Grand golf le gris [Mario Golf: Super Rush]

En tant que grand patron de la Semper Ludo World Company, le golf fait partie de mes activités récurrentes. Nous les chefs puissants aimons nous retrouver sur le green et taper quelques balles et houspiller les caddies (ou l’inverse). C’est un moment privilégié, loin du stress, de l’inquiétude du cours de la bourse et loin de ces stagiaires jamais contents qui râlent et menacent de porter plainte. Le golf c’est donc quelque chose de relaxant, mais de sérieux.

Et c’est à peu près tout l’inverse de Mario Golf: Super Rush. Même si le panel de coups à disposition est assez complet (dosage de force, effets de courbe, back spin, choix des clubs, etc.), le niveau de défis est assez limité. Ce n’est que pour m’extirper de certaines situations inconfortables que j’ai usé de ces artifices. Sinon, la plupart du temps, un coup tout droit à bonne puissance (indiquée par l’icône du drapeau sur la jauge) reste la technique la plus efficace.

Mario Golf Super Rush Switch dormir

Commencer le jeu par aller se coucher (véridique), c’est pas une attitude de patron winner, ça.

Harry Putter

Il existe deux modes de jeux: libre (seul ou à plusieurs) et aventure. Dans ce dernier, on y joue un « rookie », un débutant devant se faire une place au sein de la ligue. Quel affront, après toutes les heures que j’ai passées sur le green auparavant ! Quand je dirai ça à Donald. Progressivement, on débloque de nouvelles régions en gagnant une partie d’entrainement et une compétition standard pour chaque étape. On peut saluer que chaque nouvelle zone bénéficie d’une innovation en termes de gameplay, comme prendre en compte la hauteur, ou choisir dans quel ordre jouer les trous. Mais pas très évident quand on ne peut pas déplacer librement la caméra sur la carte.

 

Mario Golf Super Rush Switch joli coup

That what she said.

 

Au registre des améliorations, depuis les prédécesseurs, Mario Golf Toadstool Tour sur Gamecube (que j’avais bien aimé), ou World Tour sur 3DS (que j’avais aimé moyennement et dont j’avais même oublié l’existence), voici apparaître le « speed golf ». Il faut courir jusqu’à sa balle en un temps limité pour continuer à jouer. Durant cette action, il est possible de récolter des pièces et des coeurs pour charger une jauge de sprint. Celui-ci fonctionne un peu comme une étoile dans un Mario traditionnel, et permet de foncer allégrement sur les autres adversaires. En réalité, cela se limite à appuyer sur L régulièrement.

 

Mario Golf Super Rush Switch sprint

Course aux oeufs.

 

Cours parcours

Si Mario Golf: Super Rush noie le joueur sous une avalanche de termes du jargon du golf (ce qui risque fort de décourager les plus jeunes), la surcouche Nintendo se trouve être bien mince. J’aurais aimé plus de fantaisie. Par exemple, que les moments de course soient agrémentés d’options à la Mario Kart. Ici, l’IA est un peu à la ramasse et se laisse continuellement distancer. Ce principe de course se retrouve également dans le mode multijoueurs proposant un parcours où tout le monde joue en même temps. Le premier à atteindre trois trous gagne. Malheureusement, n’est pas Fall Guys qui veut. Et là où cet enrobage Nintendo aurait pu ajouter une bonne grosse dose de fun, on se contente de tirer ses balles le plus vite possible, en ignorant les adversaires.

 

Mario Golf Super Rush Switch clubs

On peut choisir les différents clubs que l’on embarque dans son sac (plus lourd implique moins rapide). Mais aucune statistique ne permet de comparer les effets de ceux-ci.

Golf GTI

J’avoue que je n’ai pas mené la campagne à bout. Mais j’ai déjà dû me forcer pour terminer la troisième zone. Mario Golf: Super Rush, n’est simplement pas très fun. De plus, il souffre du même problème que Super Smash Bros Ultimate: sa courbe d’apprentissage n’est pas vraiment compatible avec des nouveaux venus. Comprenez que si vous avez déjà aiguisé vos clubs de votre côté, la différence de compréhension du jeu sera bien trop grande pour permettre à des novices de vous rejoindre.

 

Mario Golf Super Rush Switch dialogues

On peut parler avec absolument tous les personnages, qui n’ont strictement rien d’intéressant à dire.

 

Je m’attendais à trouver un produit bien plus décalé que ça. Ce nouveau Mario Golf ne m’a donc pas du tout convaincu, notamment parce qu’il ne parvient pas à assumer pleinement l’un des deux aspects de son gameplay: simulation / excentricité. Si l’art des putts et des birdies vous attire, je vous recommande plus volontiers Golf It (PC) et ses parcours créés par la communauté. Pendant ce temps, je vais passer mes nerfs sur Vertigo qui ne rend pas ses textes à l’heure. Et peut-être fermer un département et licencier un groupe d’employés. Ça me fera certainement du bien, après tout ce grand air.

Note: 5 Tigre Bois sur 10

Disponible exclusivement sur Switch.

 

Author: Founet

A ne pas confondre avec le village vaudois, est à peine plus jeune qu’une Famicom. Vouant un culte à George, il découvrit son amour du jeu vidéo et de la techno allemande pendant les grandes années de Lucas Arts. De ses nombreuses heures passées à cliquer lui vient son humour absurde et sa cleptomanie. Frappé d’une mystérieuse malédiction, les machines semblent se rebeller lorsqu’il les manipule ou fait mine de les regarder. Founet ne roule jamais en-dessous de 88 miles à l’heure et rêve de maîtriser la télékinésie grâce à la Force. En attendant de passer maître Jedi, il joue à la Wii U. Accessoirement rédacteur en chef, quand il arrive à se faire entendre des autres, qui mettent le son trop fort, les farceurs.

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