A Better World est une coproduction ARTE France et Ludogram, adaptée de l’œuvre originale éponyme créée par FibreTigre. Vous y incarnez une nouvelle recrue de l’entreprise A Better World Company (l’équipe marketing ne devait pas être spécialement inspirée), dont le but fort louable n’est rien de moins que de rendre le monde meilleur… Malgré un concept pittoresque et une direction artistique sympatoche, le jeu a reçu un accueil mitigé sur Steam, mais qu’en est-il vraiment ?
Nom de Zeus !
Bon Marty, c’est la merde. Les dirigeants font n’importe quoi, le capitalisme asservi les peuples et Donald Trump a volé l’almanach. Guerres, famines, épidémies, désastre écologique qui nous pend au nez, on vit dans une foutue dystopie qui ferait passer George Orwell pour un auteur aussi naïf que gentillet. En plus, j’ai pété le convecteur temporel et la DeLorean n’a pas de pneus-neige. Ouais, ça va pas fort en ce début d’année. Toutefois, pas de panique, A Better World nous éclaire, tel un phare à l’horizon. C’est probablement notre meilleure chance de changer les choses. Et si ça marche pas, au moins on aura passé un bon moment.
Ta gueule, c’est quantique
Le concept est simple. Comme dans un épisode de Code Quantum, vous devrez remonter le temps, corriger les erreurs du passé pour créer un présent désirable. A Better World Company met à la disposition de ses employés une machine de voyage temporel brevetée et, en lieu et place du fringant et regretté Dean Stockwell, vous serez guidé par Globos. Cette IA souriante sous la forme de notre belle planète bleue vous assistera dans vos choix et commentera vos décisions, parfois avec une pointe d’anxiété. Niveau gameplay, on est sur une histoire interactive en FPS, du genre « livre dont vous êtes le héros ». Rien de fou de ce côté-là donc. Mais l’intérêt se trouve dans les liens de cause à effet.
Souhaitez-vous faire étouffer le scandale du Watergate ou effacer Nixon de l’histoire ? Faire rayonner la gastronomie maya mondialement ? Rêvez-vous d’un monde sans Internet ou d’une base lunaire bâtie par l’URSS ? Consulterez-vous les archives potentiellement compromettantes concernant votre employeur ? Les conséquences de vos décisions auront un impact direct sur vos missions. Chaque dossier résolu vous fera monter dans l’organigramme de l’entreprise et de nouvelles responsabilités vous seront confiées.
Work, destroy the world, repeat
A Better World propose plusieurs fins en fonction de vos choix. De plus, le jeu dispose de pas moins de cinq apocalypses différentes. Votre tableau de bord vous permettra de choisir dans quel ordre vous accédez aux informations et de prioriser certaines actions. J’avoue par contre avoir été quelque peu décontenancé par certaines mécaniques, notamment lorsque j’y ai rejoué pour terminer le jeu à 100%. Entre la caméra qui te force automatiquement à regarder à droite à chaque changement d’époque même quand il n’y a rien à voir et l’alternance entre la souris pour interagir et la touche espace pour accélérer les monologues de Globos, c’est parfois frustrant. Rien de grave, mais il fallait que ça sorte…
What a wonderful world
A Better World est court, très court, trop court diront certains. J’ai bouclé ma première partie en deux heures, et il ne m’aura fallu que quatre heures pour voir toutes les fins. D’un autre côté, il n’est pas très cher (CHF 13.29 sur Steam). S’il ne brille pas particulièrement par sa subtilité (sois gentil, pas méchant, c’est pas gentil d’être méchant), il a au moins le mérite de faire réfléchir aux problèmes de notre société et leurs implications historiques. De la pédagogie avec une pointe d’humour et d’irrévérence, un jeu Arte quoi… J’aurais tendance à vous recommander d’attendre qu’il soit en soldes et de vous pencher sur cette curiosité, qui m’aura tout de même bien diverti. De plus, le jeu me semble adapté à un jeune public et permettra de débattre de sujets importants avec ceux qui devront peut-être un jour voyager dans le temps pour réparer nos conneries.
7 Aldous Huxley/10
Testé sur PC, dispo également sur Mac





