerne vos différents traits de caractère (style, passion, gentillesse, etc.). Il faudra être parfois patient avant de changer. L’aptitude de vos coéquipiers à opter pour un autre plan de carrière dépendra de leur affinité avec vous. Il est donc nécessaire de régulièrement discuter avec eux lorsque vous en avez l’occasion, afin de renforcer votre relation.

Chaque profession confère différentes aptitudes en combat et vous permet d’utiliser différentes armes. Il faut voir ça comme une classe, et à vous de créer une équipe équilibrée.

Yakuza: Like a Dragon

Tremblez, humains!

Beauty In Tragedy

Yakuza n’est pas le jeu le plus beau que j’ai vu (attention ce n’est pas moche non plus), cependant il est optimisé pour une PS4 basique. Certes, la distance d’affichage de certains éléments du décor n’est pas toujours géniale. Les PNJ et les voitures apparaissent d’un coup au loin, et certaines textures mettent un peu de temps à charger. Mais au moins, ce n’est pas ignoble et ça tourne correctement. Toute comparaison avec un certain punk cybernétique ne serait que fortuite.

Mention spéciale pour la bande-son et ses musiques entêtantes, que je peux facilement vous chantonner alors que j’écris ces lignes.

Yakuza: Like a Dragon

Ma grand-mère?

Money

Le seul vrai défaut de ce petit bijou de japaniaiseries, c’est qu’il est bourré à ras bord de DLC. L’édition de base n’est pas aussi chère qu’un jeu triple A habituel (quoique), et offre des centaines d’heures de gameplay. Mais quand même. Surtout quand le jeu propose, en plus des cosmétiques, l’équivalent de packs d’XP pour avancer plus vite. Alors, chacun son avis sur la question, moi j’enlève un point. Ça commence comme ça, et après on finit avec des jeux qui ont une durée de vie artificielle pour pousser à sortir la carte bleue. Question de principe. Toutefois, c’est un défaut mineur qui n’entache pas le plaisir de jeu, mais vous serez prévenus.

Yakuza: Like a Dragon

Pour me battre, j’utilise le micro de maman!

Conclusion

En m’intéressant à ce jeu, je voulais apporter le point de vue de quelqu’un qui ne connaît pas la franchise Yakuza. Bonne nouvelle: ce n’est clairement pas un problème. Le jeu référence probablement d’autres titres de la série sous forme d’easter eggs, mais à aucun moment je ne me suis senti largué. Pour ne rien gâcher, Like A Dragon est un excellent JRPG, et je n’ai pu m’empêcher de penser tout du long: “Ce jeu est ce que Shenmue voudrait être”.

Concluons sur le fait que Like A Dragon mérite toute votre attention, que vous soyez un vétéran des jeux de rôle japonais ou un novice. Il fait concurrence à FFVII Remastered sans rougir. Les jeux qui se dispersent trop sont généralement de piètre qualité, mais pas Yakuza. C’est un immense tour de force d’avoir réussi à mettre autant de jeux différents dans un même titre.

9 Otaku sur 10.

Testé sur une PS4 poussiéreuse de 2015, également disponible sur PS5, Xbox One, Xbox Series, PC.

Yakuza: Like a Dragon

Author: Marsouin

Un homme, une œuvre, une légende ! Ainsi se résume Marsouin, de son vrai nom Marcel Soupape. Il fit ses premiers pas vers la gloire avec la console NES, grâce à son mentor et modèle, son frère. Et tout de suite, c’est le tourbillon et l’enchaînement, notamment, de la Super NES, la N64, la Dreamcast (pas son meilleurs passage), Playstation, Xbox et enfin Xbox 360. Malgré une légère décadence dans son parcours, compensé notamment par sa liaison constante avec un PC, ce n’est rien comparé à la traversée du désert qui suivi. Ni les consoles, ni les PC ne furent d’intérêt pour lui, mais seulement les femmes, l’alcool, la drogue (Les Tuc) et le Djent. Un classique, mais l’histoire finit bien. Car soudain, c’est la rédemption! Contacté par Rael directement, il redécouvre son potentiel via un bol d’urine tous les matins et s’achète une PS4. Depuis le succès est à nouveau au rendez-vous, comme une annonce d’apocalypse.

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