Gamescom 2026 : Crazy Taxi World Tour

Il y en a peut-être ici qui me lisent et sont encore jeunes. Salut, les jeunes. Laissez-moi vous parler de l’époque où Sega, à la fin du siècle dernier, était parmi les leaders du marché du jeu vidéo « arcade ».

Ils faisaient partie des premiers à s’être lancé dans la représentation graphique en 3D dès 1992 avec Virtua Racing et bien que leur destin en tant que constructeur de consoles a piqué du nez dès le milieu des années 90, son secteur arcade est resté très performant encore quelques années de plus avant de, lui aussi, s’écrouler, en même temps que le jeu vidéo sur arcade en général d’ailleurs. Sega avait l’habitude de proposer des expériences instantanées qui mettaient en avant le fun immédiat sous différents angles.

Même si de nos jours Sega s’est quelque peu distancé de cette approche, c’est quelque chose que l’on retrouve encore et toujours dans la série Yakuza, dont l’épisode Pirate ressemblait à une salle d’arcade géante tant tout y était calibré pour le fun immédiat à court terme. J’avais d’ailleurs beaucoup aimé. J’avais fait une vidéo dessus, je vous laisser aller la revoir.

Crazy Taxi, sorti en 1999, était l’un des représentants de cette philosophie arcade. Des parties d’environ 3 à 5 minutes, de la musique rapide et forte afin de maximiser les sensations… fortes. Un gameplay nerveux et immédiat, un concept qui permettait des excentricités fort amusantes puisqu’il fallait prendre un maximum de clients dans son taxi à la suite pour les emmener à leur destination et ainsi faire grimper son score, le tout durant un temps imparti. C’était coloré, c’était un peu barré, c’était immédiat, c’était fun, bref, c’était arcade quoi. Et moi j’aime bien l’arcade.

Maintenant, est-ce que j’aime bien l’idée d’avoir déterré la franchise Crazy Taxi pour tenter un come-back en 2027 avec Crazy Taxi World Tour ? Eh bien à la base, j’étais un peu sceptique, mais après y avoir joué pendant une trentaine de minutes à la Gamescom, je dirais que je suis toujours un peu sceptique, mais pas forcément pour les mêmes raisons.

 

Crazy Taxi World Tour Gamescom 2026 carte allemagne

Cologne comme on s’y croirait?

Le compteur tourne toujours

Parmi les choses que l’on retrouve à l’identique par rapport à l’original : l’ambiance. C’est très très con, ça ne se prend pas une minute au sérieux et parmi les personnages loufoques qu’on ramasse on assiste à une galerie de grand n’importe quoi. Un extraterrestre qui veut retrouver son vaisseau spatial, un coureur de jupons qui veut aller attraper son avion avant que la moitié des femmes de la ville ne lui arrache la tête, un cascadeur qui souhaite qu’on l’envoie dans les airs le plus loin possible, un pizzaiolo qui doit livrer des colonnes de pizzas. Bref, c’est bien absurde et le jeu ne semble en rien lésiner sur la bêtise pour écrire ses PNJ. Puisque les règles sont que tout est permis, le jeu semble faire n’importe quoi à ce niveau, c’est très drôle. Et ça, c’est bien.

Autre chose que l’on retrouve à l’identique : la BO avec les mêmes chansons de Offspring et Bad Religion. Une BO que j’aime bien, mais j’espérais qu’ils aillent chercher d’autres titres dans la même veine afin qu’on ait l’impression que le monde a évolué depuis 1999 [NDTeiki : mais qui voudrait ça ? Remettez-moi en 1999!].

Et dernier truc qu’on retrouve, c’est ce gameplay instantané qui permet de procurer du fun de manière instantanée. On peut effectuer un boost, un turbo, un dérapage (difficile à contrôler celui-là), ainsi qu’un freinage d’urgence. Tous les objets du décor pèsent un gramme. Tout valdingue sur notre chemin que ça soit un camion, un lampadaire, un arbre ou une caisse. Rien ne peut nous arrêter. Le niveau proposé était d’une taille assez similaire à ce qu’on avait à l’époque. On peut choisir de suivre les missions que le jeu nous propose ou alors ramasser du monde sur le chemin. Chaque passager propose un challenge spécifique qui peut s’apparenter à un mini jeu, ou plutôt une séquence arcade, finalement.

En fait, je dirais que c’est un jeu parfait pour la Gamescom. On met 5 secondes à s’habituer aux contrôles et on se plonge directement dedans sans fioritures. C’est pas forcément très joli, mais c’est pas grave, c’est fun. Maintenant, deux questions se posent. C’est fun pendant vingt-cinq minutes, oui, mais quand est-il pendant plusieurs heures ? Là est toute la question. Je ne sais pas si je me vois y passer des heures à enchaîner les petites courses de taxi. Ou plutôt, la principale question qui se pose alors c’est à quel prix ? Parce que Crazy Taxi World Tour, d’après ce que j’ai vu, à soixante balles, c’est non. À trente, pourquoi pas. Mais je ne me vois pas mettre beaucoup plus dans un tel titre, tout aussi fun soit-il.

On verra bien à sa sortie, toujours prévue pour le courant de l’année 2027, sur Xbox, PS5 et PC.

Bonjour, je suis Founet et je serai votre chauffeur.

Mon avis est similaire à celui de Plouf. Je me suis vraiment éclaté à rouler à toute berzingue sur du Punk de mon adolescence. J’ai particulièrement apprécié le soin apporté aux missions scriptées. Le coureur de jupons évoqué ci-dessus devant sauter du taxi dans un avion qui roule. On se retrouve alors à slalomer entre les trains atterrissage en adaptant sa vitesse.

En jetant un coup d’oeil à mes notes, je vois que j’ai relevé la présence d’un cycle jour/nuit, qu’on pourra customiser sa voiture et que la police ne m’a jamais paru être une menace, même durant les course-poursuite. ça renforce un sentiment de liberté et de puissance. Les niveaux correspondant à des villes de pays existants (ah c’est ça le « World Tour« !).

Et puisqu’il est question de taxi, je ne résiste pas à l’envie de partager avec vous un moment d’anthologie. Sachez que, dans les rues de Cologne, circule un van-taxi dans lequel le chauffeur a installé des projecteurs, une machine à fumée et un micro pour transformer les voyages en karaoké. Faisant ainsi fi de toute normes de sécurité, mais après tout le fun n’a pas de prix. Il a un peu déchanté lorsque Jorris a choisi comme fond sonore sa playlist de Arne Vinzon. Effet garanti.

 

Retrouvez l’ensemble de nos articles concernant la Gamescom 2026 ici.

 

Author: Founet

A ne pas confondre avec le village vaudois, est à peine plus jeune qu’une Famicom. Vouant un culte à George, il découvrit son amour du jeu vidéo et de la techno allemande pendant les grandes années de Lucas Arts. De ses nombreuses heures passées à cliquer lui vient son humour absurde et sa cleptomanie. Frappé d’une mystérieuse malédiction, les machines semblent se rebeller lorsqu’il les manipule ou fait mine de les regarder. Founet ne roule jamais en-dessous de 88 miles à l’heure et rêve de maîtriser la télékinésie grâce à la Force. En attendant de passer maître Jedi, il joue à la Wii U. Accessoirement rédacteur en chef, quand il arrive à se faire entendre des autres, qui mettent le son trop fort, les farceurs.

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