Gamescom 2026 : Tides of Annihilation

Si vous avez eu la chance de regarder le show, tout à fait discutable, d’ouverture de la Gamescom dirigé par notre bon monsieur Geoff Keighley, un élément ne vous a certainement pas échappé. Non, je ne parle pas de la tête de Geoff Keighley, même si, en effet, il paraît impossible d’y échapper. On semble assister à une montée en puissance assez spectaculaire du jeu vidéo AAA chinois. Je ne dis pas que les jeux chinois datent d’hier hein, et ça n’est pas une surprise. Mais j’ai l’impression qu’en 2026, on arrive à un point où leur présence est suffisamment forte pour qu’on puisse parler d’un phénomène.

Seulement voilà, moi le jeu chinois, je ne le connais pas encore. J’ai jamais joué à des trucs comme Where Winds Meet ou encore les trucs de Hoyoverse là, Genshin Impact ou Honkar Star Rail. Je connais pas. Et vu que la Gamescom est l’occasion de se laisser aller à la curiosité, j’ai décidé d’aller voir un des nombreux et énormes blockbusters chinois en préparation, à savoir Tides of Annihilation, développé par Eclipse Glow Games. Un développeur, et par la même occasion éditeur du jeu, qui a mis les petits plats dans les grands comme on dit. Gigantesque stand, sac de goodies dont je ne savais que faire en sortant et démo jouable de quarante-cinq minutes qui tournait sur un PC du futur dont les composants produisaient environ dix couleurs différentes par seconde. Comprenez du matos que vous ne pourrez jamais vous payer, parce que l’IA.

Bref. Alors c’est quoi Tides of Annihilation? C’est un jeu d’action de type Beat em up où l’on incarne une certaine Gwendolyn (qui n’a pas les yeux verts), prenant place dans un Londres post apocalyptique. Elle y recherche visiblement des réponses à la question: mais pourquoi Londres il est… post apocalyptique, justement. Et dans lequel l’on va avoir besoin de l’aide des chevaliers de la Table ronde, ou plutôt de leur version Heroic Fantasy badass de jeu vidéo.

 

Tides of Anihilation Gamescom 2026 géant

Un jeu moyen avec des moyens

Alors un truc qu’on va mettre de côté sans attendre :  les jeux chinois ont la réputation d’être absolument irréprochables au niveau technique. Et force est de constater que ce Tides of Annihilation correspond parfaitement à cette réputation. Le tout tourne comme un charme sur les PC du futur à un frame rate d’une constance impressionnante. Tout roule, comme on dirait. Maintenant, la réputation des jeux chinois c’est aussi de trop souvent ressembler à un amoncellement d’éléments collés ensemble par volonté d’en mettre un maximum et faisant passer la cohérence au second plan. Des éléments le plus souvent repris directement d’autres jeux populaires, au passage. Ce qui donne un résultat où tout semble fait de manière plutôt compétente, mais rien ne semble véritablement coller ensemble. Avec une harmonie, une cohérence voire une vision artistique qu’on appellera défaillante, voire absente.

Comprenez qu’il y a des trucs parce que les gens aiment les trucs et on a mis les trucs ensemble parce que comme ça il y a un maximum de trucs dans notre jeu et les gens sont contents parce que les gens aiment les trucs. Et après quarante-cinq minutes avec Tides of Annihilation, ben c’est malheureusement cette sensation qui prédomine chez moi. Rien n’est jamais mauvais, mais rien n’est jamais véritablement bon, voire mémorable. Tout est… mid. C’est mid. Du character design de l’héroïne à la direction artistique, aux différents systèmes de jeu, en passant par les dialogues entre personnages. Les énigmes de progression sont mid, le feeling manette en main est mid, le level design est mid, bref, tout ceci est… plutôt moyen quoi.

 

Avec un peu de tout

Et il y en a des trucs dans le jeu hein. On est interrompu par des cinématiques narratives aux effets de caméra spectaculaires, on a des Quick Time Events, on peut exécuter avec style les ennemis lorsqu’on leur a assez tapé dessus. Il y a moyen d’invoquer des chevaliers de la Table ronde pour résoudre des puzzles grâce à leur habilité unique.

Il y a une vision spéciale qui met en surbrillance les éléments importants dans les décors. On fait de la tyrolienne. Il y a des PNJ qui font des blagues. Il y a de la peinture jaune pour nous dire où on peut grimper, ouah c’est génial [NDTeiki : Quelle innovation, quel bonheur]. On trouve des objets, on a un magasin dans lequel on ne pouvait rien acheter parce que c’était une démo Gamescom. On a un système d’XP. Et je ne l’ai pas vu, mais je mettrais presque ma main à couper qu’il y a un arbre de compétence qui débloque des nouveaux trucs.

 

Tides of Anihilation Gamescom 2026 combat

 

Hard combat and soft power

Bref, c’est un jeu AAA mid qui, d’après cette démo encore une fois, semblait tendre parfois davantage vers un « produit ». D’ailleurs, en pleine démo, alors qu’on visitait une version post apo d’un musée de Londres, v’la ty pas que soudainement, on pouvait dévier du chemin pour prendre une tyrolienne et aller visiter la section culture chinoise du musée. Parce que dans le cliché du jeu chinois, il ne faut jamais oublier l’élément de soft power. Alors voilà, après quarante-cinq minutes de démo, Tides of Annihilation, c’est un peu le méga bingo du jeu chinois. Ou plutôt non, le bingo du cliché du jeu chinois, finalement. Il copie beaucoup d’éléments d’autres jeux, et les inclut afin d’en faire un produit parfaitement adapté au public autant oriental qu’occidental. L’impression que j’avais, c’était qu’il cochait des cases, en quelque sorte.

Cependant, un élément sort quand même du lot ici, à savoir le système de combat. Un système qui, en surface, ressemble un peu à ce que ferait n’importe quel représentant du beat em up 3D, mais qui amène un élément peu commun puisque ça n’est pas seulement Gwendolyn qui se bat, mais elle invoque régulièrement les chevaliers de la Table ronde pour mettre des grosses patates aux ennemis. Il faut donc gérer notre héroïne, les attaques des ennemis avec ce que cela signifie de placement et d’esquives nécessaires, ainsi que les attaques de nos chevaliers qui font beaucoup plus de dégâts que nous parce qu’ils sont plus balèzes. On va donc appeler ça un tag team beat em up. Et maintenant que j’y pense, c’était exactement le style de combat d’un des protagonistes de Devil May Cry 5. Ha ha.

 

Chevaliers à la ronde

D’ailleurs, lors du gros combat de boss, point culminant de la démo – un boss très mobile qui se téléportait régulièrement et bougeait dans tous les sens – ben j’ai trouvé très compliqué de gérer les distances entre mes chevaliers et les boss. Ce qui fait que bien trop souvent, je les invoquais pour qu’ils tapent dans le vide, tout en galérant à lire les attaques des boss pour faire en sorte que Gwendolyn les esquive. Des attaques pas forcément fastoches à discerner étant donné que le jeu adore inonder l’écran d’effets visuels clinquants. Le résultat final ressemblait parfois à un joyeux désordre, assez grisant, disons-le, mais aussi assez bordélique où j’essayais de déchiffrer ce qui ressemblait à un feu d’artifice coloré qui partait dans tous les sens.

Compliqué, quoi. Mais notons quand même que la démo semblait prendre place au milieu du jeu final. Toute cette séquence sera, je l’espère, bien plus facile à gérer après plusieurs heures de pratique dans les doigts. Un boss qui ressemblait d’ailleurs à un gros chevalier repiqué à Dark Souls, mais en moins charismatique.

 

Tides of Anihilation Gamescom 2026 boss

 

Finalement, je suis un peu embêté de devoir associer à mes quarante-cinq minutes de Tides of Annihilation autant de clichés sur les blockbusters chinois, alors que je n’y avais jamais touché personnellement, mais bon. Je ne suis pas ressorti de ma démo avec des étoiles dans les yeux. À voir évidemment lorsque le produit final sortira. Mais si je dois être honnête, je ne connaissais pas Tides of Annihilation avant de l’essayer, et on ne va pas dire que je l’attends de pied ferme. Cet aperçu du jeu en développement génère simplement chez moi un simple… Eh…. voilà.

Sortie encore non définie, prévue sur PC.

 

Retrouvez l’ensemble de nos articles concernant la Gamescom 2026 ici.

 

Author: Monsieur Plouf

« Les chroniques de Monsieur Plouf » est une série de critiques vidéoludiques lancée par un ancien journaliste spécialisé Suisse mais résidant actuellement en Autriche. Blockbusters AAA, journalisme, sites spécialisés, reconnaissance du média vidéoludique, jeux indépendants, industrie, business, développement, game design, gameplay, fanboys, stratégies marketing, fun : tout ce qui touche de près ou de loin au jeu vidéo est passé à la moulinette sans langue de bois ni retenue, mais avec humour, autodérision et sens critique dans un style ploufesque. Les aventures de Monsieur Plouf dans le monde merveilleux de l'industrie du jeu vidéo en quelque sorte... Un nouvel épisode toutes les deux semaines le jeudi à 18h. https://www.youtube.com/@MonsieurPlouf/videos

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