Trip à la neuchâteloise [Went.ai]

Et si la compétition la plus importante de cette fin de semaine c’était le tournoi LITHA sur Went.ai, le jeu de stratégie prometteur de nos concitoyens neuchâtelois d’Abalance? (Bon en vrai, j’attends plus le quart de finale de notre Nati contre l’Espagne hein. Mais disons juste après, ok?).

Mais Went.ai, c’est quoi? « Il s’agit d’un nouveau jeu de stratégie abstraite appartenant à la même famille que les échecs et le jeu de Go. Pour les échecs, on met en mouvement des pièces; pour le Go on pose des pierres; pour Went.ai, on pose des mouvements. » C’est pas de moi, mais j’aurais pas réussi à mieux le décrire. Pour le détail, je vous recommande d’aller vous inscrire sur le jeu. Le tutoriel, court mais fort complet, parlera de lui-même.

Mais revenons à notre sujet. À l’occasion de cet évènement caritatif, dont les bénéfices seront intégralement reversés à une association qui oeuvre en Inde pour les victimes du Covid, j’ai eu l’opportunité de m’entretenir avec Lucien, le concepteur de Went.ai. Voici donc ce qu’il avait à nous dire.

Zyvon: Salut Lucien. Alors c’est quoi ce tournoi LITHA ?

Lucien: Salut, alors il s’agit d’un tournoi caritatif de Went.ai, notre jeu encore en beta stable, ayant lieu le 3 juillet  pour soutenir Khalsa Aid To Raise Funds For Covid Relief. C’est aussi l’occasion de remobiliser les utilisateurs après une période Covid qui a été difficile pour tout le monde.

Le fameux tournoi

Le fameux tournoi

Zyvon: Personnellement, ça me fait plaisir de parler d’un jeu vidéo développé à Neuchâtel. D’ailleurs à ce propos, avez-vous reçu un soutien spécifique en matière de jeux vidéo de la part du canton, comme il en existe un dans le canton de Vaud?

Lucien : Non, pas de soutien spécifique en matière de jeux vidéo, mais néanmoins l’aide d’un fonds pour les start-up appelé fond innovation. L’intérêt du canton était surtout basé sur les potentialités de l’e-sport, mais avant tout du développement de l’intelligence artificielle. Cette dernière est actuellement en travaux et en développement avancée. Elle fait partie intégrante des plans de développement de Went.ai. Elle est bien entendu basée sur le Deep learning et donc le futur objectif est d’offrir aux joueurs la possibilité de personnaliser leur intelligence artificielle comme un coéquipier. Le but n’est pas forcément d’avoir, au final, l’intelligence artificielle la plus performante intrinsèquement, mais la plus adaptée et la plus personnalisée à jouer avec chacun.

Zyvon : Intelligence artificielle en co-op finalement?

Lucien : Oui exactement ça va dans le sens de la personnalisation de son intelligence artificielle. On ne le constate d’ailleurs pas actuellement, mais notre jeu est conçu pour être un deux contre deux, même si pour le moment on ne peut y jouer qu’en un contre un. On pourra donc jouer soit avec un coéquipier humain, soit avec une IA personnalisée.

Zyvon : Autre question, comment en arrive-t-on à développer des jeux vidéo?

Lucien : Alors personnellement je suis un grand joueur de jeu de stratégie sous toutes formes possibles. Je suis aussi également un artiste. Et de mon point de vue, on a conçu le jeu comme un gameplay qui proposait quelque chose d’émergent. L’idée de mélanger deep learning, stratégie pure et développement de sa propre intelligence artificielle stratégique, c’est pour moi une sorte de forme d’art.

Epuré, coloré, précis.

Epuré, coloré, précis.

Zyvon : Et pourquoi avez-vous développé Went.ai? La thune? Les groupies?

Lucien : Haha… Comme déjà dit, pour une question de mélange entre l’amour des jeux de stratégie et une espèce de vision d’artiste. Le but c’est que cela soit ludique. Que ça permette l’apprentissage sous toutes ses formes et finalement l’objectif c’est aussi de pouvoir rentrer dans nos frais, voire vivre de ça. Cependant, il est bien clair que ce style de jeu ne conviendra pas forcément à la majorité du marché du jeu vidéo. Mais ce dernier étant tellement énorme et en pleine expension que nous n’avons pas besoin de parier sur l’entièreté du monde des joueurs pour trouver un public.

Zyvon : En effet, votre jeu de par sa vision artistique et son type de gameplay est un jeu assez particulier. On est loin d’un Candy Crush ou d’un Fortnite. C’est l’objectif ?

Lucien : Oui, il existe plusieurs sortes de jeux. Les deux que tu cites sont ce qu’on pourrait appeler du fast food gaming. Sans critiquer cette manière de faire du jeu vidéo, ce n’est pas notre approche. L’apprentissage et la créativité sont deux thèmes que nous mettons au centre de notre jeu (et des futurs jeux que nous développerons sur ce modèle). De ce fait, notre jeu est foncièrement différent des jeux dont tu as parlé précédemment.

Zyvon : Développer en Suisse, avantage ou inconvénient?

Lucien : Alors il y a des pour et des contres. Premièrement, en Suisse il faut avouer qu’il y a beaucoup d’argent. Les possibilités de se faire financer ou de recevoir des aides sont donc en conséquence assez nombreuses. Même si les investisseurs sont très exigeants. Deuxièmement, la Suisse compte peu de studios de développement de jeux vidéo, la concurrence n’est donc pas très rude. Troisièmement, la Suisse est considérée comme un pays d’innovation et de qualité, c’est une réputation positive, ça pourrait être franchement pire. Revers de la médaille, la Suisse n’étant pas un pays de jeu vidéo, à quelques exceptions, il faut parfois mettre le pied dans la porte pour être pris au sérieux. En gros, elle a les avantages de ses inconvénients et vice-versa.

Ca bosse dur chez Abalance (featuring Lucien en veste de costard)

Ça bosse dur chez Abalance (featuring Lucien en veste de costard)

Zyvon : Les relatifs succès de jeux suisses comme Transport Fever ou encore Mundaun sont-ils positifs pour une boîte suisse de développement de jeux vidéo?

Lucien : C’est clair! Plus on parle du jeu vidéo suisse, plus on parle de sa qualité, de son sérieux, plus c’est bon pour la réputation du milieu suisse. Nous sommes bien entendu extrêmement heureux quand les jeux vidéo suisses cartonnent. Vive le jeu vidéo suisse.

Zyvon : Merci Lucien pour tes réponses. Est-ce que tu veux encore ajouter quelque chose ?

Lucien : Merci à toi. C’est toujours un plaisir de parler de Went.ai. Si je dois ajouter quelque chose c’est : venez sur notre Discord, vous aurez toutes les informations sur le développement du jeu, sur les différents tournois, sur le futur et bien entendu la possibilité d’interagir avec nous. On espère vous voir le plus nombreux possible le 3 juillet pour le tournoi LITHA. Un cash price sympa en soutien de manière caritative à la crise du coronavirus en Inde. À la prochaine et merci.

Author: Zyvon

Élevé à la dure par des parents aux penchants amish, hermétiques à la technologie, l’accès aux jeux vidéo n’a pas été facile pour Zyvon. C’est en utilisant l’argent de sa bar-mitzvah, reçu lors de sa première communion, qu’il s’acheta lui-même un ticket pour les mondes diaboliques de la perversion sous la forme d’une Megadrive. #TeamSonic. Malheureusement, il vécu la crucifixion du hérisson bleu comme une trahison et renonça à jamais aux consoles, pour rejoindre les rangs bénis et accueillant de la glorieuse “PC Master Race”, en jurant qu’on ne l’y reprendrait plus. Son éducation sévère mais néanmoins rustique, lui a donné le gout des choses bien faites et faites jusqu’au bout. Zyvon est dur mais juste mais dur.

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