Le retour du Roi! [Crusader Kings 3]

Là normalement, je vous sors mon laïus sur mon amour profond pour Paradox, la grande stratégie et comment je suis trop fan de tout ça. Puis pourquoi je souhaite être intransigeant quand même envers le produit. Ensuite, je vous parle du jeu précédent, Crusader Kings 2 qui était déjà brillant et enfin de Crusader Kings 3. Et finalement que c’est encore mieux. Le perfectionnement, l’aboutissement de la formule et le gommage des défauts du prédécesseur. Ça serait simple et sans beaucoup d’originalité. Je ne vais donc pas du tout faire ça et simplement vous parler de la partie dans laquelle je suis en train de conquérir le monde. Crusader Kings

En l’an de grâce 867, voici donc les hauts faits de la famille de Neuchâtel. Dont le modeste domaine, accordé par les preux rois de Bourgogne en des temps immémoriaux, se composait au départ, des chasteaux comtaux de Neuchâtel et de Berne et de l’évesché de Lausanne. En cette huit cent soixante septième année après la naissance de Jésus Christ nostre Saint Sauveur, nous sommes le valeureux, mais obscur comte Gerold. Fils de Gerold, chef ancestral de la famille et fondateur des « de Neuchâtel ». Crusader Kings

Nous sommes de lointains cousins des Carolingiens, Rois de Francie occidentale ou d’Italie. Nostre seigneur lige se trouvait estre le très saint roi de Lotharingie. Nostre noble éducation nous conduisit à nous spécialiser dans les arts de la guerre. Ce n’est pas la voie la plus guillerette en termes d’option de vie, mais elle est particulièrement efficace dans les batailles qui ne manquent pas de s’offrir à un modeste, mais ambitieux noblion.

Le mode de vie Martialité. Nous fumes instriu dans ce noble art.

Le mode de vie Martialité. Nous fûmes instruits dans ce noble art.

Dieu tout puissant nous avait bénis avec deux solides enfants déjà adultes. Nostre fils Adalgoz, féru des arts de la diplomatie et héritier du domaine, nous paraissait très prometteur pour pacifier les conquestes que nous prévoyions déjà de faire.  Et nostre fille Rachel que nous nous empressâmes de donner en épousaille au compte Suppo (NDMoi-même: oui, j’invente même pas, il a vraiment ce nom) de Ferrare en échange de son indéfectible soutien lors des guerres à venir.

La femme qu’il nous faut

Avant toute chose, il me fallut prendre épouse pour remplacer la défunte mère de mes enfants. Le but premier était d’étoffer ma descendance. La vie ne faisant pas de cadeau, le très Saint-Père Céleste nous envoyant parfois des épreuves insurmontables. Ensuite, elle pourrait, si elle était pourvue des capacités nécessaires, nous apporter précieux conseils lors de nostre règne. Pour finir, il ne fallut pas négliger la possibilité d’utiliser ce joyeux événement pour forger une alliance avec un preux voisin. Et si par chance, la prétendante pouvait se trouver estre la seule descendante dudit voisin, alors le sort (ou mon maistre espion) favoriserait peut-estre une magnifique conqueste diplomatique par héritage. Tous ces points se trouvant sur la table, nous passâmes plusieurs jours à faire recherche de ma promise. Puis Crusader Kings

Finalement, nous jetâmes nostre dévolu sur Hildeburg Taillefer. Ses compétences diplomatiques passables complétèrent à merveille mes errances dans cet art. De plus, elle se trouvait estre la petite fillote du Duc d’Angoulème. Il fut, et la suite le prouvera, un allié de choix.

La mesme queste matrimoniale fut mise en place pour trouver compagne à mon héritier. Nous choisîmes une roturière de la lointaine Grèce, terre du grand Alexandre. Nous perdîmes de la gloire à faire entrer quelqu’un de basse extraction dans nostre maison. Mais Eudokia, c’était son nom, possédait la réputation d’estre un génie. Et c’est le genre de traits héréditaires et d’éducation que nous souhaitions pour nostre ligné.

Image du tuto. D'ailleurs très bien fait.

Image du tuto. D’ailleurs très bien fait.

Deux mariages…

Ainsi fut célébré conjointement le mariage des deux personnages les plus importants de nostre petit pays. On me conseilla bien d’offrir les cousts de la célébration à la populace, mais les temps futurs annonçaient la guerre… et les coffres de l’état se devaient de payer les troupes si nous voulions finir victorieux. Nous décidâmes donc de conserver ces précieux écus. Tant pis pour la gloire et l’amour du peuple. Cela viendrait en son temps.

Afin de permettre à nostre domaine de prospérer tant en taille qu’en réputation, nous réunîmes nostre conseil, composé :

  • d’un maréchal des armées plutôt incompétent. Nul doute que nostre fils et nous-mesmes prendrions le commandement des corps d’armée le moment venu. Pour le moment, ce maréchal fit parfaitement l’affaire pour l’entraînement et le prérecrutement de la piétaille paysanne qui formait alors le gros de nos troupes.
  • d’un évesque, imposé par le Pape, loué soit-il, avec des capacités décentes, non révocable donc, mais utile pour la paix religieuse. Son érudition nous permit d’entamer des procédures juridiques nous octroyant des droits sur les comtés voisins. Ces droits justifiants, tant aux yeux de Dieu que des autres seigneurs, les guerres de conqueste légitime.
  • d’un intendant suffisamment qualifié pour nous permettre d’engranger la dîme et les autres taxes sans nous mettre à dos le peuple. Il servirait également à répandre nostre belle culture souabe dans les nouveaux territoires conquis le moment venu.
  • d’un excellent chancelier, maistre diplomate, garantissant des alliances fortes, des relations apaisées avec nos voisins les plus menaçants et surtout permettant de convaincre le tiers état des bienfaits de nos décisions.
  • d’un maistre espion, indispensable à la cour pour déjouer des complots, mais aussi pour en perpétrer. Dieu m’en pardonne, mais nécessité fait parfois loi. Bien entendu, un tel personnage doit rester sous contrôle, car le Très Haut nous préserve qu’il se retourne contre son seigneur. Je le couvris d’or pour le garder dans mes bonnes grâces.
  • Nostre conjointe nous presta assistance. Au gré des différentes actions que nous entreprîmes, elle put spécialiser ses aides qui furent souvent décisives.

À l’exception du délégué de nostre très saint Pape et de nostre épouse, tous étaient révocables. Cependant, tous étaient également nos vassaux et n’acceptèrent jamais de gaieté de cœur de céder leur place.

Le conseil (ici à la fin de nostre régne en 1354.

Le conseil (ici à la fin de nostre règne en 1354).

D’ailleurs, de tout temps, les plus puissants desdits vassaux de nostre pays considèrent que leur rang leur octroie de facto, une place dans nostre conseil. Ignorer les demandes des uns et des autres peut les pousser à la révolte ou au complot. Ménager la chèvre et le chou est donc un travail de tous les jours, éreintant, mais nécessaire.

…et…

Nous missionâmes nostre évesque pour qu’il forgeât des revendications sur le comté voisin d’Aarau. Cela prit quelques années et nous laissa le temps de préparer nos hommes au combat. Dans le mesme temps, nous eûmes l’énorme plaisir d’accueillir dans la famille, nostre petit-fils Eberhard. Adalgoz et Eudokia avaient bien travaillé. Les astres et la volonté de Dieu semblaient nous favoriser. Il fut temps de réclamer ce qui, sur le papier, nous revenait dorénavant de droit.

C'est ici que tout commença. Le berceau des de Neuchâtel.

C’est ici que tout commença. Le berceau des de Neuchâtel.

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Nous lançâmes nos troupes à travers le plateau helvète avec forte célérité. Le chasteau comtal tomba prestement. Cela prit par surprise mon modeste voisin qui tenta de trouver refuge en Lombardie limitrophe. Las pour lui, les hommes de nostre allié Ferrare l’attendaient sur le haut col alpin du Saint Gothard. Ce dernier nous soutint de toute sa force céleste et nous brisâmes l’armée honnie. Les lambeaux de son escouade l’entourant, le félon Comte d’Aarau échappa de peu à nostre allié Angoulême qui barra sa retraite. Mon fils, glorieusement, mit fin à cette cavalcade en le capturant. Nous fûmes victorieux et le deuxième jour du mois d’octobre de l’an huit cent soixante et huit, nostre domaine s’agrandit d’un nouvel territoire. Mais la joie qui monta en nous, flétrit presque immédiatement quand nostre maistre médecin vint m’informer d’Adalgoz avait été touché en traistre par un carreau au moment de l’arrestation du fuyard.

…deux enterrements

Bien qu’il fût encore fort gaillard pendant presqu’une lune, nostre cher descendant ne se remit pas de cette estafilade et succomba. La tristesse et le stress nous éprirent si fortement que nous décidâmes de vivre complètement reclus. Seul nostre conseil, pour gérer les affaires courantes et nostre petit fillot Eberhard qui, seul, nous empécha, grâce à la vie qui débordait de lui, de sombrer complètement dans la folie, eurent droit de nous visiter.

Après quelques mois au cours desquels nous commençâmes par trop remplacer une partie de nos repas par quelques nectares de nostre vignoble, nous prîmes la décision de porter nostre désespoir chez l’ennemi. Nous avions un sérieux contentieux avec le comte Eudes de Dôle au sujet de la ville frontalière de Pontarlier. Mes gueux ne pouvaient plus y vendre leur laine et cela fut prétexte pour revendiquer tout le comté de Besançon.

La guerre s’annonçait brève et le fut. Elle se termina victorieusement et Besançon s’annonçait comme la dernière pierre de la couronne de Duc de Transjuranie que nous nous apprestions à fonder. Le Très Haut en décida autrement. En effet, nous mourûtes en plein siège du chasteau comtal d’une cause inconnue. La mort de nostre fils et ses conséquences ne durent pas estre étrangères à l’état de délabrement physique qui nous mena à cette triste fin.

Résurrection

Cependant, au moment de trépasser et de rejoindre Le Tout Puissant, nostre âme fut déroutée des voies du ciel éternel et nous nous retrouvâmes dans le corps encore fort étriqué du trop jeune Eberhard. Il nous fallut longtemps pour comprendre. D’autant que nos capacités furent sensiblement limitées, un peu par nostre corps d’enfant, mais surtout par la considération que nostre entourage donnait à nostre trop jeune carcasse. Nous parvînmes néanmoins à nous faire couronner duc comme nos plans le prévoyaient. Nous profitâmes de cette nouvelle enveloppe pour chercher une éducation focalisée sur l’intendance. Nostre vie précédente nous ayant montré que celui qui possédait le plus d’écus pouvait ensuite facilement posséder tout le reste [NdTeiki : n’avons-nous donc point Maistrecarte afin de palier au reste ?].

Duc Eberhard de Transjuranie. Le premier d'une longue lignée.

Duc Eberhard de Transjuranie. Le premier d’une longue lignée.

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Nostre jeunesse fut occupée à satisfaire nos vassaux et à former un conseil efficace. Par les mesmes stratagèmes que naguère nous parvînmes à agrandir nostre domaine avec les conquestes du Sundgau, de Genève et d’Aoste. Ensuite, nous prîmes femme en la personne de Tigrit, fille du puissant Duc d’Apulie. Cette alliance fut profitable, car elle nous permit de soumettre les comtés de Zurich et de Dôle. Nostre épouse nous donna trois filles. De bien bels enfants, mais pas de vrais successeurs. Nous ne savions pas s’il faudrait finalement demander auprès du Saint-Père un juste divorce pour trouver femme capable d’enfanter le sexe fort tant attendu.

La vie de Bohème

Pendant ce temps, nostre nouveau statut de puissant duc ne passa plus inaperçu aux yeux de nostre seigneur lige, le roi de Lotharingie. Il nous nomma maistre intendant du royaume. Ce poste, en plus de nous rapporter gloire et substantiels revenus supplémentaires, nous permit d’obtenir des informations sur les guerres à venir. Nostre bon roi, suivant les conseils de ses vassaux belliqueux du Nord, décida d’attaquer le modeste royaume de Bohême. Nous levâmes nos troupes et nous nous battîmes fièrement et avec honneur au côté de nostre juste seigneur. Et Dieu semblait avoir choisi nostre camp.

Lorsque la mort nous prend. (Image issue de la collection d'une famille insignifiante)

Lorsque la mort nous prend. (Image issue de la collection d’une famille insignifiante).

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Malheureusement, au moment où nous semblions nous trouver en position de conclure, le puissant roi de Francie occidentale déclara la guerre à nostre royaume. Au prétexte fallacieux d’acquérir le comté de Besançon. Nostre comté de Besançon! Soi-disant que le duc de Haute Bourgogne, son vassal direct, possédait des droits de Jure sur ce comté. C’était un outrage envers nostre lignée, nostre famille et donc nostre seigneur lige. Nous fîmes venir de toute urgence nos troupes de Bohème. Ainsi, nous remportâmes les premières escarmouches et prîmes positions dans les forests du Jura. Nous étions bien retranchés, mais pas assez nombreux pour pouvoir porter l’offensive au cœur de l’ennemi. En effet, nous attendions des hommes de nostre bon roi pour passer à l’action. Pour augmenter les auspices en nostre faveur, nous engageâmes un groupe de mercenaires aguerris.

Trahison en mon coeur

Le roi ennemi occupa nostre comté sans que nous ne pûmes réagir. Les renforts promis ne vinrent jamais. Nous tentâmes le tout pour le tout, grâce à une organisation sans faille, remportâmes quelques bien belles batailles. Malheureusement, la réserve d’hommes de nostre adversaire semblait inépuisable, tandis que dans nostre camp, tant ost que trésor se vidaient plus vite que de raison. Le coup de grâce provint pourtant de la cour feutrée du chasteau de nostre seigneur qui céda nostre bien bel comté de Besançon en échange d’une paix durable avec la Francie occidentale.

Deux informations sur cette image: 1) on peut influencer la science de nostre culture pour autant qu'on en soit le personnage le plus glorieux. 2) on peut incarner des infidels.

Deux informations sur cette image: 1) on peut influencer la science de nostre culture pour autant qu’on en soit le personnage le plus glorieux. 2) on peut incarner des infidels.

Comment avait-il osé? Nous abandonner ainsi? Voilà comment l’on récompensait les plus fidèles des serviteurs en Lotharingie?  Ainsi donc, il n’était plus question pour nous de nous soumettre aveuglément. Nostre queste ultime fut, dès alors, la conqueste de nostre indépendance. Il nous fallut « recruter » des alliés conséquents. Et la récompense ultime fut à la hauteur de ces efforts : la création du grand Royaume de Bourgogne. Mais cela ne se passa point de nostre vivant en tant qu’Eberhard. Puis Crusader Kings

Nous (Amadou et) mariâmes nos filles à des nobliaux locaux, fort peu nobles, mais prometteurs. Nous fûmes fort attentifs à veiller à ce que ces noces fussent faites de manière matrilinéaire. En sorte que nos futurs petits enfants furent membres à part entière de la grande lignée des de Neuchâtel.

Meurtre et révoltes

Si nostre union matrimoniale fut donc fructueuse tant en termes de qualité de progéniture que du nombre d’enfants, ma tendre moitié se révéla incapable de nous offrir un successeur. Le Saint-Père, avec lequel nous entretînmes des relations tumultueuses pendant nombres d’années par l’intermédiaire de ses évesques qui ne goustaient guère nostre libéralité avec les minorités païennes de nostre contrée, nous refusa un juste divorce. Il nous fallut nous résoudre à mandater nostre maistre espion pour qu’il permette à mon épouse de rencontrer le Très Haut de manière anticipée. Cette mission dut estre menée avec trois conditions: un trépas sans douleur, qu’il passa pour un accident et qu’il fut impossible de remonter jusqu’à nostre personne. Puis Crusader Kings

Lorsque l'on mandate un assassin, il faut parfois être prudent et patient.

Parfois si l’on mandate un assassin, il faut être prudent et patient.

Malheureusement, Nostre Père Céleste, assez logiquement, ne donna pas sa bénédiction à telle entreprise et nostre honneste serviteur se fit prendre. Rompant sous la tortue, il avoua nostre rosle de commanditaire. Ma douce périt, fort heureusement, dans son sommeil. Cette bien triste aventure arriva aux oreilles du Pape. En conséquence, il nous excommunia. Cet événement fortuit mit à mal tous nos plans. Il fut plus ardu de trouver femme. Vassaux et gueux se soulevèrent et nous dûmes lever mes bannières pour réprimer dans le sang ces infamies.

Partir, c’est mourir un peu

Lorsqu’enfin nous parvînmes à remettre ordre en nostre domaine, Dieu décida de nous rappeler parmi les siens. Nous apprîmes, peu de temps avant d’estre occi que nostre évesque avait mené complot pour parvenir à nostre perte. Il eût fallu estre plus retord envers les prélats. Ce fut une leçon. Elle nous apprit à nous méfier et nous nous préparâmes à jouer au jeu de l’influence religieuse. La suite montra au monde qui avait les faveurs du Divin.

La suite? Oui, car en effet, comme lors de mon précédent décès, nous fûmes immédiatement transportés dans le corps de mon aînée Maria. Nous avions fait fort attention de choisir les meilleurs précepteurs et son éducation orientée en diplomatie nous fut d’un précieux soutien lorsqu’il fallut convaincre nos barons qu’une femelle pouvait régner.

Cette loi si puissante, mais si injuste: l’héritage

À l’inverse, nous constatâmes bien vite que nous n’avions pas été assez consciencieux dans la préparation de nostre succession. Les lois héréditaires en vigueur en terre souabe étaient, à l’époque, fort peu nobles et partageaient presque équitablement nos titres entre tous les descendants directs. Nos « soeurs » Magret et Constance devinrent respectivement Comtesses de Neuchâtel et de Zurich. Étant de rang inférieur, elles restèrent nos sujettes. Mais nous, Maria, nous nous promîmes de rester attentives à cela. En effet, tant que nos clercs n’auraient pas suffisamment innové en matière de droits, ces règles nous mettaient à la merci de perte de territoire domaniale à chaque changement de régnant. Sans parler d’éventuelles guerres de succession. Puis Crusader Kings

La première Reine de la lignée. Maria de Neuchâtel, Souveraine de toutes les Bourgognes.

La première Reine de la lignée. Maria de Neuchâtel, Souveraine de toutes les Bourgognes.

Nous fîmes un riche mariage matrilinéaire avec le comte des Grisons, nostre successeur hérita dudit comté sans avoir à lever le ban ducal. Nous eûmes quatre enfants, Folkmar, Frida, Dietpolt et Gertrude. De grandes manœuvres tant diplomatiques que guerrières nous permirent d’étendre nostre territoire vers le sud. Les comtés de Turin, de Savoie, de Lombardie puis de Provence tombèrent entre nos mains. Dans l’intervalle, nous entreprîmes un pèlerinage vers la très Sainte Rome. Cela nous mit dans les bonnes grâces, tant du Seigneur que de son représentant sur terre.

Independance Day

Les conditions étaient enfin réunies. Nous avions légalement le droit de créer le Royaume de Bourgogne. La dernière embûche, la plus insurmontable, résidait dans le lien féodal qui nous reliait à nostre seigneur lige Lotharingien. Nous posâmes les fondations de solides alliances en mariant nos deux filles aux branches cadettes des puissants roi de Francie occidentale et Empereur de Byzance. Il fallut les couvrir d’or pour achever de les convaincre, nous n’étions mesme pas encore reine, juste une duchesse aux marges d’un royaume barbare. Quand tout fut en place, nous levâmes nostre Ost, nos alliés firent de mesme et ainsi, nous fîmes plier nostre ancien maistre. En lui arrachant nostre domaine, il perdit un tiers de son territoire. La gloire de Lotharingie était passée.

Nostre indépendance acquise, nous fûmes couronnées Reine de Bourgogne en collégial de Neuchâtel. Le monde s’ouvrit à nous. Plus rien ne pourrait stopper l’irrésistible ascension des de Neuchâtel. Nous mourûmes quelques années après en laissant à nostre fils, l’ambitieux Folkmar, un royaume prospère, une famille avec de très bonnes dispositions héréditaires et une armée au sommet de la modernité.

L'arbre généalogique des glorieux fondateurs de nostre fabuleuse lignée.

L’arbre généalogique des glorieux fondateurs de nostre fabuleuse lignée.

Fortes épopées, conquestes et intrigues nous menèrent, à travers toute ma descendance, a étendre nostre domaine. Jusqu’à l’arrivée du Roi Zyvon Ier. À l’époque où nous l’incarnions, nous possédions les royaumes de Bourgogne, de Francie Orientale, de Lotharingie, de Bavière, du Danemark et de Grande Moravie. De fait, nous pûmes fonder nostre Empire de Neuchâtel, le 25 décembre 1118, jour anniversaire de la naissance du Fils du Père.

Le chemin de la rédemption passe par la vraie foi

Dans l’enchaînement direct, nous fûmes ensuite Zyvon II, dit l’érudit. Nous mîmes à profit nostre profonde sagesse pour nous plonger dans les saintes Écritures. De ce savoir, nous pûmes tirer des enseignements extraordinaires. L’église de Saint Pierre se fourvoyait. Elle trompait les bons chrétiens! Il fallut rompre avec la putain de Rome. Nous fondâmes donc une nouvelle religion. La vraie foi fut enfin révélée. Le Zyvonisme devint culte d’État. Le clergé fut réformé. La complète égalité entre homme et femme fut proclamée. Le droit de conquête religieux fut drastiquement étendu. Le souverain de l’Empire de Neuchâtel fut nommé à la tête de la vraie église du Christ. Nous devînmes, de facto, le Pape du Zyvonisme. Dieu fut enfin officiellement à nos costés. Nous dirigions par Droit Divin, directement. Plus rien ne put ensuite se mettre en travers de nostre route.

Pour la postérité

En l’an de grâce 1354, de longs siècles ont passé. Moult Conquestes, révoltes, croisades, ou autres intrigues ont jalonné nostre fresque familiale. Nous incarnons actuellement le Pape Zyvon VIII, dit le redoutable. Nostre famille a restauré l’Empire romain et nous régnons sur les trois quarts du monde connu. Il nous reste à soumettre quelques tribus des steppes asiatiques, la péninsule indienne et le faible royaume du Mali. Nous sommes tant craints que respecté du septentrion aux jungles d’Afrique, de l’immense mer des Atlantes aux confins de l’Orient.

Le monde nous appartient!

Le monde nous appartient!

Crusader Kings

Et nous commençons à sentir la lassitude nous prendre. En regardant derrière nous, des générations de de Neuchâtel nous contemplent. Cette fresque homérique et la responsabilité de tous ces sacrifices pour une telle réalisation nous poussent pourtant. Il est juste de devoir terminer l’unification du monde sous la botte et la bienveillance du Zyvonisme. Pour Dieu, pour nos ancestres, pour le triomphe des justes et saintes valeurs des de Neuchâtel, nous vaincrons! Deus Vult!

Tu peux pas test

Voilà. Vous avez terminé ce pensum. Notez qu’il s’agit, bien que légèrement romancé, de très courts extraits de ce qui s’est passé dans ma partie actuelle (une centaine d’heure IRL en tout sur cette sauvegarde en mode Ironman pour le moment). Ce jeu est un simulateur des Rois maudits ou de Game of Thrones (des livres pas de la série). Un générateur d’histoires homériques, de la simple histoire d’amour aux conquêtes les plus épiques. De l’épidémie la plus dévastatrice à la partie de chasse la plus risible, tout concours pour nous faire vivre des vies multiples et mémorables.

Crusader Kings 2 était un bon jeu. J’ai eu du plaisir à le pratiquer, mais quelques menus défauts (interface pas toujours claire, gestion des troupes fastidieuse, relations avec les vassaux parfois un peu bloquées) m’ont parfois rebuté. La cohorte de DLC de qualité qui était sortie ensuite l’a complété et rendu indispensable à ma ludothèque.

Et voici que débarque Crusader Kings 3. Et c’est la claque. Il est plus joli, plus fin, mieux parachevé que son prédécesseur. Les défauts mentionnés ci-dessus ont disparu et il est quasiment aussi fourni day one que son ancêtre bardé de ses DLC.

C’est quasiment un sans faute. Je ne toucherais plus jamais Crusader Kings 2. Le roi est mort. Vive le roi!

10 Deus Vult / 10

Testé sur PC. Également disponible sur Linux et Mac, ainsi que dans l’offre Game Pass PC.

Deux ou trois points informatifs en vrac

Le jeu offre, pour une fois dans une production Paradox, un très bon tutoriel. L’éditeur a constaté que les joueurs de Crusader Kings 2 recommandaient à tous les nouveaux venus de commencer par jouer un comté d’Irlande pour débuter. Alors plutôt que de réinventer la roue, le studio en a fait un guide du débutant. C’est propre, nécessaire et ça dévoile clairement les poignées pour le prendre en main. Bien sûr, ce n’est que le début tant le jeu est vaste. Mais c’est fort bienvenu.

Quand on commence à jour à Crusader Kings 3, on a le droit de choisir n’importe quel noble du monde (plus ou moins) connu à « l’époque » (Afrique de l’hémisphère nord, Europe, Asie jusqu’en Inde et la Chine de l’Ouest). À l’époque? Contrairement à l’opus précédent, on ne peut pas choisir de date au hasard, il n’existe que deux points de départ fixes qui sont 867 et 1066.

L’interface utilise un système de liens cliquables fichtrement bien foutu: vous ne comprenez pas une notion? Pas de soucis, laissez trainer votre curseur sur ce qui pose problème et une bulle explicative apparaîtra. Mieux encore, la plupart des termes du texte de cette fenêtre explicative sont aussi cliquables. Un système d’aide model!

L'écran de choix

L’écran de choix du début. Ici en 1066. Notez le bouton en bas à gauche qui permet de choisir n’importe quel personnage.

Author: Zyvon

Élevé à la dure par des parents aux penchants amish, hermétiques à la technologie, l’accès aux jeux vidéo n’a pas été facile pour Zyvon. C’est en utilisant l’argent de sa bar-mitzvah, reçu lors de sa première communion, qu’il s’acheta lui-même un ticket pour les mondes diaboliques de la perversion sous la forme d’une Megadrive. #TeamSonic. Malheureusement, il vécu la crucifixion du hérisson bleu comme une trahison et renonça à jamais aux consoles, pour rejoindre les rangs bénis et accueillant de la glorieuse “PC Master Race”, en jurant qu’on ne l’y reprendrait plus. Son éducation sévère mais néanmoins rustique, lui a donné le gout des choses bien faites et faites jusqu’au bout. Zyvon est dur mais juste mais dur.

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