Gamescom 2016: Dishonored 2 & Prey présentés chez Bethesda

La Gamescom. Ses petits fours, ses robes de soirée, ses poignées de main franches et sympathiques, son calme ambiant et sa rigueur, ses Ferrero Rocher. Puis des fois, il faut entrer par les conduits de ventilation pour empêcher un groupuscule allemand, se faisant passer pour des terroristes preneurs d’otages, de voler plus d’un demi-million de dollars. Ou peut être que je confonds avec Piège de Cristal.

Dishonored_2 extérieur gamescom 2016

Cette direction artistique.

Mon entrée dans le stand de Bethesda ultra privé (apparemment…) s’est plutôt faite en demandant toutes les dix minutes d’un air mi-convaincu, mi-les yeux du Chat Potté, à la responsable de l’entrée si je pouvais me joindre au collègue de Joypad.ch, qui lui avait une invitation, « certo »! Mon charisme à toute épreuve et mon sourire Colgate ont eu raison de ses considérations de sécurité et j’ai pu prendre place dans la salle de cinéma, non sans écraser quelques orteils d’un journaliste allemand odorant en tongs au passage. Donc présentation de Dishonored 2 par Arkane Studios. J’ai beau chercher des manettes des yeux, rien n’y fait, déjà il fait noir et surtout, l’appellation « salle de cinéma » n’est pas là pour rien. Donc on ne jouera pas, mais on écoute religieusement et on prend des notes à l’aveugle, sur ce que j’espère être mon propre calepin. Bref, on suit sur l’écran Emily, que les joueurs du premier épisode connaissent bien, qui a visiblement hérité des habilités de Corvo. Il sera d’ailleurs possible de choisir entre les deux protagonistes pour parcourir le scénario de deux manières différentes. Mais la première chose qui frappe c’est le nouveau moteur graphique Void Engine en osmose avec l’ambiance, encore plus « steam punk » que celle du premier. A certains moments, je me croyais presque revenu sur une des îles de Myst (en 15’000 fois plus beau, on s’entend), mais ce mélange de classieux et lugubre fait vraiment son petit effet.

Dishonored_2 conservatoire gamescom 2016

Mais cette direction artistique!

Dans l’extrait qui nous a été montré (que vous pouvez voir en partie ci-dessous), des robots-oiseaux de garde se sont animés après qu’Emily ait un tantinet énervé le propriétaire des lieux. S’ensuit une séquence d’évasion où l’on a pu mesurer l’ampleur des multiples chemins à choix. Les différents pouvoirs offrent toujours la possibilité de se la jouer bourrin au combat, ou plutôt discret et méthodique. Emily a, par exemple, échappé à ses poursuivants en grimpant sur de gigantesques lustres, avant de lier trois cibles par magie et les éliminer en un seul coup. Puis elle s’est retrouvée à l’extérieur du palais à choisir quel serait le meilleur moyen pour en redescendre et atteindre la ville. Je n’aime pas trop m’enthousiasmer à la simple vue d’une séquence unique, j’ai appris à être prudent lors des démonstrations, pourtant lorsque l’écran s’est éteint je me suis dit « je veux jouer à ce jeu ». Encore deux mois à attendre pour sa sortie sur PC, Xbox One et Ps4, juste le temps de se refaire le premier, après il piquera trop les yeux (psssst, il est à 10 balles sur Steam, au cas où…).

Prey Bethesda Gamescom 2016

Les « neuromods », le cauchemar des surveillants de BAC.

L’écran s’est alors rallumé et le micro est passé au président d’Arkane pour parler de Prey. En voulant surfer sur la hype de Dishonored 2 qui venait de s’emparer de la salle, ce Monsieur a commencé son introduction en disant que leur studio, et plus précisément l’équipe bossant sur Prey, avait beaucoup de respect pour ce qui a été fait dans Dishonored 2, qu’ils aiment les jeux comme ça et qu’ils sont fiers que Prey y ressemble. Le problème c’est que ça se ressemble justement et passer juste derrière l’autre présentation donne un peu l’impression d’assister à une copie de seconde zone. Attention, ça ne veut pas dire que Prey s’annonce mal, au contraire, ce qui nous a été montré était plutôt intéressant, mais puisqu’il fait appel à des mécaniques très similaires, l’effet est moins saisissant. Bye-bye sabre et poudre à canon, bonjour fusil laser et créatures de l’espace dans ce remake-suite-reboot-pas pareil. Sur leur site web, on peut lire que Prey n’est ni une suite, ni un remake. Il n’a rien à voir avec l’original, d’après Raphael Colantonio, président d’Arkane Studios et directeur créatif du jeu. Tu voulais pas lui donner un autre nom à ton jeu du coup? C’est comme les statistiques annuelles des prénoms, faut en avoir un certain quota identique ou comment? L’action se déroule dans une station spatiale infestée de bestioles qui rêvent de transformer notre cage thoracique en table de chevet (il existe des tutos sur leur Youtube à eux pour ça). Puisque tout le monde s’est barré/s’est fait bouloté, il ne reste plus trop d’armes à disposition. Pour pallier ce manque, notre personnage pourra apprendre des nouvelles compétences via un système influençant sur les neurotransmetteurs, un peu comme Neo apprenant le kung-fu en trente seconde dans Matrix. Plusieurs styles de jeu seront disponible mais la discrétion et la réflexion semblent plutôt encouragées. Vous devez entrer dans un bureau administratif, du genre guichet de la poste fermé et vous n’avez pas la clé? Pas de problème, incarnez-vous dans la tasse posée sur le comptoir et roulez dans l’espace ouvert sous la vitre. Cet extrait présenté avec une touche d’humour donne un bon aperçu de l’éventail des possibilités que l’équipe souhaite offrir aux « joueurs créatifs ». De leur présentation ressortait cette envie de récompenser les joueurs qui prennent le temps de se dire « pour résoudre ce problème j’aimerais faire ça », en rendant justement cette action possible, notamment en recyclant la plupart des objets rencontrés pour en créer d’autres. La démarche est louable mais pour l’instant on peine un peu à se faire une idée globale de ce que sera le gameplay et je reste accroché au regard aguicheur de Dishonored 2 pour me laisser distraire par Prey. Il souffre de la comparaison, vous dis-je, mais puisqu’il est prévu pour l’année prochaine, sur PS4, PC et Xbox One sans date précise pour le moment, nous avons le temps de voir si nos prey-ières seront exhaussées ou non et de lui laisse son propre pré-y pour gambader à son aise. Ne soyez pas prey-ssés. Ok j’arrête, le groupuscule allemand m’a remarqué, il est temps d’aller marcher à pieds nus sur des bris de verre.

Author: Founet

A ne pas confondre avec le village vaudois, est à peine plus jeune qu’une Famicom. Vouant un culte à George, il découvrit son amour du jeu vidéo et de la techno allemande pendant les grandes années de Lucas Arts. De ses nombreuses heures passées à cliquer lui vient son humour absurde et sa cleptomanie. Frappé d’une mystérieuse malédiction, les machines semblent se rebeller lorsqu’il les manipule ou fait mine de les regarder. Founet ne roule jamais en-dessous de 88 miles à l’heure et rêve de maîtriser la télékinésie grâce à la Force. En attendant de passer maître Jedi, il joue à la Wii U. Accessoirement rédacteur en chef, quand il arrive à se faire entendre des autres, qui mettent le son trop fort, les farceurs.

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