Gamescom 2017: Curve Digital

Apprécier ou non un rendez-vous de la Gamescom dépend parfois beaucoup du contexte. Au début du salon, on est frais et rempli d’enthousiasme. Mais après 3 jours complets à courir à droite à gauche, la fatigue se fait ressentir et l’on est plus forcément en mesure d’apprécier à leur juste valeur les présentations de jeu, surtout lorsqu’ils n’ont pas l’air terribles. La petite visite chez Curve Digital était la dernière qui figurait sur notre planning et le stand minuscule bourré de monde dans lequel 2 jeux différents étaient présentés n’était certainement pas le meilleur moyen d’apprécier ce qu’ils avaient dans le ventre. Mais on a fait de notre mieux.

Racing Apex

Racing Apex Curve Digital Gamescom 2017 cover

Derrière ce nom étrange se cache un jeu de course au style visuel bien particulier. Uniquement composé de polygones et totalement dénué de textures. Ça rappelle un peu les débuts de la 5e génération de console, lorsque le match qui opposait Daytona USA à Ridge Racer était la version d’alors du match PES/FIFA d’aujourd’hui. Des tours de piste d’environ une minute, une durée totale de course qui se situe au-dessous des 5 minutes, des voitures de course de type Nascar ou autre de ce genre, voilà qui a de quoi attirer l’attention. D’autant plus que le développeur présent nous indique qu’il a travaillé sur 2 jeux Burnout et qu’un de ses collègues avait officié sur un autre de ces nombreux jeux de course de la 7e génération de console. On s’attend donc à une conduite bien arcade et bien nerveuse. Oui mais voilà.

Déjà lorsque le développeur lance une course pour nous montrer la bête, la sensation de vitesse n’est pas là, je ne sais pas où elle est, mais pas dans Racing Apex. On a beau se frotter les yeux en regardant le compteur de vitesse de la voiture qui affiche fièrement 335 km/h, on a l’impression de se trouver sur une route cantonale en milieu de journée. Ça n’avance pas, et pour un jeu de course de cette trempe, ben c’est quand même fort ennuyeux. En plus de cela, le jeu tourne en 60 fps, inutile donc de mettre cela sur le compte d’un frame rate à la peine.

Apex racing course gamescom 2017

La deuxième déception, encore bien plus grande celle-là, se produit lorsque le développeur nous invite à prendre la manette en main. Pour faire simple, les sensations de conduite sont assez catastrophiques. Histoire de vous expliquer la chose, imaginez piloter une voiture sur une savonnette géante que l’on vient d’utiliser pour se laver les mains. Ça patine sa maman. Le moindre virage se termine en tête à queue. Il faut croire que c’est ce qui arrive lorsqu’on conduit à 300 km/h. Ouais, on veut bien.

Mais là, sans sensation de vitesse et avec des pneus en mode curling, on a du mal à comprendre où est censé se cacher le plaisir de conduite. Peut-être suis-je nul aux jeux de voiture, peut-être n’ai-je pas le skill nécessaire. Possible. Mais après le 8ème tête à queue, après la deuxième série de tonneaux, on a juste pas envie de poursuivre l’expérience. Et on se fiche un peu que le jeu soit développés par des habitués des jeux de course, propose aussi un mode bataille, des courses avec des armes style Mario Kart, 16 circuits ou encore une météo dynamique (je n’ose pas imaginer la physique des pneus sous la pluie, mon dieu…). Racing Apex n’est pas agréable du tout à jouer dans son état actuel. Alors espérons que les développeurs corrigent ces problèmes d’ici sa sortie en 2018. En attendant, oublions ça.

A Knight’s Tale

A knight's tale Curve Digital Gamescom 2017 cover

Il y a des jeux de plateformes, il y a des jeux d’aventure, il y a des RPG, il y a des Metroid-like. Puis il y a les jeux comme A Knight’s Tale qui font tout, ou du moins qui essaient de tout faire. Développé par une équipe de deux personnes, A Knight’s Tale se veut un jeu inspiré par tout ce qui a bercé les jeunes années des deux développeurs, Mario, Zelda, Metroid, Donkey Kong, Sonic, Banjo-Kazooie et j’en passe.

La démo prenait place dans une zone de jeu relativement vaste, recouverte de verdure et de structures rocheuses, où l’un des développeurs se baladait librement en nous expliquant au fur et à mesure toutes les possibilités qu’offre le jeu. « C’est juste la première zone de jeu, il y en a 4 autres, avec des donjons principaux, des boss, et tout » nous assure-t-il. Il y a de quoi avoir le tournis. On peut sauter de plateforme en plateforme, on peut débloquer des compétences, on peut looter, crafter, troquer, vendre des objets, faire de l’infiltration. On peut parler à des PNJ, combattre des monstres. On peut utiliser les pouvoirs de glace, de feu, d’eau dans un dynamisme assez saisissant (gelez la fontaine pour transformer l’eau en plateforme, ce genre de choses). Courir sur l’eau, faire des combos. Les niveaux sont pensés un peu à la manière d’un metroid-like, à savoir que d’y revenir plus tard avec de nouvelles compétences permettra de débloquer de nouvelles zones. Et j’en passe.

AKnightsQuest Curve Digital Gamescom 2017 pont

C’est simple, dans A Knight’s Tale, il semble qu’il y ait tout ou presque que l’on ait déjà rencontré dans un jeu Nintendo. Toutes les mécaniques, toutes les possibilités. Et même si la direction artistique n’est pas des plus mémorables, ou que rien ne semble jamais très original, le tout force le respect étant donné que ce tout est le fruit de deux personnes. On est là devant un jeu qui semble avoir été développé par une équipe d’une quinzaine de personnes, mais qui est le fruit de deux individus. J’avoue que je n’en reviens toujours pas.

« Vous n’êtes que les deux sur le projet » leur demande-je d’un air interloqué. « Oui » me répondent-ils. Je les regarde de manière dubitative. « Donc…donc vous avez fait cela…à deux? » je poursuis de manière hallucinée. « Oui, cela fait deux ans qu’on travaille d’arrache-pied. On y passe tout notre temps, tous nos weekends. On ne fait rien d’autre. Le jeu devrait être terminé à la mi 2018 et sera publié sur toutes les plateformes, même la Switch. On commence à voir le bout du tunnel » qu’ils affirment le visage imprégné de fatigue. Il ne me reste qu’à les féliciter et leur souhaiter bon courage pour la fin de leur développement. Difficile de donner des impressions sans avoir la manette en main. Mais s’il y a bien une chose dont ne manque pas A Knight’s Tale, c’est du cœur. A voir donc.

 

Author: Monsieur Plouf

Chroniques de Monsieur Plouf Série de critiques vidéoludiques http://www.youtube.com/user/ChroniquesMrPlouf

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