Le credo des samouraïs [Ghost Of Tsushima]

Certains le décrivent comme Assasin’s Creed au Japon, et difficile de leur donner complètement tort tellement les similarités sont nombreuses. Cependant, la création des studios Sucker Punch est bien plus que ça. C’est le rêve mouillé de tous les weebs et les otakus, une lettre d’amour à la culture japonaise et aux Samurais.

Comme vous le savez (étant donné que vous lisez tous les articles de Semper Ludo avec avidité), on est pas forcément les plus rapides pour sortir nos tests. Comprenez-nous, c’est parce qu’on prend le temps de faire les choses bien et éviter de tomber dans la hype. Ah et aussi parce que Founet ne nous paye pas un centime, malgré une séquestration abusive. [NdFounet: je vous ai mis le chauffage. Arrêtez de vous plaindre maintenant.] Ghost of Tsushima

Ghost Of Tsushima PS4

Comme dans tout apprentissage fait correctement, on commence par la flûte…!

Il y en a probablement deux-trois parmi vous qui sont hyper calés, parlent japonais, connaissent toute l’Histoire du Japon, etc. Sachez-le tout de suite, ce n’est pas mon cas. Je suis familier via quelques animes, deux semaines de vacances sur place, et les jeux vidéo.

Cependant, je sais que Tsushima existe vraiment et fût, de par sa position géographique, l’un des premiers territoires japonais à se faire envahir.

Ghost Of Tsushima (que l’on va parfois appeler GOT, rien à voir avec la série) se déroule en 1274 et vous incarnez Jin (rien à voir avec l’alcool, suivez un peu). Un samouraï qui doit repousser les invasions mongoles (bon, vous avez compris le principe) de son île, et sauver son oncle au passage. Sans être forcément fidèle (il faut bien romancer la moindre), le jeu se place dans un contexte historique et ne propose (quasi) rien de surnaturel ou de fantastique. En 1274, il faut bien s’imaginer qu’à part des fermes, une bourgade et un château, il n’y avait pas grand-chose. Pourtant, Tsushima présente un monde ouvert immense. Bien que la carte propose beaucoup de nature et de grands espaces, ce n’est pas vide d’activités pour autant et le terrain de jeu regorge de choses à faire.

Ghost Of Tsushima PS4

Moi je dis on rase tout et on met un grand parking en béton avec quelques centres commerciaux!

Pour se déplacer, Jin court, saute, escalade, et fait du cheval. Le tout est extrêmement fluide et la jouabilité est vraiment plaisante. Une foule de détails améliore le confort de jeu : votre cheval qui réagit très fluidement à l’appel quelques soient les circonstances, ou encore court avec vous pour que vous le chevauchiez sans vous arrêter. L’escalade, qui se fait sans utiliser la touche pour le saut, juste en pointant son joystick dans la bonne direction. Ne pas devoir descendre de cheval pour ramasser des ressources… Certains trouveront ça fainéant, moi je trouve ça agréable. Petite astuce : les portes sont faites de papier. Pourquoi perdre son temps à les ouvrir ? Découpez-les et gagnez 1,5 seconde.

Ghost Of Tsushima PS4

Vous pouvez choisir un cheval entre neuf combinaisons possibles. Je n’ai donc pas pu appeler mon cheval Billy. -1 point.

La liste de choses à faire est typique d’un jeu open-world (comme on dit chez les jeunes). En vrac et dans le désordre : rencontres fortuites, avant-postes pleins de méchants, sanctuaires pour débloquer des charmes, sources chaudes pour développer sa barre de vie, trucs à ramasser, quêtes principales, quêtes secondaires/légendaires, j’en passe et des meilleurs. Tout ça vous donne, entre autres, des points de compétence à dépenser allégrement pour améliorer Jin. Vous pouvez aussi équiper des charmes sur votre arme qui vous fourniront un léger avantage. Les armures modifient vos statistiques et sont adaptées à différentes situations (combat à l’arc, phases de discrétion, etc.).

C’est malheureusement là que l’aspect RPG s’arrête. Le reste, c’est des cosmétiques. Vous pouvez en effet personnaliser l’apparence de votre arme, votre couvre-chef ou votre armure. Et il y a en beaucoup, si c’est votre truc. Généralement, je trouve quelque chose qui me plaît et ensuite je ne change plus. Au moins, il n’y a pas de microtransactions. Les objectifs secondaires présentent, évidemment, une certaine répétitivité. Mais heureusement, GOT propose pas mal de quêtes annexes assez intéressantes qui ne se limitent pas à faire le coursier.

Ghost Of Tsushima PS4

Mais on peut caresser les renards, +1 point.

 

Ghost Of Tsushima PS4

« Tu me balayes tout ça, je reviens dans quinze minutes ».

Pour ce qui est de l’histoire, je la trouve un peu accessoire. Non pas le récit principal soit inintéressant, mais il n’est pas des plus originaux. Pas comme les quêtes annexes, qui ont su faire preuve de pas mal de diversité et d’originalité pour garder de l’intérêt.

Donc on fait principalement deux choses dans Tsushima : explorer et combattre. Le combat propose parfois un réel challenge et se base sur quatre différentes postures à adopter selon le type d’ennemi en face. Heureusement, au fur et à mesure que vous avancerez dans l’arbre de compétences, vous débloquerez différentes techniques (dans certains cas accessibles uniquement avec une quête) qui rendent les confrontations plus intéressantes, mais aussi plus faciles. Tout évolue autour de la posture adoptée et de l’esquive, ce qui demande un bon timing. Il existe aussi un système de parade qui vous sera principalement utile lors des duels.

En effet, que serait un jeu de samouraïs sans quelques duels ? Généralement des mini-boss, souvent quand vous finissez de nettoyer un camp ennemi. Ces affrontements sont un peu plus durs et demandent une meilleure maitrise du système de combat.

Tsushima PS4

Soul Calibur : Japan Edition

Cependant, la mort n’est pas DU TOUT punitive. Je crois bien qu’il n’y a aucune conséquence, si ce n’est recommencer.

Qui dit camps ennemis, dit furtivité. GOT propose la formule classique du protagoniste qui devient invisible lorsqu’il s’accroupit dans des hautes herbes. On assassine joyeusement jusqu’à que tout le monde soit mort ou que vous vous fassiez repérer et passiez en mode bourrin. Le tout assisté d’une ouïe hors pair qui vous montre les ennemis à travers les murs. Une formule classique je vous dis !

Ghost Of Tsushima PS4

« T’as dit quoi sur ma mère? »

L’IA n’est pas franchement exceptionnelle. En normal, elle se sent parfois un peu aventureuse, mais en règle générale, elle vous laissera tabasser un type pendant que les autres attendent sagement leur tour. Les archers sont sympas et ils vous préviennent quand ils vont tirer, mais leur visée est par contre sans pitié, alors attention tout de même. Surtout que se ramasser une flèche étourdit Jin et vous pouvez vous faire enchaîner sans aucun moyen de vous défendre s’il y a beaucoup d’archers.

GOT ne propose pas la méthode répandue du compas en haut de l’écran pour se diriger. Vous avez une carte, et vous pouvez « suivre le vent » en utilisant le touchpad. On vous donne la direction lorsque vous la demandez, mais elle n’est pas affichée en permanence. Un détail qui peut paraître anodin, mais qui pour moi revêt une importance capitale et change toute la perception du jeu. Cette mécanique pousse à l’exploration. Vous vous perdrez en contournant une falaise et tomberez sur un objectif secondaire, une source d’eau chaude ou une quête.

Tsushima PS4

« Arthoooour!! Couillèèèère!!! »

Les graphismes sont à tomber par terre, puis se rouler en boule et pleurer parce que tu n’as pas de quoi te payer un billet d’avion pour le Japon. Et que ce n’est pas demain la veille que Founet t’enverra faire une interview de Nobuo Uematsu. Bon, je vais être honnête, j’ai le sentiment que ces dernières années tous les jeux m’impressionnent graphiquement et je m’émerveille facilement. Cependant, entre les particules, la lumière et la distance d’affichage, Sucker Punch a définitivement créé un monde de toute beauté. Même sur une PS4 standard. Parfois, le nombre de FPS en prend un coup, mais le jeu est plutôt bien optimisé et les temps de chargements sont minimes. Ghost of tsushima

Je n’ai pas rencontré trop de bugs si ce n’est parfois quelques soucis de collision et l’IA qui part aux fraises. Du genre l’ennemi qui arrête d’attaquer sans raison ou qui est trop bigleux pour vous repérer à deux mètres.

La direction artistique et la mise en scène (certains plans de caméra surtout) sont exceptionnelles. Le jeu dégage une certaine poésie, une sérénité (surtout qu’on y demande des trucs comme suivre le vent, écouter son cœur, suivre des renards et des oiseaux…). Plus que l’amour du Japon, on sent l’amour du cinéma japonais, principalement les films de samouraïs de Akira Kurosawa. Tsushima propose d’ailleurs un filtre noir et blanc qui porte son nom et qui réplique assez fidèlement l’image et le son typique de ses films.

Ghost Of Tsushima PS4

Regarde Dennis, comment c’est beau!

J’ai fait le jeu en japonais sous-titré pour plus d’immersion. Et j’ai particulièrement apprécié que le fait que le gros méchant parle japonais soit intégré dans l’histoire et expliqué. Les soldats ennemis, eux, parlent mongol. Concrètement, ça ne change rien au gameplay, mais l’effort est salué.

La bande-son est discrète, pourtant elle sublime complètement la superbe île de Tsushima. Le sound-design fait son taf, et mention spéciale pour les bruits de sabre qui rendent les coups encore plus satisfaisants quand vous connectez votre lame avec l’ennemi.

Ghost Of Tsushima va rapidement se doter déjà d’un DLC appelé Legend, annoncé pour l’automne 2020. Il proposera un mode co-op, vraisemblablement jusqu’à 4 joueurs, et sera gratuit (Yatta!).

Tsushima PS4

Heureusement, l’escalade représente une portion infime du gameplay, pas comme dans d’autres exclusivités Sony dont on taira le nom (Uncharted).

Sucker Punch Studios livre un open-world solide qui, bien qu’il n’innove pas beaucoup, fait tout très bien. Ajoutez à ça une atmosphère sans pareille, et vous avez de nouveau une exclusivité Sony qui justifierait presque à elle seule l’achat d’une console.

Si vous aimez le Japon, mais que vous faire latter sans pitié par des créatures fantastiques dans Nioh ou Sekiro ne vous fait pas plus envie que ça, alors Ghost Of Tsushima est fait pour vous.

9 cerisiers japonais sur 10.

Jeu disponible uniquement sur PS4.

Author: Marsouin

Un homme, une œuvre, une légende ! Ainsi se résume Marsouin, de son vrai nom Marcel Soupape. Il fit ses premiers pas vers la gloire avec la console NES, grâce à son mentor et modèle, son frère. Et tout de suite, c’est le tourbillon et l’enchaînement, notamment, de la Super NES, la N64, la Dreamcast (pas son meilleurs passage), Playstation, Xbox et enfin Xbox 360. Malgré une légère décadence dans son parcours, compensé notamment par sa liaison constante avec un PC, ce n’est rien comparé à la traversée du désert qui suivi. Ni les consoles, ni les PC ne furent d’intérêt pour lui, mais seulement les femmes, l’alcool, la drogue (Les Tuc) et le Djent. Un classique, mais l’histoire finit bien. Car soudain, c’est la rédemption! Contacté par Rael directement, il redécouvre son potentiel via un bol d’urine tous les matins et s’achète une PS4. Depuis le succès est à nouveau au rendez-vous, comme une annonce d’apocalypse.

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