Ballon d’or pour le Covid [Football Manager 2021]

« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ». Que cette citation soit originellement de Vaas Montenegro de Far Cry 3, d’Albert Einstein de la chaine YouTube Physik für dummies ou d’un observateur de la politique suisse, n’a que peu d’importance dans le cas qui nous intéresse. Parce qu’ici, on parle du jeu vidéo Football Manager, avatar incarné de cette phrase emblématique.

Il y a deux raisons de penser que Football Manager fait toujours la même chose.

0-1

La première est inhérente à ce que le genre souhaite proposer. En effet, gérer un club de football (car c’est de cela qu’il s’agit) au jour le jour, même si cela comporte une grosse quantité de trucs à faire, c’est toujours la même chose, saison après saison.

Toujours au top graphiquement.

Toujours au top graphiquement.

0-2

La seconde, c’est que Sports Interactive, fait du FIFA en sortant chaque année le même jeu avec mise à jour des effectifs, des statistiques et trois changements mineurs qui essayent de se prendre le ballon. Est-ce une maladie des jeux de balle au pied en général (comme une pubalgie)? Cela pourrait faire l’objet d’une réflexion approfondie et d’un dossier. Si chez SemperLudo nous faisions des dossiers.

Mi-temps

Nonobstant cette réalité, l’opus 2021 tient toujours la route et les gens qui aiment le football en tableau Excel en auront pour leur argent. La base de données de joueurs et de clubs réels demeure pléthorique. La simulation des matchs reste, à l’instar de sa visualisation graphique surannée, de première force en termes de déroulement de match. L’interaction entre les joueurs et le staff hors du terrain a été encore améliorée.

#jeupourcomptable

#jeupourcomptable Football

Je quitte le stade avant la fin

Tout semble avoir été mis en place pour retrouver le parfum (Fortalis et maillots qui sortent de la lessive) du monde du Calcio (comme le disent nos amis transalpins). Tout? Malheureusement non. Car Sports Interactive se sont fait l’économie de modéliser la pandémie, en plus de ne pas apporter de vrais changements entre chaque version de leur jeu. Oui, leur jeu au singulier. Parce qu’il n’y a qu’un seul jeu qui nous est vendu avec un « nouveau patch » chaque année.

Il y avait enfin moyen d’ajouter de la vraie variété avec des saisons suspendues de manière aléatoire, des matchs renvoyés ou des équipes et des joueurs en quarantaine… Mais c’était sans doute trop demander à un patch annuel. C’est dommage, l’un des points forts du jeu, la simulation du microcosme du pousse ballon d’aujourd’hui et pas de l’année passée, tombe complètement à l’eau avec ça.

Troupeau de chèvres cette équipe

Donc comme chaque année, le jeu intéressera ceux qu’il est censé intéresser. Pour le reste et pour moi, je trouve que la plaisanterie a assez duré. Le Covid-gate aura été l’affront de trop pour ma personne. Salutation Football Manager 2021 et pas merci.

J’en ai marre / 10

Jouable aussi sur Switch, Xbox One, Xbox Series, IOS et Android.

[Blabla sur le vrai foot en temps de covid par un vieux con]

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé le foot. En pratique ou en spectateur. Mais depuis que l’argent a transformé ce sport d’équipe en affrontement de millionnaires mal éduqués, j’ai beaucoup de peine à ressentir de l’émotion pour ce spectacle. Il ne me reste que mon club local désargenté et les compétitions internationales pour sustenter mon intérêt franchement décroissant pour le ballon rond.

Ça, c’était avant le coronavirus.

Depuis, quand je vois ce que sont capables de faire tant les dirigeants de club que les organes décisionnels en termes de choix de fonctionnement et surtout de priorités, j’ai presque complètement lâché l’affaire. Il faut jouer au foot coute que coute. La santé des joueurs et de leur famille surtout, n’a pas vraiment d’importance. Il faut produire du « spectacle ». Répondre aux sollicitations de la sacro-sainte retransmission télévisée. On en est à faire jouer les matchs des clubs anglais de coupe d’Europe aux quatre coins du continent, suivant la complaisance (ou son absence) de la législation de chaque pays envers les divas en crampons. On fait jouer un nombre invraisemblable de matchs dans des durées très courtes pour tenir un calendrier impossible.

C’est ubuesque. Le monde du football marchait déjà sur la tête et là, il a même décidé de faire ça en reculant.

Le seul bon côté, c’est que ça ne peut pas continuer comme ça. L’économie se pétant la gueule, espérons que le fric arrêtera d’abreuver ce cirque. Et souhaitons, que les dirigeants, en sevrage forcé, retrouveront une vision un peu plus humaine de ce qui est, et aurait dû rester, un jeu…

Football IRL, Football Manager, on n’a pas le même maillot, mais on a les mêmes valeurs (malheureusement).

Author: Zyvon

Élevé à la dure par des parents aux penchants amish, hermétiques à la technologie, l’accès aux jeux vidéo n’a pas été facile pour Zyvon. C’est en utilisant l’argent de sa bar-mitzvah, reçu lors de sa première communion, qu’il s’acheta lui-même un ticket pour les mondes diaboliques de la perversion sous la forme d’une Megadrive. #TeamSonic. Malheureusement, il vécu la crucifixion du hérisson bleu comme une trahison et renonça à jamais aux consoles, pour rejoindre les rangs bénis et accueillant de la glorieuse “PC Master Race”, en jurant qu’on ne l’y reprendrait plus. Son éducation sévère mais néanmoins rustique, lui a donné le gout des choses bien faites et faites jusqu’au bout. Zyvon est dur mais juste mais dur.

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