On n’est pas sorti de l’Auberge! [Crossroads Inn, PC]

De la gestion, une ambiance qui sent la binouze et le Moyen Âge à la Game of Thrones et un zeste de RPG? Crossroads Inn, vendu comme ça, avait tout pour me plaire… Mais alors pourquoi ai-je finalement l’impression que le tenancier essaye de m’enfiler maintenant qu’il me demande de payer cette note exorbitante après une nuit dans ce mauvais lit? Crossroads Inn.

L’idée du jeu est la suivante : vous arrivez à la croisée des chemins avec un petit pécule et pas de réputation. Par chance, vous connaissez un banquier et les bases de la gestion d’auberge. Ni une ni deux, il faut mettre en place une affaire qui roule. Crossroads Inn

Une vie sans plaisir, c’est un long voyage sans auberge.

On commence par des murs, un bar, des chaises et un tonneau de gnôle. En général, ça suffit pour attirer les gueux des environs. Ils sont généralement pas trop exigeants. Malheureusement, ils sont aussi rarement pourvus de gros revenus. Il va donc falloir développer ce bouge pour en faire the place to be. Et ça va passer par l’amélioration des lieux en termes de fourniture, de déco et de facilités (on pense jamais assez à l’importance des toilettes). Ajouter des plats au menu et une scène pour les troubadours sont des plus appréciables. Cerise sur le gâteau, de la literie permet de faire dormir sur place les poivrots ayant dégueulassé le sol de la grande salle pour leur éviter un accident de charrette sur le chemin du retour. Et pour leur faire payer la chambre accessoirement.

Lorsque tout cela commence à tourner, on commence à accueillir des personnages uniques en visite. Avec ce genre de gens aux exigences bien affirmées, il est possible d’interagir dans des dialogues qui demandent des compétences se développant au fur et à mesure qu’on les pratique. Oui, c’est ici le côté RPG. Il est maigre, mais sympathique. Surtout qu’il permet ensuite d’envoyer ces mêmes gens effectuer des missions pour vous. C’est donc un renversement assez cocasse de situation dans lequel le joueur devient finalement le donneur de quête.

Achète une casquette, c'est la fête!

Achète une casquette, c’est la fête!

À l’auberge de la décision, les gens dorment bien.

Là, j’ai juste survolé ce que Crossroads Inn propose comme logistique. Il y a en effet, toute une partie gestion de ses employés assez complète. On peut également citer la recherche de nouvelles recettes de plats, l’achat d’ingrédients au meilleur prix ou encore la possibilité de faire pousser ses propres denrées pour maximiser ses profits. Un système un peu bancal de réputation est aussi en place. Il permet d’augmenter la portée de son piège à soûlards, mais également de débloquer du mobilier et d’autres marchés.

Pour faire bonne figure, le jeu possède un mode campagne qui s’apparente à un bon gros tutoriel. Il est bien scénarisé et permet de rencontrer quelques personnages hauts en couleur. C’est donc un passage, si ce n’est obligé, tout du moins fortement recommandé.

Ici aussi.

Ici aussi.

Figue verte et fille d’auberge mûrissent à force d’être pincées. Crossroads Inn

Ça partait bien pourtant, le jeu est mignon. Il ne manque pas de choses à faire, et on le laisse, au début surtout, avec une envie de revenir le voir rapidement. Malheureusement, l’interface n’est pas très ergonomique. Entre les dizaines de clics inutiles et la difficulté chronique pour trouver les informations que l’on cherche, il faut avouer qu’il mériterait un gros travail de refactoring.

Mais ce n’est tristement que son moindre défaut. En effet, une ombre bien plus sombre plane sur ce chouette projet. Il est farci de bugs jusqu’à l’os. Alors oui, le studio est exemplaire dans le suivi qu’il fait de son jeu en tentant de sauver son patient à coup de patch et de bug fix. Il est d’ailleurs dans un état relativement stable pour le moment.  Du genre où, contrairement à la période de sa sortie, il y a quand même occasion de prendre du plaisir en le pratiquant, pour peu qu’on serre un peu les dents. Mais il y a tant de métastases dans tous les sens que sa survie à moyen terme me semble néanmoins compromise.

Ne jamais poser ses fondations sur du sable... T'as compris Crossroads Inn ?

Ne jamais poser ses fondations sur du sable… T’as compris Crossroads Inn ?

À moins que…

À moins que les développeurs de Crossroads Inn, pour une question, par exemple, de gros sous, n’aient décidé d’en faire une beta payante qui ne dit pas son nom. Parce que ça ressemble quand même méchamment à ça. D’où peut-être l’origine des hot fix qui se suivent à une vitesse clairement inverse de celle des serveuses de mon auberge…

5 ivrognes/10

Author: Zyvon

Élevé à la dure par des parents aux penchants amish, hermétiques à la technologie, l’accès aux jeux vidéo n’a pas été facile pour Zyvon. C’est en utilisant l’argent de sa bar-mitzvah, reçu lors de sa première communion, qu’il s’acheta lui-même un ticket pour les mondes diaboliques de la perversion sous la forme d’une Megadrive. #TeamSonic. Malheureusement, il vécu la crucifixion du hérisson bleu comme une trahison et renonça à jamais aux consoles, pour rejoindre les rangs bénis et accueillant de la glorieuse “PC Master Race”, en jurant qu’on ne l’y reprendrait plus. Son éducation sévère mais néanmoins rustique, lui a donné le gout des choses bien faites et faites jusqu’au bout. Zyvon est dur mais juste mais dur.

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