L’éloge de la lenteur [Warhammer 40’000 : Mechanicus]

Ancien amateur du gouffre à fric qu’est le jeu de figurine Warhammer 40 000, j’ai proposé au grand Founet de tester Mechanicus avec la très fausse assomption qu’il s’agissait d’un diablo-like. Je pensais donc pouvoir cliquer à tout va sur des vilains hérétiques, pour les ratiboiser à grand coup de Bolter lourd, de lance-flamme ou encore de la traditionnelle épée tronçonneuse. Eh bien. Quelle ne fut pas ma surprise, une fois la première partie lancée, de voir de délicieuses petites cases se dessiner. L’annonce sans équivoque d’un jeu tour par tour. Qu’avais-je donc fait ?

Au revoir, donc la joyeuse boucherie cathartique. Bienvenue la prise de tête au ralenti, les menus interminables et l’ennui mortel des jeux pour prétendus stratèges en manque de gratifications intellectuelles. Si l’on ajoute à cela une absence totale de voice-acting, des graphismes dignes d’une Game Boy Color… Tout me donnait partant pour un véritable suicide vidéoludique. Moi qui venait de finir Ghost of Tsushima, mon esprit vibrant encore sur la vague d’un satori numérique, me voilà donc condamné à cette… « Chose » ? Je ne me doutais alors pas que Mechanicus, avec son allure autant attrayante que Pierre Belmare en cuissettes, me redonnerait goût à la lenteur toute mesurée du tour par tour. Mechanicus

Mechanicus C'est pas très bô

Graphiquement, le jeu est un véritable tour de force qui sublimera les capacités de calcul de votre minitel. Remarquez qu’il tourne aussi sur les grille-pains dernière génération.

Petit, mais costaud

Mechanicus est un jeu de petit calibre. Dans le monde immense de Warhammer 40 000, on ne joue qu’une seule sous-faction et on lutte contre une race ennemie unique (les Necrons). Cette apparente limite permet aux développeurs de calculer finement l’expérience de jeu. Que ce soit au niveau des dialogues, de l’ambiance générale ou de la narration de l’histoire, le jeu est très cohérent et immersif. Et cela malgré des textes qu’il faut lire. Avec ses yeux. En 2020. Trop habitué aux AAA, j’avais même oublié qu’un jeu pouvait me demander de lire une ribambelle de dialogues. La qualité de l’écriture, respectant l’ambiance de démesure, de violence et religiosité poussive de Warhammer 40 000, aide énormément. Survolant les idées folles des croisades avec un second degré très amusant. Même si, d’ici la fin du jeu, une certaine lassitude peut s’installer devant la répétition de certaines thématiques.

Mechanicus Tentacle day

Les membres de l’Adeptus Mechanicus ne cachent pas leur affection pour les affres du Hentai.

Un petit tour et puis s’enflamment

Le jeu lui-même est donc un jeu d’escouade tactique en tour par tour, avec un focus important sur l’évolution des personnages. Nous avons donc un certain nombre de prêtres, ou Magos, de l’Adeptus Mechanicus, dont nous pouvons faire évoluer l’équipement et les compétences. Ceux-ci pourront être accompagnés de troupes plus basiques qui ne peuvent pas gagner d’expérience. L’évolution des Magos est bien faite et permet vraiment de donner des rôles spécifiques à chacun de nos fanatiques religieux. L’équipement respecte également bien l’univers de Warhammer 40 000, allant du lance-flamme au tentacule métallique, en passant par le canon à plasma. Seul bémol, un équilibrage qui semble un peu inégal. Certaines compétences sont effectivement largement au-dessus du lot au point de rendre triviaux certains combats.

Mechanicus Salut Robert

Tu veux la voir, ma grosse… brosse à dents électrique ?

Tout cramer aussi vite que possible, mais explorer autant que nécessaire.

Chaque mission propose également une phase d’exploration sur le chemin menant au(x) combat(s). Nous aurons alors à faire le choix entre aller fureter en quête de bonus ou aller le plus vite possible au bousin pour taper sur nos ennemis, les Necrons. En effet, plus l’on passe de tours à explorer, plus nos ennemis seront nombreux et vigilants lors du prochain combat. Bien que le tout soit servi par une interface digne de l’âge de pierre, l’idée est intéressante et donne une impression efficace d’urgence. À plus grande échelle, même le choix des missions suit la même logique. À chaque mission choisie, nous nous rapprochons du réveil inéluctable du grand méchant Necron. Lorsque cela arrive, le jeu nous force à combattre le dernier boss. Le jeu ne nous permet donc pas de faire toutes les missions à chaque partie. L’idée est là aussi intéressante et renforce le sentiment d’une menace imminente qui sous-tend l’ensemble du scénario.

Mechanicus Tactical map

Si Videx était Suisse, il voterait probablement UDC.

Ton Xenos, tu le préfères à point ou carbonisé ?

Vous l’aurez compris, Mechanicus m’a emballé. Contre toute, mais alors vraiment toute, attente. Me voir apprécier Mechanicus, c’est un peu comme voir ces vidéos de Mike Tyson qui parle de son amour des pigeons. Personne n’y aurait cru, et pourtant.

Je ne peux, par contre, juger de l’attrait du jeu pour quelqu’un qui ne connaîtrait ni d’Eve ni d’Adam le monde tortueux de Warhammer 40 000. Il se peut que le tout soit un peu opaque et difficile d’accès.

Bref, si vous n’avez pas peur des graphismes désuets, de la lenteur et d’une interface pré-datant l’invention de l’industrie des jeux vidéo triple A, alors foncez. Pour une trentaine de francs sur Steam, c’est une très bonne découverte.

 

7 Xenos carbonisés sur 10. 

Testé sur PC, disponible aussi depuis quelques jours sur PS4, Switch, Xbox, OSX et minitel.

 

 

Author: Teiki

Share This Post On

Trackbacks/Pingbacks

  1. L’éloge de la lenteur [Warhammer 40’000 : Mechanicus] – Niels Weber - […] L’éloge de la lenteur [Warhammer 40’000 : Mechanicus] jeux vidéomechanicusPCPS4stratégieSwitchwarhammerXbox One Share this Post […]

Laisser un commentaire