Ce jeu n’est pas pour le vieil homme [Guilty Gear Strive]

Tester un jeu de baston, pas une mince affaire pour bibi ! Il est bien loin le temps de mes belles années à déboiter du badaud sur King of Fighters dans les salles d’arcades. Et avec le temps, les jeux de combat sont devenus pour moi une sorte de party game pour rigoler entre potes. En dehors de mes vieux restes qui me permettent de me défendre pas trop mal, je n’ai aucune idée de la « scène pro » de Street Fighter V ou de ce qui est censé constituer un bon jeu de combat de nos jours. Mais voilà, je me retrouve à tester Guilty Gear Strive. Advienne que pourra !

Et l’univers de Guilty Gear quand on ne connait pas, c’est quelque chose à découvrir. Les personnages semblent tous plus barré-es les un-es que les autres. Une gamine pirate qui nous fracasse une ancre trois fois plus grosse qu’elle sur la tête en invoquant des dauphins pour nous en mettre une supplémentaire. Un médecin avec un sac en papier sur la tête, et une seringue géante, qui invoque des portails transdimensionnels. Une magicienne avec une guitare électrique. Une flic avec un loup spectral. En bref, plein de gens super bizarres tout droit sortis d’un manga psychédélique se réunissent pour se foutre sur la gueule. OK pour moi, je veux bien tester Guilty Gear Strive.

 

Guilty Gear Strive

Les animations sont superbes, dignes d’un épisode d’un bon anime

 

Et je suis le vieil homme

Selon l’avis général (voir metacritic ici), Guilty Gear Strive est vraiment un très bon jeu de baston, très apprécié, malgré quelques critiques sur une épuration des mécaniques afin d’être plus accessible que les opus précédents. Cela m’a donc pas mal interrogé de savoir pourquoi je ne ressentais pas vraiment d’engouement particulier pour ce jeu après y avoir joué. Non pas qu’il faille forcément avoir le même avis que tout le monde évidemment, mais là je n’ai pas l’impression d’être face à un mauvais jeu, j’ai juste l’impression qu’il n’est pas pour moi (pas comme cet autre jeu).

Comme dit en intro, je ne suis plus du tout impliqué dans les jeux de baston comme j’ai pu l’être il y a fort longtemps et je ne fais plus non plus de session de jeux vidéo chez moi avec des potes sur le canap. Donc si je joue à un jeu de combat, j’y joue en général seul (à part Soul Calibur à 2h du mat, mais ça, c’est confidentiel). Cela me laisse trois options dans Guilty Gear Strive : le mode arcade, l’histoire et le online. Allons donc voir cela !

 

Guilty Gear Strive

Pistache ou Capitaine Flamme. Frigidaire ou pédoncule. Créatine ou scarabée. Autant d’intro de combats qui auraient eu autant de sens que celle de Guilty Gear.

 

Pas de carotte, pas de carotte

Alors le mode arcade de Guilty Gear Strive, ça vaut quoi ? Eh ben c’est sympatoche. Voilà, voilà. Il n’y a pas d’histoire, quelques dialogues incompréhensibles, la difficulté semble se régler toute seule au fur et à mesure des défaites ou victoires, puis on finit et voilà. Pas d’histoire particulière à chaque perso à la fin du jeu, même si les dialogues sont quand même différents. Aucun perso à débloquer, ni costume ni arène. Alors oui, je sais que c’est mieux pour « la compète » d’avoir tout à portée de main directement. Mais bon… personnellement c’est le seul moteur que j’aurais pu imaginer pour me donner envie de jouer au mode solo plus que les quelques premières fois. Alors là, sans aucune carotte, autant regarder le téléachat sans le son [NDZyvon: cet homme est accro au loot episode 4 partie 2 #filrouge].

 

Guilty Gear Strive

Le mode entraînement est très complet et j’aurais probablement dû y passer plus de temps avant d’aller me frotter au mode online.

 

Accouple-toi donc avec ta génitrice jeune foutriquet

Quel bonheur de se faire insulter par message après chaque match. Je me rappelle avec affection de mon premier « fag loser » sur Tekken (4 ou 5?). Évidemment, je vais vous parler ici du mode online. Et soyons honnêtes, je ne suis pas assez bon pour me faire insulter correctement.

J’ai donc fait le match de test afin que le jeu détermine mon niveau de base avant d’arriver dans une sorte de lobby en pixel art, avec un avatar que l’on a créé. L’idée est chouette, même si pas vraiment plus fonctionnelle qu’un bête menu. Mais bon, j’avoue avoir bien apprécié l’effort d’originalité.

 

Pixels

N’est pas Marie Poppins qui veut ! (10 points si vous trouvez la référence)

 

Malheureusement les temps de chargements pour lancer 1) le jeu, et 2) le multi, sont franchement rédhibitoires. Comptez en minutes pour lancer le jeu. Apparemment, celui-ci doit à chaque fois aller taper la discute avec les serveurs même si vous comptez faire uniquement du solo. Après le manque de carottes, voici les coups de bâtons.

Par contre, point très positif, et d’avis général, le fameux « net code » de Guilty Gear Strive est excellentissime. Comprenez par là que le jeu gère très bien les différences de qualité de connexion entre les joueurs. Et tant mieux. Car il semblerait que ce mode online constitue le principal, voire le seul, l’intérêt de ce jeu. Le système de ranking est plutôt bien fichu aussi. Un bon point donc.

 

Guilty Gear Strive

Faust a une attaque qui permet de refaire la coupe de cheveux de l’adversaire. Grande classe.

Voyons, n’en faites donc pas toute une histoire

4h30 d’Anime sans aucune interaction. Voilà en quoi consiste le « mode » histoire. C’est un film d’animation qui se déroule aucune participation de notre part. Bienvenue en 2021. Il nous propose de sauvegarder à différents points de l’histoire donc je pensais qu’il y aurait, je ne sais pas, des combats ? Comme dans un jeu de combat par exemple. Je vais être franc, j’étais un peu dégoûté. Voir complètement rebuté. Guilty Gear Strive pourrait être une perle du jeu de combat compétitif, au niveau du contenu solo, il semble ne rester que des nano-miettes (de carottes). On en a gros.

 

Space Buddha

Des rumeurs courent comme quoi Jean-Claude Van Damme aurait été consultant philosophique pour le jeu.

 

Il en faut un peu, quand même, pour être heureux

Alors vous me voyez venir, j’ai pas aimé ce jeu. Ou plutôt, il n’a provoqué en moi qu’un très faible enthousiasme, qui n’aura guère duré. Oui, les combats en eux-mêmes sont prenants et nerveux. Oui, le jeu est très beau et d’une fluidité exemplaire. Mais le contenu initial est franchement décevant : quinze personnages, un mode histoire moins interactif que Dragon’s Lair, aucun élément à débloquer, un mode arcade quelconque. Blah. Et devinez quoi, vous pourrez acheter de nouveaux personnages en DLC. Super.

 

Duel

Si vous perdez certains combats en mode Arcade, une âme charitable viendra vous porter main forte. Ce qui rend en général le combat trivial, mais l’idée est chouette.

 

Mais je ne fais tellement plus du tout partie du public cible qu’il m’est dur de dire que c’est un mauvais jeu en soi. Par souci d’intégrité et afin d’essayer de sortir un poil de mon amère subjectivité, je vais donc lui donner deux notes. Pour vous, les vrai-e-s bonnes-dames et bonhommes qui cherchez un jeu nerveux, très beau, incroyablement bien animé et bien balancé pour aller tâter de la violence en ligne. Ou si vous jouez souvent avec des amis chez vous, allez-y donc gaiment ! Par contre, si, comme moi, vous risquez de plutôt y jouer seul(e) et voulez un minimum de contenu, passez votre chemin.

 

Pour les accros de combat en ligne : 7 Heaven sur 10.

Pour les vieux ronchons qui jouent en solo : 5 Hell sur 10. 

Testé sur Playstation 5, disponible également sur Playstation 4, PC et bornes d’arcades. 

 

Author: Teiki

Recrue la plus prolifique du mercato du marché suisse romand du jeu de mots à 5 syllabes, Teiki (El Matador pour les intimes) est LE nouveau ancien rédacteur de Semper Ludo. Il gravit vite les échelons et grâce à quelques coups de langue bien placé, le voilà déjà en train de remplacer Founet à l’animation de Podcast. Son talent de marchandage s’est créé tôt dans sa jeunesse où il devint un pilier de l’échange d’objet inutile dans Everquest. C’est certainement cet événement qui l’oblige inlassablement à jouer à des jeux avec du loot vert, bleu, violet et orange. Ancien champion de pétanque sans cochonnet, lors d’un accident de roulade, il dû se reconvertir à la randonnée avec les pieds. Son corps est un temple où seules les personnes qui ont enlevé leurs chaussures peuvent entrer.

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