My little WONY [The Division 2 : Warlords of New York, PC]

Des billets contaminés par le Poison Vert sont distribués lors du Black Friday. Le virus ravage alors les États-Unis, l’économie s’effondre, des gangs se forment et prennent le contrôle de New York et puis de Washington. Vous êtes un agent dormant de la deuxième vague du SHD (Strategic Homeland Division), la première ayant été portée disparut au combat ou déclarée morte. Non, ceci n’est pas le TJ de la RTS, mais le scénario de Division 1 & 2.

Division 2 est un jeu de tir à la troisième personne massivement multijoueur présenté par ses développeurs comme étant avant tout un RPG. Si cette affirmation est discutable, il est vrai que le jeu est moins nerveux, plus tactique et réfléchi que l’ami Destiny. Division se veut, à quelques gadgets près, réaliste. Vous ne sauterez pas à trois mètres du sol, vous devrez vous mettre à couvert et vous n’avez pas de super-pouvoir, si ce n’est de ne jamais avoir besoin d’aller aux toilettes.

En préambule à la sortie du DLC Warlords of New York (WONY), j’ai recommencé le jeu à zéro sur PC (ayant joué sur PS4 auparavant), histoire de me remettre dans l’ambiance. Et cela m’a rappelé à quel point l’expérience de leveling, c’est-à-dire du niveau 1 à 30 (40 avec WONY) est agréable et bien équilibrée. L’expérience narrative et la découverte de Washington sont bien huilées et la visite à New York passé le niveau 30, se fait avec beaucoup de fluidité. Vous pouvez tout à fait le faire en solo ou utiliser le matchmaking pour faire les missions de la campagne avec d’autres agents (NDR : n’écoutez pas Founet, il a peur tout seul, c’est tout).

Le Père Noël n’est pas qu’une ordure, c’est aussi un agent du SHD.

Retour au bercail

Point fort du jeu, Division premier du nom proposait une reconstitution de New York à couper le souffle. Division 2, quant à lui, nous a fait voyager à Washington. Si la direction artistique et l’agencement des décors (nous en reparlerons plus loin) restent absolument fantastiques, il faut reconnaître que D.C. n’a pas le charme de la Grande Pomme.

Ce DLC s’intégrant parfaitement à notre époque de tous les remakes, les développeurs ont donc opté pour un retour aux sources en nous renvoyant à New York pour aller chasser la Némésis du SHD : Aaron Keener. Ancien agent de chez nous qui a tourné au vinaigre. Et il faut l’avouer, revenir à NYC est très agréable tant la ville se prête bien à l’ambiance post-apocalyptique oppressante proposée par le jeu. La chasse d’Aaron Keener et ses nouveaux associés permet de finalement continuer cet arc narratif débuté dans le premier opus.

Le jeu sait être beau et New York se prête particulièrement bien au setting post-apo.

Roll-banking : welcome to the future of loot

Division 2, pré-WONYavait beau proposer des mécaniques de jeux bien huilées, le jeu souffrait (enfin surtout le joueur) terriblement de sa gestion astreignante du loot. Et quand je dis astreignante, je minimise, c’était un véritable sacerdoce. Arrivé au EndGame, vous aviez tout intérêt à prendre une semaine de vacances pour gérer votre inventaire tant le système de stats et de talents était devenu complexe. Autant dire qu’après une session de jeu, le temps qu’il fallait mobiliser pour séparer le bon grain de l’ivraie était simplement décourageant. Il m’est arrivé régulièrement, exténué de passer du temps dans les menus, de bêtement tout vendre sans trier au risque de me débarrasser par erreur de la perle rare.

Avec WONY, Massive introduit une idée de génie : vous pouvez démanteler un objet et stocker son roll (donc par exemple +10 % de dégâts) pour l’utiliser plus tard dans la modification d’objets. En conséquence, beaucoup de drops qui auraient été auparavant inintéressants peuvent maintenant servir à conserver un meilleur roll dans votre banque. Cela redynamise complètement le système de loot à la fois dans l’intérêt des drops ainsi que l’optimisation et le peaufinage du perso pour le End Game. Je propose le prix Nobel de la Paix, au minimum.

Massive propose là un système qui pourrait bien sauver la franchise tant elle s’était empêtrée dans ce marasme de loot indigeste qui posait beaucoup de problèmes dans un jeu… de loot. Si certains peuvent reprocher que cela simplifie beaucoup trop le système d’équipement, très probablement que pour la majorité des joueurs l’expérience globale a été radicalement améliorée avec WONY.

Grâce au télétravail Jean-Bernard peut enfin travailler dans sa tenue préférée.

Massive, créateur d’ambiance

Environmental storytelling : l’art de raconter une histoire au travers de l’agencement de l’environnement. Après quelques minutes d’escalade, passant de toit en toit, vous arrivez vers la porte ouverte d’un appartement. Vous découvrez les affaires étalées partout, les armoires renversées et des traces de sang de la cuisine au salon qui semblent mener à une fenêtre brisée. Une valise qui avait été préparée est restée près de la porte, un jouet d’enfant par terre. Sur l’un des murs des tags « no escape », « We are everywhere » et le symbole d’un gang.

Voici le genre de scènes que vous retrouverez parsemées dans Division 2 et qui donnent l’impression saisissante d’un monde qui a été vivant. En plus de l’environnement lui-même qui vous raconte l’histoire de cette apocalypse virale, vous trouverez également un très grand nombre d’enregistrements audio. Allant d’un coup de fil d’une fille à sa mère dont elle vient d’être séparée durant la quarantaine, à un message de Joe Ferro qui explique qu’il faudrait mieux brûler (vivants) tous les infectés pour sauver la ville.

Un autre point fort de Division en général, c’est l’agencement dynamique des activités dans le monde ouvert. Vous pouvez tout à fait vous balader à l’improviste dans Washington ou New York et tomber sur des patrouilles, des prises d’otage, des attaques de points de contrôle, des zones à fouiller, des petites énigmes pour trouver comment accéder à un bâtiment fermé ou un crash de drone contenant des informations intéressantes. De plus, passé un certain stade, les factions se battront entre-elles pour les points de contrôle en temps réel, augmentant cette sensation d’un monde vivant et d’évoluer dans une zone de guerre.

Une reconstitution bluffante d’une collocation d’étudiants le vendredi matin.

Bullet-Sponge-Bob

Depuis WONY malheureusement, passé la difficulté hard, tous les ennemis semblent être devenus des « Bullet sponges » ou encore « sac à PV » en français. Imaginons que vous vous voyez arriver Korona « Big Ballz » Karl, un mini-boss random qui se balade dans les égouts avec son lance-flamme… Si vous commencez à lui tirer dessus vers 18 h 30, avec un peu de bol et en alignant les headshots, vous pourrez espérer le tuer vers 20 h — 20 h 30 (temps réel). Autant dire que les vendeurs de munitions se frottent les mains.

Les développeurs semblent en effet se réfugier bien trop souvent dans l’augmentation des points de vie et des dégâts comme unique vecteur d’ajustement de difficulté. Les joueurs s’insurgent, car cela affecte beaucoup le plaisir de jeu. Malgré tout, WONY étant tout frais, l’on peut envisager que Massive réagisse et fasse quelques agencements à ce propos (le dernier patch en date ne semble pas avoir suffit malheureusement).

Chéri t’as sorti les poubelles ?

Il ne faut pas pousser mémé au-delà du mode hard 

Division 2 rencontre en ce moment un problème très classique pour les MMO en général. Si vous allez sur le subreddit dédié, alors vous en reviendrez avec l’impression que le jeu est injouable: Un véritable scandale tellement l’équilibrage (le problème sac à PV notamment) est débile, absurde, une honte, une raison de déclencher la troisième guerre mondiale ou encore d’insulter la mère de tous les développeurs et de manger leur chien. Néanmoins, si comme moi vous jouez à coup d’une heure ou deux de temps en temps [NDZyvon: donc tu tues jamais aucun boss quoi 😉], le jeu est très agréable et le problème d’équilibrage ne se fait pas vraiment sentir.

Le pourquoi de cette discrépance est simple. Il semblerait bien qu’il y ait un problème d’équilibrage si vous mettez le jeu au niveau de difficulté Challenging ou Heroic (et à partir de trois joueurs dans le groupe)… Mais personne ne vous y oblige. Et très sincèrement, le jeu est très fun en normal ou hard. Par contre, pour les gens s’investissant beaucoup dans le jeu et qui cherchent un challenge, celui-ci est, semblerait-il, bien mal équilibré et transforme l’expérience en un véritable enfer.

Division 2 WONY

Division 2 fait aussi dans les conseils alimentaires.

Il faut imaginer le joueur de MMO heureux

La campagne scénarisée de WONY est très sympa (bien qu’un peu courte). Mais une fois l’histoire terminée, on arrive alors dans le côté obscur des MMO… Comme pour tout Meuporg qui se respecte le end-game de Division 2 est principalement basé sur une boucle infernale de grind pour du meilleur équipement. Il permettra de tuer des ennemis plus difficiles, qui donneront à leur tour du meilleur équipement encore, et ainsi de suite jusqu’aux tréfonds de votre endurance.

Tel un Sisyphe bourré aux stéroïdes, vous pourrez donc vous lancer dans cette quête, très longue, et par trop rébarbative, de l’équipement parfait. Je suis un fan de la première heure des sessions de grind sur Diablo, voire Destiny, pourtant sur ce plan Division (WONY inclus) ne m’a pas accroché. L’aspect très répétitif des combats, accusant le coup du peu de variété d’ennemis, y est probablement pour beaucoup. Farmer cinquante fois la même mission de vingt minutes pour avoir une arme exotique qui a un roll moisi… Bof. Là encore, les problèmes d’équilibrage de l’équipement, des ennemis et des capacités des joueurs diminuent de beaucoup l’attrait du end-game de Division 2 : Warlords of New York.

Un autre point négatif tient au fait qu’une fois la campagne de WONY terminée le jeu n’exploite que très peu la nouvelle carte de New York et vous renvoie bien trop vite à DC. Même les nouvelles missions saisonnières de chasses à l’homme vous gardent à DC au lieu de profiter de ce nouveau décor. Dommage!

Pour garantir une immersion totale, vous retrouverez même le véhicule favori de Donald Trump parqué en deuxième file.

Vous reprendrez bien un peu de pandémie avec ça ?

Même si la campagne passée, le jeu perd de son intérêt et se noie trop vite dans un endgame mal calibré et terriblement répétitif, le jeu de base et l’extension en valent largement la peine à mon avis. Ne serait-ce que pour vivre l’expérience de Washington et New York en mode post-apocalyptique. Sinon, vous pouvez également attendre quelques mois et y aller IRL, mais le jeu coûtera probablement moins cher que le billet d’avion.

Note : 7 Chloroquines sur 10

Disponible également sur PS4 et Xbox One

 

Author: Teiki

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