Nani ?! Oh… [Nioh 2, PS4]

Le Founet suprême nous obligeant à bâcler notre travail au nom de la sacro-sainte productivité, et m’ayant refusé un mois de congé payé pour finir ce test dans de bonnes conditions, je me suis vu obligé de vous donner, ici, le test d’un jeu que je n’ai pas fini. Violence éditoriale révoltante. Voilà donc mon test de Nioh 2, après 75 heures de combats acharnés, de pleurs, de moments de jubilation et de remises en question existentielles.

Nioh 2 (comme son prédécesseur), c’est un peu Dark Souls dans un emballage nippon et du loot façon Diablo en bonus. Prequel au premier opus, le jeu se situe en l’an 1555 au Japon et vous permet, cette fois, de créer votre samouraï à vous. Ainsi ce brave Geral… euh William ne vous est plus imposé. Vous pourrez passer votre dimanche matin à recréer votre propre visage dans le jeu, pour finalement décider que, l’occasion vous étant donnée, mieux valait ressembler à Dwayne Johnson pour affronter des hordes de démons avec votre Odachi de deux mètres.

 

C'est un beau roman... c'est..

Nioh 2, une fable romantique avant tout.

 

Et du démon vous allez en bouffer, à la tractopelle grande envergure, façon menu Giga XXXL états-unien. Car Nioh 2 se plonge bien plus dans l’imaginaire mythologique nippon que son prédécesseur, allant jusqu’à faire de votre personnage un demi-démon, mi-homme mi-Yokai (le petit nom japonais pour démon). Ceci vous donnant évidemment accès à toute une gamme de super-pouvoirs à en faire trembler Constantine. Personnellement, j’aurais préféré rester dans un registre un poil moins fantastique et ne pas avoir du démon à chaque coin de rue. L’effet magique devenant un peu trop banal à mon goût.

 

Le grand katana dans la prairie

Charles Ingals revient de son périple au Japon et rien ne l’arrêtera.

You know lots of new stuff, John Snow

Grâce à vos pouvoirs de bâtard, donc, vous pourrez vous transformer en un joli démon tout énervé lorsque la jauge dédiée aura atteint son paroxysme. Les trois types de transformations permettent des gameplay différents. Bien que n’étant pas originaux – bourrin, rapide et magie à distance – ils sont plutôt plaisants à utiliser.

Vous pourrez aussi, lorsque vous repérerez à sa lueur rouge une super attaque chez un ennemi, effectuer une sorte de burst-counter qui déstabilisera l’ennemi et vous permettra de lui enchaîner deux trois mandales gratos. Cette mécanique jouit d’un excellent feeling et d’un dynamisme qui permet de se sentir carrément badass sans pour autant nous rendre invincibles, car le timing demandé est plutôt exigeant.

La troisième nouveauté liée à vos origines douteuses vous permettra de looter occasionnellement le pouvoir de vos ennemis Yokai et de les utiliser vous-même. Là aussi, la fonctionnalité est sympatoche et fun à utiliser, vous permettant d’ajouter encore une corde à votre arc.

 

Nioh 2 Kodama

Les Kodamas, ces petits types verts avec des bols de riz sur la tête, sont de nouveau de la partie.

Paie ton arc à mille cordes

Parlons-en de cet arc donc, car à force d’y ajouter des cordes, il nous faudra bientôt huit bras pour l’utiliser. Le jeu est effectivement extrêmement généreux en types d’attaques, de pouvoirs spéciaux, de compétences, loot, menus interminables, crafting, customisation à droite et gauche. Et cela est bel et bon, mais il faudra bientôt s’implémenter un processeur dans le cerveau pour avoir les capacités cognitives nécessaires pour tout gérer de manière optimale. Vous l’aurez compris, le jeu est dense et, bien que ce ne soit pas un défaut en soi, difficile d’accès par moment. Malgré tout, l’ensemble reste cohérent et gratifiant une fois que l’on en maîtrise plus ou moins les arcanes.

Et ton katana, tu le paies aussi cash ?

Dans cette période postSekiro et pré-Ghost of Tsushima, Nioh s’en sort très bien au niveau du gameplay pur. Les combats sont nerveux, jouissifs et récompensent notre apprentissage et notre concentration. Les nombreux types d’armes permettent des gameplay bien différents et ont chacune leur arbre de compétence dédié. D’ailleurs, le jeu nous offre quelques nouveautés avec le « switchglaive », un truc bizarre que je n’ai pas testé (voilà, c’est dit) et les hachettes, très fun, qui vous permettent de taper à la vitesse de Jean-Claude Van Damme au sommet de sa période cocaïnomane (plutôt vite, donc). À noter que l’odachi et les tonfas, introduits dans Nioh 1 au sein des DLCs sont également présents.

Côté loot, dans Nioh 2, comme dans le premier, le jeu s’amuse volontiers à nous noyer le système dopaminergique. Sensation plaisante au début, mais qui devient vite ennuyante pour la simple raison que le loot n’a que peu d’impact durant votre première partie et se révèle très peu important. La quantité en devient donc quasi inutile dans le gameplay car la qualité importe peu. Selon les informations grappillées chez d’autres joueurs, le New Game + change la donne une fois que vous aurez fini le jeu une première fois. Malgré tout, le fait de récupérer des centaines d’objets, qui pour la plupart vont finir à la poubelle, n’est pas des plus intéressant. Dommage que l’équipement ne devienne donc accrocheur que lorsque l’on a déjà fini le jeu une première fois, réservant cette expérience aux plus acharnés.

Scopophilie Inc.

Prendre son bain en se faisant mater par Aquaman, un fantasme enfin réalisable grâce à Nioh 2.

Amour, gloire et géopolitique japonaise

Je n’ai pas fini le jeu, et donc l’histoire. Certes. Néanmoins, le début m’aura suffi à … n’en avoir rien à carrer. Malheureusement, l’histoire de Nioh 2, bien qu’ayant un contexte très attrayant, n’arrive pas à accrocher, à créer d’enjeux ou de tensions. On se fait balader de gauche à droite pour tuer des démons au milieu d’intrigues géopolitiques complexes. Le tout peine à se lier et à donner de l’importance aux missions poursuivies par le joueur. Et le jeu étant très long (entre 50 et 80 heures), l’histoire semble ne bouger que par incréments minuscules, qui semblent alors insignifiants. Si je ne peux juger de l’ensemble pour l’instant, cet aspect du jeu m’a malheureusement paru à la fois dense et inutile.

Nioh 2 Micheline

Le créateur de personnage, très complet, m’aura aisément permis de recréer avec précision mes héros, comme Micheline Calmy-Rey…

Souffrance mon amour

La recette principale d’un Souls-like c’est de vous faire souffrir puis ressentir l’exaltation de la victoire après deux jours passés sur le même boss. C’est insupportable, grisant, génial, absurde, rageant… bref, on se fait du mal pour se faire du bien. Nioh 2 n’y coupe pas. Les ennemis les plus simples pouvant quasiment vous one-shot et les boss étant plus vicieux les uns que les autres. Malgré tout, les combats contre ces derniers m’ont souvent donné l’impression d’une bataille de patience plus que de pure technique, contrairement à un Bloodborne ou Dark Souls.

Je suis un grand fan de ce type de jeu vous l’aurez compris, mais malheureusement je ne retrouve qu’en partie ce plaisir dans Nioh 2. Les combats de boss n’étant pas si fins et intéressants que cela. Et c’est notamment pour cela que j’ai décidé d’écrire ce test avant l’heure, arrivant à un énième boss, un certain ras-le-bol s’est installé. Et, pour ma santé mentale, j’ai préféré laisser le jeu en jachère quelque temps. Les combats de boss étant nombreux, longs, répétitifs et finalement peu captivants, mon expérience de jeu m’en a semblé alourdie et cela a fortement participé à une certaine fatigue du jeu.

Nioh 2 Alain

Ou encore Alain Berset…

 

Nioh 2 Founet

Et même Founet. Troublant de réalisme.

 

Nioh-logisme

Ce deuxième opus reprend donc la même recette, rajoute quelques ingrédients de bon aloi et perfectionne ainsi sa tambouille… À la perfection ? Je pose ici un point d’interrogation car si le jeu semble effectivement être une pure amélioration de son prédécesseur (qui était déjà un très bon jeu), le tout me semble manquer de saveur. Nioh 2 est très généreux, trop presque. Une impression de « trop de tout » s’est insinuée dans mon expérience : trop de démons, trop de boss, trop de menus, trop de capacités, trop de loot, histoire trop longue, etc. Nioh 2 m’aura laissé, à mi-chemin, l’impression bizarre d’un jeu apparemment excellent, mais auquel je n’ai pas spécialement envie de retourner jouer.

 

6,5 Yokai sur 10.

Disponible uniquement sur PS4.

Author: Teiki

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