Les démons sont éternels [ Doom Eternal, PC ]

Quatre ans que j’attends ça. Quatre ans que j’écoute en boucle la BO de Doom (2016) en me remémorant mes jours passés sur Mars à casser du démon allégrement. Quatre ans que j’attends une suite avec impatience. Le Graal est enfin là et il s’appelle Doom Eternal. J’ai, avec toute la clairvoyance qui m’anime, donné la note de 9 666/10 au premier volet de ce reboot aux petits oignons. Est-ce que la suite fera mieux ?

Le retour du Roi

L’histoire ? Ah oui, c’est vrai il y en a une. Je résume : méchante compagnie capitaliste, démons qui débarquent, tu vas tout massacrer. Guy Doom (de son petit nom francisé) s’est retiré dans une sorte de forteresse en orbite. Il revient nettoyer le paysage de toute présence démonique, mais cette fois c’est la Terre qui se fait envahir. Bon on n’est pas vraiment là pour l’histoire donc faut être souple aussi. Doom Eternal

Alors qu’est-ce qui change dans ce FPS? Beaucoup de petites améliorations à gauche à droite, mais le principe de base du combat reste le même avec les coups de tronçonneuse qui font jaillir de la munition et les « Glory Kills » qui redonnent de la vie. Le bestiaire est maintenant un peu plus varié, avec l’apparition de créatures tirées de Doom II, et le lance-flammes restitue de l’armure quand vous rôtissez du démon. Si vous faites deux glory kill, vous pouvez faire un coup de poing dévastateur. Les ennemis un peu plus costauds ont maintenant des points faibles qu’il vous faudra cibler pour augmenter vos chances de réussite. Le codex vous renseignera sur les différents monstres, et surtout quelles armes sont particulièrement efficaces contre eux. On a désormais accès à une grenade qui gèle tout sur place. Ce qui était nécessaire vu que tout le monde est devenu très mobile.

Quarantaine jour 34 : aujourd’hui je suis sorti faire des courses, le paysage a bien changé.

Le sport c’est la santé

Les armes aussi ont été modifiées : l’aspect visuel a pas mal changé, il y a quelques nouvelles fonctionnalités, mais c’est surtout la personnalisation et l’amélioration des différents mods (un tir secondaire modifiable à la volée) qui ont été encore plus développés. Notons que le fusil à canon scié possède maintenant un grappin qui vous projette vers votre cible. De quoi se déplacer encore plus vite et efficacement. Il y a également une nouvelle arme très utile, mais je n’en dis pas plus.

La grosse nouveauté c’est la « Ruée » qui permet de faire des bonds en avant (ou en arrière, voire même sur les côtés pour les plus fougueux). Ça et le fait que Guy est devenu trapéziste au Cirque du Soleil à ses heures perdues. Vous vous enroulez autour des barres qui dépassent tel une Lara Croft sous amphétamines et vous vous faites propulser assez loin. Ceci combiné au double saut maintenant disponible dès le début du jeu et à la Ruée, la progression et les combats deviennent très aériens. Ah je vous ai dit que Guy escalade dorénavant certaines parois ? Bon ben tout ce joyeux bordel ça donne des niveaux très verticaux, très ouverts, et avec pas mal de passages plate-forme.

Fallait pas piquer tout le PQ, après je m’énerve…!

Explorer pour survivre

Ce que je n’ai pas précisé, c’est que la munition part vachement plus vite qu’avant. Il faut donc être encore plus mobile, et plus polyvalent avec vos armes. Difficile de rester au lance-roquettes tout le jeu parce que c’est votre arme de prédilection. Le gameplay et le bestiaire vous forcent à varier les plaisirs de manière efficace si vous voulez pouvoir survivre.

Je vous parlais d’une forteresse en orbite qui sert d’asile à notre protagoniste. C’est maintenant votre hub entre chaque mission. Vous pourrez admirer votre arsenal, améliorer votre équipement grâce à ce que vous récupérez en mission, ou encore aller faire un saut à la prison pour vous entraîner sans risque. Mais surtout, vous pouvez revisiter les précédents niveaux en activant les cheats déjà retrouvés, ce qui met en pause votre progression. Pratique pour compléter l’exploration à 100 % et farmer des points d’upgrade pour vos armes si le combat devient trop dur.

Les fameux murs d’escalade qui sont maintenant un peu partout.

Insert coin

L’ajout de nouveaux ennemis et la refonte du déplacement forcent le joueur à s’adapter par rapport à Doom (2016) et être encore plus réactif. Mais vous pouvez maintenant trouver des vies supplémentaires dans les niveaux, comme à la bonne vieille époque. Vu que ces derniers sont divisés en arènes où vous devez buter des vagues de démons pour pouvoir progresser, ça permet de ne pas devoir recommencer au début quand vous mourez coincé dans un mur après 10 minutes de combat.

Sans surprise, Eternal flatte la rétine, et tout a été revu par rapport au précédent volet. Les ennemis, comme les armes, sont plus détaillés et leur look a été affiné. J’ai l’impression que les paysages sont aussi bien plus variés, en plus d’être chatoyants avec toutes ces couleurs, à l’opposé de ce à quoi on s’attendrait dans un jeu de cette trempe. Dommage que l’action soit souvent bien trop frénétique pour pouvoir prendre le temps d’admirer quoi que ce soit.

Pour rendre hommage à tout ce gore et cette violence, il fallait bien une BO à la hauteur du massacre. Et c’est Mick Gordon (Prey, Wolfenstein) qui s’y colle une fois de plus avec brio. Les amateurs de gros son devraient être comblés : cette BO défonce tout sur son passage. Tout comme l’ont fait les développeurs avec le gameplay, la bande-son reprend le meilleur de Doom et rajoute juste ce qu’il faut d’innovation pour susciter l’intérêt une deuxième fois. Cependant, histoire de rendre le tout encore plus épique, ce coquin de Mick s’est offert les services d’une chorale (Vois sur ton chemin…).

Démons et merveilles

Malheureusement, j’ai été assez déçu de ne pas retrouver les modes multijoueurs classiques comme les matchs à mort par équipe ou la capture de drapeau. Pour l’instant, seul un mode qui se joue à 2v1 est disponible. Deux joueurs endossent le rôle de démons alors que le troisième prend la place de Guy. Les démons sont moins mobiles, mais de sacrées machines de guerre avec lesquelles vous pouvez aussi faire apparaître des ennemis pour Guy. Bon ben c’est sympa, c’est innovateur, assez fun, mais ça manque de headshots au sniper pendant que vous vous faites propulser à travers le niveau comme à la bonne vieille époque des Quake et autres Unreal Tournament. Enfin oui, ça fonctionne quand vous jouez Guy, mais les joueurs adverses font défaut.

Les développeurs estiment être plus cohérents qu’avant dans leur démarche, en n’incluant pas un mode de jeu vieux comme le monde juste parce qu’il faut l’inclure, mais en gardant notre protagoniste face à des hordes de démons. Je salue la décision même si je n’adhère pas totalement. Moi qui avais apprécié le multi de Doom (2016), je suis un peu déçu. Heureusement, le solo est bourré jusqu’aux oreilles de contenu avec tout ce qu’il y a à ramasser et à améliorer. Même en faisant juste l’histoire sans trop de chichis, vous en aurez pour pas mal d’heures de jeu.

Doom Eternal PC

Un nouveau copain!

Sauver l’humanité certes, mais avec le meilleur score possible

Cette suite est donc bien à la hauteur des espérances, même s’il exhale un sentiment très différent du premier jeu quand on s’y frotte. Eternal est encore plus frénétique. Néanmoins avec son gameplay plus axé sur les différentes capacités de Guy à se remettre de l’armure, de la vie ou des munitions selon comment il pète du démon dégage un coté beaucoup plus arcade que son prédécesseur. Les vies en plus, l’exploration qui vous récompense entre autres avec des cheats, tout ça enlève l’immersion et le « réalisme » (à prendre avec 10^22 guillemets, mais je n’ai pas la place) de Doom (2016). Ce n’est pas un problème en soi, à voir les préférences de chacun.

Doom Eternal a amélioré son gameplay, chose qui paraissait impossible vu la qualité de son prédécesseur, et la campagne est maintenant encore plus fournie. D’ailleurs, les anciens jeux de la franchise sont planqués quelque part et jouables à l’intérieur d’Eternal… Pour moi, il n’y a vraiment que le multi qui pêche un peu. Même en innovant, il méritait plus de modes différents.

Note: 9 enfer et damnation sur 10

Doom Eternal PC

« Hey j’ai entendu que t’aimais les améliorations?! Alors j’ai mis des améliorations dans tes améliorations…! »

Également disponible sur PS4 et Xbox One.

 

Author: Marsouin

Un homme, une œuvre, une légende ! Ainsi se résume Marsouin, de son vrai nom Marcel Soupape. Il fit ses premiers pas vers la gloire avec la console NES, grâce à son mentor et modèle, son frère. Et tout de suite, c’est le tourbillon et l’enchaînement, notamment, de la Super NES, la N64, la Dreamcast (pas son meilleurs passage), Playstation, Xbox et enfin Xbox 360. Malgré une légère décadence dans son parcours, compensé notamment par sa liaison constante avec un PC, ce n’est rien comparé à la traversée du désert qui suivi. Ni les consoles, ni les PC ne furent d’intérêt pour lui, mais seulement les femmes, l’alcool, la drogue (Les Tuc) et le Djent. Un classique, mais l’histoire finit bien. Car soudain, c’est la rédemption! Contacté par Rael directement, il redécouvre son potentiel via un bol d’urine tous les matins et s’achète une PS4. Depuis le succès est à nouveau au rendez-vous, comme une annonce d’apocalypse.

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