Gamescom 2017: Heavy Metal Machines

Conversation Skype avec une attachée de presse, 1 semaine avant la Gamescom:
– Et pour finir, je peux encore vous proposer Heavy Metal Machines
– Ah?
– Oui, alors c’est un jeu avec des machines et du heavy metal, dans lequel…
– Je prends!
– Mais attendez, je ne vous ai pas encore dit de quoi…
[Tuut Tuut Tuut]

Oui, je sais, je fais super bien le téléphone qu’on a raccroché. C’est donc d’un pas assuré que je suis descendu dans la halle 10, celle où le public-zombie se bat pour avoir un porte-clé gratuit, sans se soucier de la marque inscrite dessus, tant que c’est gratuit, celle où se lance des matchs de League of Legends sur écran géant à dix heures du mat’, avec un harangueur de foule/commentateur qui hurle en allemand dans un micro, alors qu’il n’y a que trois personnes devant la scène. Mais surtout celle où sont parqués les pauvres développeurs indépendants. La Indie Zone est un imbroglio d’écrans, de manettes, de flyers, de sac posés partout et de développeurs, épuisés, qui tentent de présenter leur jeu en criant par dessus les vocifération stridentes du commentateur de LoL et de Despacito à coin du stand porte-clé. Ce qui me rassure, en revanche, c’est que chaque année cette zone me paraît un peu plus pleine de gens, et pas de que de journalistes. Il y a de l’espoir! Ça change de ce petit groupe de blondinets de 13-14 ans, que je venais de croiser devant un panneau indiquant les sorties de secours du centre et qui se demandait: « Also, wo spielt man FIFA? ».

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Graaatuiiiiiiit

Me voilà donc dans cette Indie Zone, je peine à trouver le jeu que je suis sensé voir, c’est quand même un joyeux bordel cette zone. Je fini par reconnaître le titre en grand sur un panneau. Un jeune homme est en train de manger un bout de sandwich devant l’écran et je me demande s’il s’agit d’un visiteur ou de mon contact. Ils ont tous l’air épuisé de la même manière. Je l’interpelle en me présentant, il se lève et retrouve le sourire en m’invitant à m’asseoir à sa place. C’est la fin de la semaine, lui et moi en avons vu de toutes les couleurs, du bien et du moins bien, alors quand il m’explique qu’Heavy Metal Machines est un mélange de MOBA et des jeux micro-machines, s’en est trop et cette fois je ne peux pas retenir un éclat de rire, franc et révélateur. Bon joueur, mon interlocuteur se marre aussi et me dit « Oui je sais, c’est bizarre, je l’aurais pas cru non plus si on me l’avait dit ».

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Deux autres jeux déboulent rapidement sur le tapis une fois la manette en main: Rocket League et Rock ‘n’ Roll Racing. Le premier car le but du jeu est de marquer des points en ramenant une grosse balle dans le camp adverse et le second pour l’aspect …rock n roll? C’est assez complexe à décrire mais imaginez une vue typée MOBA, avec une carte ressemblant furieusement à ce que ce genre de jeu propose, mais qui aurait le fonctionnement d’un circuit automobile. On choisi un pilote et son bolide, chacun ayant des habilités propres que l’on actionne avec Q, W, E et R, comme dans un MOBA. Chaque véhicule est armé pour détruire les adversaires, ce qui permet de gagner de l’XP, mais n’est pas le but final pour gagner une partie, comme dans un … vous avez compris. Lorsque l’on a la balle, il est nécessaire de rouler dans le « bon sens » et de faire un tour complet. Le reste du temps, il est possible de prendre le périph’ à contre-sens ou de profiter des raccourcis. Bien entendu, une bonne cohésion d’équipe est nécessaire pour protéger le porteur du ballon. Un peu comme dans un capture the flag, en fait. Le tout rythmé par une B.O. pure Heavy Metal, bien bourrin et composée spécialement pour l’occasion. Ce qui m’a surpris, en dehors de ce mélange pour le moins hétéroclite, c’est la fluidité des contrôles. On avance et on recule (comment veux… non, elle est trop facile celle-là) non pas avec W et D, mais avec les clics gauche et droite et les virages se négocient à la souris. C’est en quelques sortes le regard du pilote que l’on dirige, pour tourner et pour viser. Assez déroutant lors de la première prise en main, on s’y fait vite et c’est diablement efficace.

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Au final j’ai bien rigolé à la découverte de ce jeu, mais je dois aussi dire honnêtement que je pense le tout trop chaotique pour qu’Heavy Metal Machines ne perce réellement au grand jour. Il est cependant déjà disponible sur Steam en free-to-play et on a reçu des codes pour des skins à offrir, donc si le coeur vous en dit, écrivez-nous un petit mail à founet’at’semperludo.com. Mais ce rendez-vous m’a surtout permis d’aborder le sujet de la condition des studios indé au Brésil, car Hoplon, la boîte derrière HMM, fait partie de nombreuses structures ayant vu le jour au pays de la caipirinha. Mon sympathique interlocuteur m’a expliqué qu’en cinq ans, le nombre de studios s’y est multiplié et ce notamment grâce aux aides que le gouvernement a décidé de mettre en place pour soutenir cette industrie. Sur le site web d’Hoplon on peut d’ailleurs voir qu’ils sont en pleine phase de recrutement, dans un équipe déjà assez large. Il y a clairement un exemple à en tirer de nôtre côté de l’Atlantique. Ah tiens, on y découvre aussi qu’il existe déjà un tournoi officiel du de Heavy Metal Mahines, avec classement pour l’Europe, qui récompense les premiers avec du matériel, type clavier. Ils savent y mettre les moyens.

 

Author: Founet

A ne pas confondre avec le village vaudois, est à peine plus jeune qu’une Famicom. Vouant un culte à George, il découvrit son amour du jeu vidéo et de la techno allemande pendant les grandes années de Lucas Arts. De ses nombreuses heures passées à cliquer lui vient son humour absurde et sa cleptomanie. Frappé d’une mystérieuse malédiction, les machines semblent se rebeller lorsqu’il les manipule ou fait mine de les regarder. Founet ne roule jamais en-dessous de 88 miles à l’heure et rêve de maîtriser la télékinésie grâce à la Force. En attendant de passer maître Jedi, il joue à la Wii U. Accessoirement rédacteur en chef, quand il arrive à se faire entendre des autres, qui mettent le son trop fort, les farceurs.

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