La philosophie Sam suffit [Serious Sam 4]

Sam, notre protagoniste, c’est un peu l’antihéros cliché sorti tout droit des années 90. Armé de répliques qui tuent et de gros flingues qui font la même chose, Sam veut repousser les méchants extra-terrestres qui ont envahi la Terre. Sam, c’est un peu le rêve américain, c’est un peu l’archétype de la star des films d’action, c’est un peu… Duke Nukem?!

En tant que néophyte de la saga Serious Sam, c’est en effet la conclusion à laquelle je suis arrivé après seulement quelques heures de jeu. Copie, inspiration, hommage? Peu importe, l’humour et le gameplay du Duke sont légèrement dépassés (de juste 20 ans).

Serious Sam 4 ne fait pas toujours mouche avec son humour bas de plafonds (loin de là), mais il me décroche quand même, parfois, quelques sourires, voire de francs éclats de rire. Car Sam n’est pas seul, toute une équipe de bras cassés l’accompagne. Certains sont attachants, d’autres sont des têtes à claques. De toute manière, une bonne partie va mourir dans l’indifférence générale.

Même que des fois, ils se rendent vaguement utiles en combat!

Moi voir, moi tirer

Serious Sam 4 propose un gameplay tout ce qu’il y a de plus basique, dans d’immenses arènes, avec des vagues d’ennemis qui vous chargent. Visez, tirez, reculez. C’est la recette de la franchise, à ce qu’on m’a dit. Au moins, le tir est agréable, et la puissance des armes se fait sentir. De temps à autre, une section offre de prendre les commandes d’un véhicule. Là, on rigole déjà plus.

L’inquisition n’a jamais été aussi fun!

Le jeu essaye bien de fournir un arbre de compétences pour pallier la pauvreté du gameplay. Cependant, à part tourner en rond et reculer en tirant, votre panel d’options s’avère extrêmement pauvre. On est malheureusement très loin du rythme à 200km/h de Doom Eternal.

 

Même jouer joue encore

L’histoire est également des plus simples: des méchants extra-terrestres débarquent, il faut sauver la Terre. Vu que c’est un FPS, je ne vais pas lui en vouloir de ne pas avoir un scénario de la profondeur d’un Titanfall 2 (ne rigolez pas, je suis sérieux).

Les environnements sont gigantesques (mais vides)!

Bon alors, ça ne semble pas casser trois pattes à un canard mutant. Cependant, le jeu propose un système de notation de vos performances assez poussé à la fin de chaque mission. De plus, bien que le jeu soit sorti en fin 2020, le workshop a été ouvert récemment aux mods. “Mais quel rapport?” me chuchoterez-vous au creux de l’oreille de votre voix suave. “La qualité est ailleurs”, vous répondrai-je avec ma plus belle imitation de Fox Mulder. En effet, la force de Serious Sam 4 réside principalement dans son approche très arcade du genre, et son ouverture aux mods depuis le premier jeu. Personnellement, le gameplay ne me convient qu’à moitié, mais on ne fait pas quatre jeux en quinze ans si personne n’y joue (je crois).

Et les mods, en plus de proposer de petites améliorations qui facilitent la vie, peuvent entièrement transformer le jeu. Voilà pourquoi maintenant quand on me demande si j’ai joué à Serious Sam 4, je réponds “Le jeu de kart? Oui, bizarre, mais sympatoche!”

S’il vous plaît, Nintendo, ne nous envoyez pas vos avocats!

Du méchant au kilo

Pour en revenir au jeu de base, le bestiaire est sympa sans être extrêmement original. Les mecs qui te courent dessus en criant sans interruption sont ultra stressants, le reste est assez générique si vous avez déjà joué à des FPS. Deux types d’ennemis sont disponibles: celui qui te fonce dessus, et celui qui te tire dessus. J’exagère un peu, mais généralement un immense troupeau vous charge pendant que les sentinelles à l’arrière vous dégomment! Pas d’encerclement, pas de couverture, rien. L’IA est inexistante à ce niveau-là.

Toutefois, le jeu vous balance très vite des centaines d’ennemis à la fois dans les dents. Ça se transforme rapidement en un gros bordel où vos armes de destruction massive deviennent indispensables. Une IA plus poussée rendrait sûrement le jeu moins nerveux, voire injouable.

Vous êtes mis dans le bain dès les premières minutes.

Ce qui soulève un autre problème de compatibilité avec des vagues d’ennemis massives: le level design. En plus d’être calqués sur la formule “couloir – arène – couloir”, les décors ne sont vraiment pas incroyables et se ressemblent beaucoup (surtout que vous repasserez aux mêmes endroits plusieurs fois à travers les chapitres). C’est comme si chaque niveau avait un thème (ruines, ville, forêt, etc.) et ils avaient juste collé un panel de cinq textures sur tout le niveau. Textures qui, soit dit en passant, ne sont franchement pas très belles. Tout comme les cinématiques avec leurs animations bancales.

Je vous présente le fermier français selon SS4.

Le jeu a aussi quelques problèmes avec les déclenchements de scripts. Plusieurs fois, je me suis retrouvé à tourner en rond ne sachant quoi faire, alors que c’est le jeu qui peinait à enchaîner avec la suite…

Il va nous falloir des armes, beaucoup d’armes!

Heureusement que votre arsenal rattrape un peu le tout en proposant des armes agréables à utiliser et relativement variées. Même si c’est surtout du côté des gadgets, plus rares et à usage unique, qu’il faudra se tourner pour une bonne tranche de fun. Du trou noir à la mini bombe atomique, en passant par le gaz qui rend vos ennemis hostiles entre eux, il y a de quoi bien rigoler tout en faisant disparaître des centaines d’ennemis à la fois.

Les fans de Hentai, c’est un marché comme un autre, Monsieur!

Il vous faudra aussi affronter quelques boss que j’ai trouvés ma foi peu impressionnants. De taille massive certes, mais n’opposant que peu de résistance.

Il remplit une niche dans la catégorie des jeux de tir à la première personne: l’approche arcade. Alors que les concurrents sortent des jeux de plus en plus réalistes, SS4 continue son bonhomme de chemin en proposant un retour à l’essentiel que la communauté peut modder à tout va. Pourquoi pas.

Il faut surtout savoir choisir la bonne arme pour chaque ennemi.

Tout ça pour ça.

Passées les premières impressions, Serious Sam 4 peut se révéler plutôt fun. Malgré son IA inexistante et son level design qui sent le pâté, l’arsenal est assez fourni et le tir suffisamment satisfaisant pour que vous vous preniez au jeu.

Néanmoins, la qualité est trop inégale pour recevoir une note plus haute. Désolé mon petit Sam, j’ai pourtant appris à t’apprécier.

Why so serious together?

Le jeu propose du multijoueur: versus et coop. Malheureusement, je n’ai trouvé aucun serveur malgré plusieurs essais, et je n’ai pas d’amis pour tester la coop. Du coup, sachez que ça existe, voilà.

Semper Ludo, ou le professionnalisme depuis 2012.

 

Note: 5 oncles un peu beauf sur 10

Testé sur PC. Également disponible sur Stadia.

 

Author: Marsouin

Un homme, une œuvre, une légende ! Ainsi se résume Marsouin, de son vrai nom Marcel Soupape. Il fit ses premiers pas vers la gloire avec la console NES, grâce à son mentor et modèle, son frère. Et tout de suite, c’est le tourbillon et l’enchaînement, notamment, de la Super NES, la N64, la Dreamcast (pas son meilleurs passage), Playstation, Xbox et enfin Xbox 360. Malgré une légère décadence dans son parcours, compensé notamment par sa liaison constante avec un PC, ce n’est rien comparé à la traversée du désert qui suivi. Ni les consoles, ni les PC ne furent d’intérêt pour lui, mais seulement les femmes, l’alcool, la drogue (Les Tuc) et le Djent. Un classique, mais l’histoire finit bien. Car soudain, c’est la rédemption! Contacté par Rael directement, il redécouvre son potentiel via un bol d’urine tous les matins et s’achète une PS4. Depuis le succès est à nouveau au rendez-vous, comme une annonce d’apocalypse.

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