PoKen et Ryu [Pokkén Tournament, Wii U]

La modification génétique, quelle fabuleuse invention. Vous prenez une saga anthologique, mais gentiment sur le déclin, du jeu de combat. Vous la mixez avec une licence lucrative au possible mais bientôt dégénérée, vu la façon dont elle est essorée, et vous obtenez un hybride surprenant.

pikatchu catcheur pokken tournament wii u

muy grande luchador.

Est-ce qu’il existe un truc au monde qui n’ait pas été estampillé « Pokémon » ? C’est probablement ce que les équipes marketing de la Pokémon Company doivent se demander tous les jours. Alors quand Robert n’écoutait pas la dernière réunion parce qu’il était en train de maraver Pascal de la compta sur un bon vieux Tekken des familles, l’idée fusa. Un coup de fil à Bandai Namco plus tard et voilà qu’on allait injecter des gènes pokémesques dans les bras tout musclés de Tekken. Si vous avez toujours voulu être plus actif dans un combat entre deux pokémons parce que vous trouviez que les créatures pourraient, quand même, se défoncer un peu plus, c’est que vous avez un souci, pour commencer. Mais vous allez aussi certainement apprécier le concept qui propose ici de ne plus simplement lancer un ordre et d’observer son Chenipan donner des coups de têtes, mais de carrément en prendre le contrôle et d’enchaîner soi-même des combos. (Bon pas de chance, Chenipan n’est pas dispo. Et c’est bien dommage).

IT’S ALIVE, ALIVE !

ligue pokken tournament wiiu

Le mode solo se décompose en ligue dans lesquelles notre dresseur grimpe. Un concept familier de l’univers Pokémon.

On le sait, les organismes modifiés génétiquement c’est jamais une trop bonne idée, ça met forcément quelqu’un de coin et ce n’est pas Mewtwo qui dira le contraire. Alors à l’annonce du jeu, j’ai ri sous cape et je m’attendais déjà à pouvoir troller les poké-fans de mon entourage. Oui, je sais, j’ai des fréquentations bizarres, mais j’aime bien lâcher un « Carapuce, c’était quand même la base » dans une discussion, puis sortir le paquet de pop corn en les regardant s’entretuer (NDZyvon: Qulbutoké!). De plus, on ne peut pas dire que les dernières « spin-off » de la licence (Pokémon Donjon Mystère, Pokémon Shuffle, Pokémon Picross) n’avaient laissé d’autres impressions qu’un sale goût de gravier dans la bouche de ceux qui s’y étaient risqué; fans ou non. J’ai donc été agréablement surpris par la profondeur du gameplay de Pokkén Tournament. Là où je m’attendais à trouver une sorte de « jeu de baston pour assistés » sous couvert de « on l’a rendu accessible aux enfants aussi », j’ai découvert des listes de combos, des techniques issues de Tekken mais habilement combinées avec des mécaniques plus propres à Pokémon et une forme de stratégie assez complète (comme la possibilité de préparer une équipe de pokémons de soutien que l’on invoque d’une pression sur la touche L). Globalement, les affrontements forment un enchainement de deux types de phases: de terrain (éloignée et permettant les déplacements en 3D) et de duel (en face à face, où la caméra s’approche pour proposer un affichage 2D caractéristique de bon nombre de jeux de combat). Malgré des contrôles parfois un peu chaotiques, c’est dynamique et le défi proposé est intéressant. Si vous lisez entre les lignes, vous savez que ça veut dire que je me suis pris de sacrées branlées en ligne. Un système d’XP gagnée par combat et qui récompense la multiplication des styles permet aussi d’éviter de se retrouver à simplement spammer le bouton de tir à distance. Poké-malin.

Pokken tournament pro pad

Puisque Nintendo est plutôt avare en screenshots, voilà un aperçu de la « manette top collector qui fait qu’on gagne plus ». Blague à part, c’est vrai que le Gampad n’est pas idéal pour une maniabilité fine.

Qui les attrapera tous ?

Avant que la planète ne devienne gaga en voyant des gens courser des pokémons dans la rue avec leur smartphone via Pokémon Go, repoussé à « plus tard dans l’année» et avant la sortie des nouvelles itérations Soleil et Lune pour Noël, clôturant ainsi le vingtième anniversaire de la licence, il reste la question de savoir à qui s’adresse Pokkén Tournament ? Les fans de Pokémon ? Indéniablement. Les clins d’oeil par-ci par-là sont clairement disséminés pour leur jeter plein d’étoiles dans les yeux. Mais crocheront-ils sur la durée, une fois l’effet « wouah » passé ? Le jeu ne jouissant pas de la même aura qu’un Super Smash Bros. Les fans de Tekken ? C’est moins sûr. La prise en main semblera peut être plus simpliste que sur un jeu de combat classique et les coups spéciaux un peu trop puissants pour offrir le même type de challenge. Derrière ses graphismes qu’on dirait malheureusement issus de la GameCube, se cache pourtant un produit qui mérite qu’on lui accorde un minimum d’intérêt. Le jeu est d’ailleurs proposé parmi les épreuves du prochain championnat EVO à Las Vegas, qui regroupe les passionnés de mandales pixelisées. À voir donc si la sauce aura prise d’ici là.

6 Psykokwak sur 10

Author: Founet

A ne pas confondre avec le village vaudois, est à peine plus jeune qu’une Famicom. Vouant un culte à George, il découvrit son amour du jeu vidéo et de la techno allemande pendant les grandes années de Lucas Arts. De ses nombreuses heures passées à cliquer lui vient son humour absurde et sa cleptomanie. Frappé d’une mystérieuse malédiction, les machines semblent se rebeller lorsqu’il les manipule ou fait mine de les regarder. Founet ne roule jamais en-dessous de 88 miles à l’heure et rêve de maîtriser la télékinésie grâce à la Force. En attendant de passer maître Jedi, il joue à la Wii U. Accessoirement rédacteur en chef, quand il arrive à se faire entendre des autres, qui mettent le son trop fort, les farceurs.

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