Trois petits jeux et puis s’en vont [ Bugsnax ; Narita Boy ; Manifold Garden ]

Derrière ce titre quelque peu moyen se cache l’intention d’un triptyque de tests. Un enchaînement rapide, mais néanmoins, je l’espère, plaisant et informatif de mon avis sur trois petits jeux, pas chers, auxquels j’ai joué ces derniers mois. De la plaisante horreur de Bugsnax aux dédales Escheriens de Manifold Garden en passant par le monde merveilleusement pixelisé de Narita Boy. Voici donc quelques pistes pour égayer votre été semi-post-Covid-mais-pas-vraiment et avoir une bonne excuse pour ne pas sortir vous frotter aux derniers variants à la mode.

Bugsnax Narita Boy Manifold Garden

Bugsnax 2

Chez nous, c’est le goût [Bugsnax]

À cheval entre un jeu pour enfant et un film d’horreur, flottant sur une métaphore de l’addiction, ou juste de la consommation en général : Bugsnax est un ovni. Un bel ovni, un ovni dérangeant et attachant. Allons donc faire un tour ensemble sur l’île de la folie bariolée.

Dans Bugsnax, vous jouez un reporter venant enquêter sur Sharktooth Island et la frénésie étrange de ses habitants pour une nourriture apparemment très addictive, et vivante, mi-créature mi-snack: les « Bugsnax ». Oui, c’est très bizarre. D’autant plus que lorsque l’on donne à manger un Bugsnax à un personnage, celui-ci transforme son corps. Sa main devient un bout de kebab après avoir dégusté un shishkebab. Une sorte de bestiole mi-kebab mi-fourmi. Ou encore son oreille devient un bretzel. Eh oui. Vraiment.

 

Bugsnax1

Ce pauvre Grumpus sera le premier sur lequel vous pourrez faire des tests de Bugsnax. C’est lui qui le demande, remarquez.

 

On est donc débarqué sur cette île pour enquêter sur la disparition de Lizbert, une aventurière hors pair, sorte d’Indiana Jones de l’île aux snacks. Au cours de notre enquête, le jeu se composera principalement de deux centres d’intérêt : la chasse aux Bugsnax et la construction des relations avec les personnages (les Grumpus).

Pour ce qui est de la chasse, il faut imaginer quelque chose d’assez basique, mais sympa, comme de petits puzzles à résoudre pour chaque Bugsnax. Telle bestiole aime le ketchup alors vous en utiliserez pour l’attirer dans un piège, etc. C’est sympa, sans plus, mais ça détend et je me surpris à trouver cela marrant. D’autant que les Bugsnax en question sont assez drôles en général. La cerise sur le gâteau c’est d’aller ensuite utiliser nos proies comme cadeaux pour les personnages de l’île et d’assister à leurs transformations incongrues.

 

Bugsnax

Cette image peut laisser perplexe, c’est normal. Le monde de Bugsnax est déroutant.

 

Ce qui nous amène au point fort de Bugsnax: ses personnages hauts en couleur et terriblement attachants. Car s’il y a bien une chose à laquelle je ne m’attendais pas en me lançant dans ce jeu, c’est d’y trouver une histoire et des personnages d’une telle qualité. Sans déconner, les personnages de Bugsnax sont dans mon top cinq de cette année. On se prend au jeu d’aller rechercher chacun des membres du village, de les rabibocher entre eux, de leur refiler des Bugsnax pour leur transformer le pif en tomate ou une oreille en steak.

 

Bugsnax 3

L’ambiance à Snaxburg ne débute pas au beau fixe et ce sera à vous de réconcilier ce petit monde.

 

Et l’histoire mes amis! Là aussi, deuxième effet Bugsnax auquel je ne m’attendais pas du tout. L’histoire tournant autour de l’île, des Bugsnax, de la disparition mystérieuse de Lizbert, est juste excellente. Je n’en dirai pas plus, car la conclusion du jeu est essentielle pour apprécier la valeur de l’ensemble et ce n’est pas possible de bien en parler sans gâcher la surprise. Disons juste que cela vaut vraiment la peine de finir le jeu.

Bugsnax, contre absolument toute attente, c’est donc une de mes très bonnes surprises de l’année. Alors qu’initialement je n’ai lancé ce jeu que parce qu’il me fallait un break, et du calme. Après avoir abimé mon rythme cardiaque en faisant le PGM sur Returnal. Et là, je me suis retrouvé face à une petite perle bien cachée derrière ses airs loufoques et enfantins. Brefs, foncez sur Sharktooth Island, vous n’en sortirez pas indemnes !

Note : 9  Shishkabug sur 10

Testé sur PS5, également disponible sur PS4, PC et Mac.

 


 

Narita Boy Header

Néons et Rock’n’roll [Narita Boy]

Bienvenue au paradis du synthwave et du pixel art! Par contre si vous cherchez un jeu de plateforme précis ou encore un jeu de combat aux mécaniques millimétrées et huilées, passez votre chemin malheureux-se! Pour faire bref, Narita Boy est une réussite artistique dotée d’un gameplay passable, voire mauvais par moments.

 

Narita Boy 1

En tout cas, on ne risque pas de le louper, le Techno Sword.

 

Car si Narita Boy est très réussi graphiquement avec son pixel art somptueux et ses animations plus que fluides, le jeu lui-même ne casse pas des pixels. Les combats sont imprécis et répétitifs, les différentes attaques pas très bien équilibrées entre elles, les séquences en « véhicules » désagréables et inutiles pour la plupart…

Et dans le fond, le déroulement du jeu est très linéaire et inintéressant. En gros, cela consiste à faire tout le temps la même chose dans des décors différents. Aller chercher une clef pour ouvrir une salle. Récupérer une nouvelle clef. Battre quelques ennemis. Trouver une nouvelle clef, etc. Bof bof.

 

Lord VHS

Comme le premier boss, Lord VHS, en atteste, Narita Boy n’y va pas avec le dos de la cuillère côté nostalgie.

 

L’histoire est aussi réussie que l’ambiance du monde délirant dans lequel on évolue. J’ai eu envie d’en découvrir plus, mais pas vraiment au travers du gameplay proposé. Au final, je me suis retrouvé à imaginer ce qu’aurait pu être le jeu en version Point & Click sans ces phases de plateforme et d’action qui m’ont semblé n’être qu’une excuse pour exprimer l’excellente vision artistique du monde de Narita Boy.

 

Narita 3

Toi aussi tu as toujours rêvé de te transformer en cerf pixelisé ? Tu pourras enfin le faire dans une séquence inutile de trois minutes dans Narita Boy.

 

Narita 4

La patte graphique du jeu est superbe. Dommage que son univers ne soit pas plus exploré.

 

Au final, j’ai apprécié la découverte de Narita Boy, mais pas forcément d’y avoir joué. Certes, je me souviendrai de son univers et de son histoire, mais pas de son gameplay. Enfin si, je vais m’en rappeler, mais pas pour les bonnes raisons. En bref, pour une quinzaine de francs je le conseillerais tout de même à tout féru de pixel art, de synthwave et/ou des années 80. Les autres, passez votre chemin. Bugsnax Narita Boy Manifold Garden

Note : 7 pixels sur 10 (10 pour la réalisation artistique, 4 pour le gameplay)

Testé sur PS5, disponible sur toutes les plateformes possibles à part ton natel, ton grille-pain et Stadia.

 


 

Manifold 1 Bugsnax Narita Boy Manifold Garden

Gameplay, Escher, Art [Manifold Garden]

Dur dur d’expliquer ce jeu sans passer par le visuel. Donc voici déjà quelques images pour vous mettre dans l’ambiance.

 

Manifold 2 Bugsnax Narita Boy Manifold Garden

Manifold 3 Bugsnax Narita Boy Manifold Garden

 

Voilà, maintenant vous y êtes, tombé-e dans un tableau de Escher (Maurits Cornelius, pas Stéphane) et vous vous demandez ce que vous faites là. Eh bien, vous résolvez des puzzles en trois dimensions grace à un gameplay tout aussi minimaliste que les visuels ou la bande sonore.

Vous vous déplacez et grâce à la touche R2, vous changez la source de gravité. Genre je vise le mur là en face de moi. Je presse R2 et boum, le monde se renverse et je tombe vers ce mur. Sinon vous pouvez aussi porter des cubes de couleur avec le bouton X. Voilà, on a fait le tour des commandes principales qui permettent de résoudre la succession d’Escape Rooms de Manifold Garden.

 

Manifold 4 Bugsnax Narita Boy Manifold Garden

Le jeu est une véritable expérience artistique au niveau visuel.

 

S’il fallait décrire l’expérience de Manifold Garden, ce serait une très agréable prise de tête dans un univers qui calme tout autant que Jean-Marie Bigard en ASMR. Ok, c’est probablement un mauvais exemple. Mais c’est très relaxant, beau, fluide, agréable et on en redemande.

 

Manifold 5 Bugsnax Narita Boy Manifold Garden

Les puzzles donneront du fil à retordre à vos capacités de représentations en trois dimensions.

 

Les puzzles eux-mêmes sont très bien conçus, vous poussant à la réflexion sans forcément qu’il soit nécessaire d’avoir un doctorat en gravité-escherienne ou en espace non euclidiens pour s’en sortir.  Et il faut l’admettre, il y a quelque chose de quasi mystique à résoudre ces puzzles. Surtout dans ces décors qui vous défient le système visuel sur un fond sonore très discret, mais efficace.

 

Manifold 6 Bugsnax Narita Boy Manifold Garden

Il ne faut pas avoir le vertige (mais on ne peut pas mourir).

 

Bien qu’il n’y ait pas à proprement parler d’histoire, le jeu incorpore tout de même une forme de narration minimaliste au travers des énigmes que l’on résout. C’est à mon avis tout à fait suffisant et s’intègre très bien dans ce jeu. Ou cette oeuvre d’art, c’est selon (d’ailleurs, nous parlons d’art et de jeux vidéo dans le podcast numéro 6!)

Un bien beau petit jeu, original, bien conçu, pas cher, envoyé en 4-5 heures, avec une touche artistique très agréable et novatrice! Bugsnax Narita Boy Manifold Garden

 Note : 9 Maurits Cornelius sur 10

Testé sur PS5, et aussi disponible sur Switch, Ps4, Xbox One et Series, iOS, PC et Mac.

 

Author: Teiki

Recrue la plus prolifique du mercato du marché suisse romand du jeu de mots à 5 syllabes, Teiki (El Matador pour les intimes) est LE nouveau ancien rédacteur de Semper Ludo. Il gravit vite les échelons et grâce à quelques coups de langue bien placé, le voilà déjà en train de remplacer Founet à l’animation de Podcast. Son talent de marchandage s’est créé tôt dans sa jeunesse où il devint un pilier de l’échange d’objet inutile dans Everquest. C’est certainement cet événement qui l’oblige inlassablement à jouer à des jeux avec du loot vert, bleu, violet et orange. Ancien champion de pétanque sans cochonnet, lors d’un accident de roulade, il dû se reconvertir à la randonnée avec les pieds. Son corps est un temple où seules les personnes qui ont enlevé leurs chaussures peuvent entrer.

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4 Comments

  1. Ah tu vois à titre perso j’ai passé un super moment sur narita boy, et le gameplay m’a pas semblé si mauvais que ça.
    Certes c’est des fois imprécis mais tellement fluide et beau.

    Par contre manifold garden sur switch… le côté fps pour résoudre des casse tête… j’ai pas du dépassé la première heure de jeu.

    J’aurai inversé les notes du coup

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    • Ah cool, c’est intéressant, merci du com!

      Pour Manifold Garden, même si j’ai adoré, je me demandais justement en y jouant si d’autres personnes trouveraient ça indigeste, c’est tellement particulier.

      Et c’est possible aussi que j’ai un avis un peu élitiste sur le gameplay de certains jeux d’action ;P

      En tout cas, cela ne m’étonnes pas du tout que ces jeux puissent diviser, d’ailleurs on parle indirectement de cela dans notre podcast n°6 qui arrive bientôt 🙂

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      • Ah cool pour le podcast j’irai écouter à l’occaz

        Et oui, je pense qu’on est tous différents.
        Mais j’avoue avoir un sérieux problème avec les FPS de manière général.
        Ça doit dater de lepoque de la ps1.
        On a tous nos genre favoris et des choses qui nous rebute.

        Mais je note aussi bugsnax, qui m’a rebuter pour son look, mais qui peut être plaisant à faire.

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        • Ah oui alors c’est sûr que perso c’est plutôt mon truc les FPS.. mais c’est intéressant, je n’avais même pas fait le rapprochement entre l’habitude des FPS et et le fait de résoudre des puzzles en vue première personne dans Manifold Garden.
          Merci pour ces commentaires en tout cas, c’est chouette d’avoir un retour et d’autres avis!

          Et si je peux faire découvrir le délire de Bugsnax à au moins une personne, je suis content de moi 😉

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