Après la rage vient le beau temps [Super Mario 3D World + Bowser’s Fury]

Oh ben tiens, alors, quelle surprise: la ressortie d’un jeu Wii U sur Switch. Bon, mettez-le avec les autres là-bas, merci. Comment ça, y a un bout qui dépasse? Donnez-moi ça, c’est pas pratique si ça dépasse. Qu’est-ce que c’est qui m’a fichu un machin pareil. Après ça rentre pas dans les cases et c’est tout mal rangé. Y a un peu plus je vous le mets quand même, disait mon boucher.

Fêter les 35 ans de Mario en ressortant des vieux titres, c’est un peu limite comme hommage. Alors quand c’est un énième jeu de la console précédente qui passe chez Xzibit pour se faire « pimper » le portrait, on a tendance à lui jeter un bref regard en coin avant de poursuivre notre chemin. Pourtant, Super Mario 3D World nous avait beaucoup plu. En 2013. Quasiment dix ans?! La vache. Bowser’s Fury

Bowsers Fury deux joueurs

Un mode deux joueurs avec des personnages aux compétences complémentaires.

Forcément, vu le peu de consoles Wii U vendues, il existe des montagnes de gens qui sont passés à côté des aventures du plombier déguisé en chat. Mais on pourrait reprocher la stratégie habituelle de Nintendo, lorsqu’ils revendent le jeu au prix fort. Et là, bonne surprise, on découvre l’ajout de Bowser’s Fury. La phrase du boucher dans l’introduction prend alors tout son sens. Tout comme le très sympathique Captain Toad: Treasure Tracker avait été extrait de niveau bonus de Super Mario 3D World à l’origine, on pourrait se plaire à imaginer que le « gros bonus » de cette version Switch esquisse un projet bien plus grand à venir.

Bowsers Fury énigmes

Une cage au début du parcours, une clé cachée quelques part à ramener sans la lâcher. Un bon mélange entre réflexion et adresse.

Mega Mario vs. Giant Bowser‘s Fury

Bowser’s Fury est furieusement bon. Sous la forme d’un monde ouvert constitué d’îles, on tient là une proposition bien plus passionnante que Mario Odyssey. Là où le titre phare de la Switch offrait une indigestion de récompenses, le nouveau venu dissimule habilement ses gratifications derrière des phrases énigmatiques. Exactement comme c’était le cas dans Mario 64 et c’est un plaisir de retrouver ce genre de mécanique qui nous pousse à chercher un peu. À gratter, un peu comme un chat. Cependant, je reste réaliste, ces consignes de recherches n’épuiseront pas non plus vos neurones. Mais le principe fonctionne bien, surtout que certaines ne sont trouvables que lors des fameuses colères de Bowser.

Bowsers Fury costumes

Les différents costumes se trouvent à profusion. Il ne faut plus les considérer comme des bonus, mais comme des compétences à utiliser pour atteindre un objectif.

Parce qu’il est vénère le dino. Son fiston en arrive même à demander de l’aide à Mario pour lui faire retrouver la raison. Cette union oxymorique donne d’ailleurs lieu à un mode deux joueurs, ici aussi plus intéressant que celui proposé dans Mario Odyssey. Toutes les quinze minutes environ, une pluie torrentielle s’abat sur les îles que l’on parcourt. Puis viennent les éclairs, le tonnerre et finalement, dans une explosion, un monstrueux Bowser sort de l’eau et se met à cracher du feu dans toutes les directions (mais surtout celle où on se trouve). On a alors deux possibilités, fuir et se cacher, ou se ruer vers une cloche géante qui permet de transformer Mario en un « Super Chat-iyan » gigantesque et ainsi affronter son ennemi de toujours à armes égales.

Bowser's Fury

La pluie se met à tomber et au loin, la carapace géante se fait menaçante. La furie est sur le point d’éclater.

Ce cycle « jour/nuit » change notamment tout le paysage avec des blocs spéciaux qui apparaissent dans un déluge de feu et de météores, mais ajoute une dose de stress bienvenue. Il faut courir d’un abri à l’autre pour éviter le souffle brûlant qui ne pardonne rien. Puis le calme revient, parce que l’on a réussi à allumer un phare en trouvant un emblème ou parce que l’on a échappé suffisamment longtemps au godzilla du coin.

Bowsers Fury

On peut choisir dans quel ordre explorer les îles. Les défis sont variés, y compris du jet ski à dos de dinosaure.

Fourrure de vivre Bowser’s Fury

Finalement, j’ai envie de penser que cet objet flottant semi-identifié pourrait ouvrir la porte à une production Mario prenant un peu plus de risques. En n’ayant pas peur de confronter ses joueurs à quelques difficultés bien pensées. Comme s’il pouvait s’agir d’une sorte d’incubateur à expérience. À condition d’y mettre le prix? Curieusement, celui de la version dématérialisée (80 CHF) semble être bien plus élevé (le double!) que plusieurs offres physiques, trouvables sur Internet.

Bowsers Fury

Les combats de géants mettent malheureusement à mal les performances de la Switch et ce qui pourrait passer pour du gigantisme n’est qu’un ralentissement matériel.

On fait assez vite le tour de Bowser’s Fury, y compris en terminant les objectifs bonus. Mais on ne s’y ennuie pas. Et au pire, quand vous en aurez épuisé toutes les ressources, rien ne vous empêche de vous jeter toutes griffes dehors sur le Super Mario 3D World qui va avec.

Note: 8 patounes sur 10 (mais cette note ne tient pas compte du prix un peu pété quand même)

Disponible exclusivement sur Switch

Author: Founet

A ne pas confondre avec le village vaudois, est à peine plus jeune qu’une Famicom. Vouant un culte à George, il découvrit son amour du jeu vidéo et de la techno allemande pendant les grandes années de Lucas Arts. De ses nombreuses heures passées à cliquer lui vient son humour absurde et sa cleptomanie. Frappé d’une mystérieuse malédiction, les machines semblent se rebeller lorsqu’il les manipule ou fait mine de les regarder. Founet ne roule jamais en-dessous de 88 miles à l’heure et rêve de maîtriser la télékinésie grâce à la Force. En attendant de passer maître Jedi, il joue à la Wii U. Accessoirement rédacteur en chef, quand il arrive à se faire entendre des autres, qui mettent le son trop fort, les farceurs.

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