Lâcher la proie pour l’ombre [Castlevania: Lords of Shadow 2, PS3]

Je souffre d’un mal obscur: je dois finir un jeu avant de commencer le suivant, ce qui fait que je joue parfois à des jeux avec pas mal de retard. Ça me démange, j’ai envie de savoir comment se finit une histoire et parler d’un jeu sans l’avoir terminé me donne des sueurs froides. L’exemple du jour est d’ailleurs assez intéressant, puisque le premier Castlevania: Lords of Shadow a été encensé par la critique, mes collègues, mes amis, voire même par Monsieur Chardonnens, le vieux voisin du 6e que je croise des fois dans la cage d’escaliers, mais je n’avais jamais eu le temps de me le faire (Lords of Shadow, pas M. Chardonnens). Pour une fois, à tort ou à raison, j’ai décidé de faire l’impasse sur le premier et de prendre le train en marche avec le deuxième opus qui est soldé. Non mais je me tiens informé hein! En plus, là je viens d’entendre parler d’une nouvelle console, la Super Nintendo, je crois, ça à l’air terrible. Ça sort quand?

 

Lords of Shadow 2 PS3 modern

Un futur plutôt morne attend la région de Castlevania et ses habitants.

Soyons sérieux la moindre et parlons un peu de ce Castlevania 2: Lords of Shadow 2. Toujours développé par les espagnols de MercurySteam, déjà à l’origine du premier épisode et de l’interlude 3DS Castlevania: Lord of Shadow – Mirror of Fate, ce nouvel acte a la particularité d’avoir comme personnage principal le comte Dracula lui-même. Attention, je spoile un brin, mais ce transylvanien n’est autre que Gabriel Belmont, qui embrassa la cause obscure parce que le miroir du destin le lui a dit, en gros. Donc après avoir trahi des dizaines de générations de chasseurs de vampires, Dracula Belmont mène une vie de châtelain peinard, quand la fraternité de la lumière décide, une fois de plus, de venir lui mettre une rouste. Ce sera celle de trop, puisque le vampire se sacrifiera pour anéantir l’ensemble de l’armée de paladins qui piétine sa pelouse. On pourrait penser que cela fini avant d’avoir commencé, mais nous nous retrouvons subitement plusieurs siècles plus tard. Une ville futuriste a été construite sur les décombres du château de Castlevania, des robots patrouillent dans les rues et notre bon vieux prince des ténèbres se réveille, tel une belle au bois dormant. Pourquoi n’est-il pas vraiment mort? Pourquoi était-il endormi? Qui l’a transporté au sommet de cette tour? C’est quoi cette haleine d’ail? La recherche des réponses à ces questions constituera, en partie, la quête de Dracula. Le reste sera dédié à collaborer avec Zobek, le nécromancien, dans le but de contrecarrer les plans de Satan, en phase de revenir sur Terre.

Catlevania 2 ps3 combos

Les combats, souvent contre plusieurs ennemis, demandent un bon timing entre coups et esquives.

Maintenant que le cadre est posé, vous allez guider Dracula entre le présent (qui est donc le futur, tu suis Marty?) et ses souvenirs du passé. Les combats, sous forme de beat them up, fourniront des points d’expériences à répartir dans les arbres de compétences des trois armes à votre disposition. Vous allez ainsi affronter tout le bestiaire traditionnel des Carpates, mais également des robots, ce qui paraît assez incongrus, en effet. Par contre, ils se font défoncer de la même manière et il vous faudra mémoriser différents types de combos pour y parvenir. Ceux-ci nécessitent un peu de pratique, mais une fois la technique du contre maîtrisée, à vous les enchainements avec finitions au ralenti. A relever que la caméra étant placé un chouia trop près de votre personnage, il est parfois peu évident d’avoir une bonne vue d’ensemble.

Lords of Shadow 2 PS3 rats

Un pouvoir vous permet occasionnellement de vous transformer en rat, ce qui donne lieu à des séquences d’infiltration sympa mais un peu simplistes.

Lords of Shadow 2 PS3 décors 2

C’est beau! C’est beau! C’est un peu photoshopé, mais le rendu dans le jeu reste beau!

Si j’avais déjà beaucoup apprécié la qualité des décors dans l’épisode 3DS, je me suis surpris ici plusieurs fois à m’arrêter au bord d’un précipice, pour faire tourner la caméra et admirer la vue, spécialement dans les niveaux du passé. MercurySteam propose un réel hommage à toute la saga à travers ces superbes atmosphères. Malheureusement, le reste de l’héritage est nettement moins respecté. Au fil du temps, les jeux Castlevania, et ceux de la série Metroïd, ont fini par donner leur nom à un style, les « metroidvanias ». Il y est question d’une aventure plus ou moins linéaire mais qui peut être traversée de multiples façon, puisque chaque nouveau pouvoir débloqué ouvre des zones auparavant inaccessibles. Cet aspect est quasiment inexistant dans Lords of Shadow 2. Les rares bonus qui s’atteignent de cette manière relèvent assez du détail et rien ne nous pousse vraiment à revenir sur nos pas pour explorer. Il faut dire que la carte du monde est probablement la plus inutile de l’histoire du jeu vidéo. Impossible de zoomer, quasiment rien n’est inscrit dessus et les interactions, comme assigner des objectifs, se cantonnent au strict minimum.

Lords of Shadow 2 PS3 boss

Les boss sont souvent imposants et donnent lieu à des séquences qui sauvent un peu la baraque.

J’ai eu un peu de mal à vraiment crocher. La faute principalement aux séquences dans le futur, où l’on est accompagné par une espèce d’Optimus Prime en boîte de conserve, qui semblent fades par rapport à celles du passé qui confrontent Dracula à ses vieux démons. Le scénario en devient beaucoup trop prévisible et les retournements crient tellement fort qu’il est impossible de ne pas les voir venir. Par contre, le fait de pouvoir désactiver les QTE dans les options du jeu mériterait presque, à lui seul, une très bonne note! Actuellement, le jeu est vendu 36.90 CHF sur le PSN (pack complet, avec 3 DLC de tenues), 36.99 Euros sur Steam (sans aucun DLC) et 49.00 CHF sur le Xbox Live 360 (sans DLC). Je vous suggère plutôt d’attendre que le prix descende encore, si vous cherchez un jeu divertissant en solde. Ou de vous rabattre sur le premier, paraît qu’il est super bien.

Note: 6 Nosferatus sur 10

Author: Founet

A ne pas confondre avec le village vaudois, est à peine plus jeune qu’une Famicom. Vouant un culte à George, il découvrit son amour du jeu vidéo et de la techno allemande pendant les grandes années de Lucas Arts. De ses nombreuses heures passées à cliquer lui vient son humour absurde et sa cleptomanie. Frappé d’une mystérieuse malédiction, les machines semblent se rebeller lorsqu’il les manipule ou fait mine de les regarder. Founet ne roule jamais en-dessous de 88 miles à l’heure et rêve de maîtriser la télékinésie grâce à la Force. En attendant de passer maître Jedi, il joue à la Wii U. Accessoirement rédacteur en chef, quand il arrive à se faire entendre des autres, qui mettent le son trop fort, les farceurs.

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