Un futur qui m’ennuie [Call of Duty: Black Ops 7]

Je lance Call of Duty: Black Ops 7 sur PC, prêt à découvrir ce que Treyarch et Raven nous réservent avec ce nouvel opus futuriste.* Eh bien… On est en 2035, mais ce qui est moderne c’est simplement les skins des armes et surement pas le gamplay. Le jeu reprend l’histoire dix ans après Black Ops 2. David Mason (fils d’Alex) est de retour pour affronter une vieille connaissance, le terroriste Raul Menendez, et une nouvelle menace high-tech nommée La Guilde. Sur le papier, pourquoi pas, ces studios savaient faire des « films dont vous êtes le héros », des blockbusters cinématographiques super riches en détail. Alors, dans les faits, ce n’est pas la même histoire.

Pour faire ce test j’ai tenu à finir la campagne de Black Ops 7 et tester le mode multi. Je n’ai pas touché au mode gratuit « Warzone » et j’ai à peine fait une partie du mode zombie. Je laisserais volontiers à un autre comparse le soin de critiquer. En quelques mots, j’ai été emmené dans une guerre futuriste en 2035, avec des soldats augmentés, des drones par essaims et des gadgets high-tech à gogo. Mais tout ce vernis futuriste suffira-t-il à masquer le manque d’âme du jeu ?

Solo-Coop : ils ne se sont pas foulés, on ne s’est pas beaucoup amusé

L’histoire propulse le joueur en pleine crise mondiale en 2035, sur fond de guerre psychologique et de technologies avancées. On nous ressort Menendez (le grand méchant de Black Ops 2), accompagné d’une nouvelle armée privée. On incarne un soldat augmenté censé sauver le monde. Hélas, on comprend vite le manque de potentiel de ce scénario. La campagne s’avère décousue et creuse. Ça explose de partout, comme pour cacher la misère. On n’en prend pas plein les yeux. Souvent, on s’ennuie. Une bonne partie des missions sont là pour justifier un monde ouvert à la rejouabilité « infinie » mais à l’intérêt, pour ma part déjà fini. Les autres missions sont là pour vous initier au monde ouvert, sans qu’elles ne donnent réellement envie d’y rejouer.

 

Black Ops PC débuter

Je dois lancer quoi moi si je veux juste faire le mode solo…les menus sont pas super clair et j’ai déjà accès à la phase finale alors que je lance le jeux pour la première fois.

 

Globalement, on assiste à un défilé d’effets spéciaux sans âme, une succession de scènes spectaculaires auxquelles il est impossible de s’attacher. L’ambiance est certes frénétique, mais tellement tapageuse qu’elle en devient épuisante. Black Ops 7 représente Call of Duty dans ce qu’il a de plus bruyant et agaçant : une surenchère d’action qui tente de cacher le vide narratif.

 

Black Ops 7 PC story

Du story telling de haut vol. Enfin j’ai pas vraiment compris, mais ça doit être intéressant.

 

Le scénario, lui, est une « coquille vide » qui aligne les clichés de blockbuster sans génie. On sent que les développeurs ont voulu “faire le show” plutôt que raconter quelque chose de cohérent. Même en reprenant des éléments des anciens volets (le retour de personnages connus, ou encore des clins d’œil aux épisodes précédents), le jeu peine à susciter autre chose qu’un haussement d’épaules. Quelques situations m’ont bien fait sourire par leur ridicule assumé, mais soyons honnêtes : on suit cette campagne d’un œil distrait, sans jamais se sentir concerné par l’enjeu.

 

Black Ops 7 PC première mission

La première mission en solo.

 

Et que dire des ennemis ? On affronte une armée de soldats augmentés et de drones, certes, mais leur intelligence artificielle est aux fraises. Ça fonce dans le tas ou ça campe bêtement derrière des caisses – aucune stratégie, aucune tension. La seule difficulté vient du nombre délirant d’ennemis que le jeu vous balance en solo/coop. Autant dire que parcourir cette histoire tient plus du pensum que du plaisir. Heureusement, pour ma part j’ai eu l’aide-salvatrice de Seabhacsuil. Au-delà d’avoir passé un bon moment à jouer, j’ai passé un bon moment à critiquer le jeu avec mon comparse. Finalement, je pense que le jeu n’est pas absolument mauvais, en revanche, il est totalement sans intérêt.

 

Black Ops 7 Coop PC

T’es pas super en forme, Bro.

Entre quatre yeux

Techniquement, Black Ops 7 n’impressionne pas franchement. Bien sûr, le moteur affiche des explosions et des drones par dizaines sans broncher, mais, visuellement, le jeu est étonnamment laid et cheap pour un AAA de 2025. Les décors manquent de cachet, les textures sont parfois baveuses – on croirait par moments à des assets générés à la va-vite par une IA, sans retouche humaine. Pour un jeu vendu au prix fort, l’ensemble fait terriblement bas de gamme.

Quand on voit ce que propose la concurrence – entre un Battlefield 6 photoréaliste et un Borderlands 4 à la patte artistique sublime – il y a de quoi s’étrangler de voir un Call of Duty aussi peu inspiré graphiquement. Le choc est d’autant plus grand que la série nous avait habitués à un certain spectacle visuel. Ici, tout paraît générique, voire bâclé. Même les écrans de victoire et les cartes de visite multijoueurs ont un petit côté faux, généré automatiquement, qui renforce l’impression d’un produit sans personnalité.

 

Black Ops 7 autosave PC

Ça j’aime bien c’est des sortes de « save » pour les nuls.

 

Black Ops 7 a la particularité de proposer toute sa campagne en coop jusqu’à 4 joueurs – une première dans la série depuis Black Ops 3. Clairement, l’expérience a été pensée pour être vécue à plusieurs. Avec des amis, les niveaux relativement ouverts permettent à chacun d’aborder les objectifs différemment, et certaines capacités spéciales se combinent de façon complémentaire entre joueurs. On sent bien, dans certaines scènes, qu’il faudrait idéalement une escouade complète pour en profiter pleinement. En jouant en groupe, la campagne gagne certainement en intérêt : coordonner ses actions, s’entraider face aux hordes d’ennemis et partager quelques moments de chaos peut la rendre plus divertissante.

 

Black Ops 7 PC missions récupération

Encore une mission passionnante où il faut récupérer des objets passionnants.

 

Le problème, c’est que ça ne sera pas facile de réunir trois personnes motivées pour se farcir la campagne avec vous – et vu la qualité de l’ensemble, on les comprend. Si j’ai constaté qu’à deux c’est mieux que seul, je peux vous recommander si vous comptez tenter l’aventure, de la faire accompagné, car tout dans le game design de Black Ops 7 indique que le solo pur n’a pas été la priorité. À plusieurs, ce qui est pénible seul devient peut-être un défouloir sympatoche… ou pas. Je conclurais que la campagne coopérative m’a beaucoup déçu, et j’ai compris, en voyant le taux d’accomplissement des succès Steam, qu’il ne devait plus y avoir grand monde jouant au mode solo.

 

Black Ops 7 succès steam PC

Ça m’a beaucoup faire rire de voir ça. C’est juste le succès « finir une mission au milieu de la campagne »… Seul 0.3% des joueurs, clairement peu de gens s’infligent la campagne. Ou alors ils ont vite arrêté.

 

Multijoueur : le même que chaque année avec un skin futuriste sans saveur

Passons au multijoueur. Black Ops 7 reprend la formule de ses prédécesseurs, pour le meilleur et pour le pire. Côté gameplay, on reste sur du FPS nerveux et arcade : déplacements ultra-rapides, gunfights intenses et time-to-kill court. Les adeptes de la série retrouveront immédiatement leurs repères. On peut sprinter, plonger, glisser dans tous les sens. Autant dire qu’on est loin de la rigueur tactique d’un Battlefield – ici, ça fuse dans tous les sens, ça saute, ça slide, ça réapparait presque instantanément au hasard sur la carte… Les puristes du réalisme crieront au scandale, mais les fans de nerveux pourraient aimer.

Black Ops 7 arrive tout de même à apporter quelques nouveautés en multi. Parmi les modes de jeu, on trouve les inévitables Matchs à Mort par équipe, Domination, etc., mais aussi deux petits nouveaux. Skirmish, une sorte de mode 20 V 20 avec objectifs où l’on peut utiliser des wingsuits et des grappins (un vent battlefieldien plane là-dessus) et Overload, un mode où il faut récupérer un appareil et l’amener dans la base ennemie. Ces variantes apportent un peu de fraîcheur, même si au fond on reste sur du très classique. Le multi compte dix-huit cartes dès le lancement, dont seize en 6 V 6 et deux grandes maps pour le 20 V 20.

 

Black ops 7 PC mécanique

Une mécanique de haute qualité: augmenter virtuellement le niveau des armes pour faire plus de dégâts. Plot twist, les armes augmentent le long de la campagne et une fois qu’on a amélioré une arme, toutes les prochaines qu’on ramasse sont du même niveau.

 

Treyarch a même misé sur la nostalgie en recyclant, comme à son habitude plusieurs cartes “cultes”. On apprécie le clin d’œil – rejouer sur Nuketown en 2035 peut avoir un effet Madeleine de Proust sur certains habitués, ou être nécessaire pour ne pas frustrer les joueurs qui aiment jouer toujours sur la même map. On ne peut toutefois s’empêcher de penser que ces remakes compensent un manque d’inspiration sur les nouvelles arènes. D’ailleurs, hormis deux ou trois décors sortant du lot, la plupart des maps inédites sont d’une banalité confondante. Le genre trois couloirs bien propre, efficace sans doute, mais sans génie. Au moins, l’action est fluide et intense : combats rapprochés, spawn quasi instantanés et chaos permanent. Là-dessus, le cahier des charges est rempli – rythme et nervosité sont au rendez-vous.

ACHÈÈÈTE

En revanche, difficile de passer sous silence la direction artistique improbable du multijoueur. À force de vouloir tout unifier, Activision a fait de Black Ops 7 un véritable carnaval. On se retrouve avec des opérateurs robotisés affublés de morceaux de chair humaine, côtoyant des chasseurs de zombies venus du passé qui plongent en chandelle sur des plateformes futuristes. Le tout sans aucune cohérence, si bien qu’on a parfois l’impression de jouer à un free-to-play qui mélange tous les packs de skins possibles pour vendre des cosmétiques. C’est criard à souhait, ça clignote de partout et question immersion on repassera. Franchement, voir des personnages dignes de films de science-fiction kitsch se tirer dessus dans des décors militaires « sérieux », c’est spécial. Mais visiblement, ça ne dérange plus grand monde tant qu’on peut débloquer un skin doré du super-soldat 2087 de la série Fallout…

L’interface, elle, mérite aussi un carton rouge. Pour un jeu AAA payant, le menu principal ressemble plus à un casino en ligne illisible – une mosaïque de modes, de publicités pour le Battle Pass, de promotions pour des packs de skins, au point qu’on peine à trouver l’option pour lancer la campagne. Tout clignote, tout invite à cliquer quelque part pour dépenser des COD Points. On a vraiment l’impression d’être face à un free-to-play gourmand alors qu’on a déjà payé le prix fort. Cette confusion n’arrange rien à l’expérience globale, et je ne compte plus les fois où j’ai soupiré en naviguant dans ces menus fouillis.

 

Black Ops 7 PC menus

Et c’est pas fini… ensuite il faut encore attendre 30 min que les shaders se réinstallent. Si j’ai qu’une heure pour jouer, je passe plus temps à préparer le jeu qu’a effectivement y jouer… C’est comme ça à chaque mise à jours et j’ai l’impression qu’il y a des mises à jours chaque semaine.

 

Un mot sur la progression : Black Ops 7 pousse encore plus loin l’intégration entre ses différents modes avec le système de progression global. En clair, que vous jouiez en campagne, en multi, en Zombies ou Warzone, vous gagnez de l’XP pour monter en niveaux et améliorer vos armes. Vous pouvez utiliser ces armes améliorées dans tous les modes. L’idée, c’est de ne jamais vous faire perdre de temps : tout ce que vous faites contribue à débloquer du contenu. Sur le principe, pourquoi pas – c’est plutôt agréable de conserver ses armes favorites d’un mode à l’autre. Mais cela s’accompagne évidemment d’une pléthore de choses à débloquer en permanence : camouflages, atouts, accessoires, niveaux de prestige par arme… la carotte numérique est sans fin.

On est clairement dans l’ère du Game as a Service : le jeu est pensé pour vous occuper des dizaines (centaines ?) d’heures si vous mordez à l’hameçon. Ajoutez à cela les défis hebdomadaires, les saisons de contenu post-lancement et la boutique de cosmétiques et vous obtenez un multi qui frôle l’overdose de grinding. Certes, débloquer des babioles peut être motivant, mais à ce stade, on se demande si on joue pour s’amuser ou pour remplir des barres d’XP.

 

Black Ops 7 PC machettes

OMG, y a des machettes qui tombent du ciel !

 

Call of Duty en bout de course ?

Black Ops 7 cumule les tares plus vite qu’il n’aligne les frags. Entre une campagne sans intérêt (sauf à la rigueur en coop), un multijoueur qui stagne dans sa formule archi-éprouvée et une réalisation en dessous des standards actuels, difficile de ne pas y voir l’épisode de trop pour la saga. Activision a beau gaver les joueurs de contenu (campagne coop, Endgame, multi, Zombies, Warzone – cinq jeux en un), la quantité ne remplace pas la qualité. Pire, à force de tout lier et de tout mélanger, cet opus donne une impression de fourre-tout indigeste. La cohérence et l’identité de Black Ops s’y diluent complètement, noyées sous les skins flashy, les gadgets futuristes et les mises à jour fréquentes.

 

Black ops 7 212 Go PC

212 Go pour ça… au prix auquel sont les SSD, rien que ça devrait être un « no go ».

 

Ah, parlons-en des mises à jour. On a ici un AAA vendu plein tarif, mais qui impose l’expérience utilisateur d’un free-to-play mal dégrossi. Chaque fois que je lance le jeu, j’ai droit à un énorme patch à télécharger, suivi d’un message « Mise à jour requis – le jeu va redémarrer ». Sérieusement ? On est en 2026 et Call of Duty trouve encore le moyen de me faire redémarrer le jeu après chaque update, comme si j’étais sur Windows 98. Sans oublier la sempiternelle installation des shaders qui bouffe de longues minutes à chaque patch… Résultat, je passe presque plus de temps à mettre le jeu à jour et à patienter qu’à réellement jouer. C’est à se demander si les développeurs n’ont pas parié sur notre patience plutôt que sur notre amusement.

 

Black ops 7 mise à jour PC

Sérieusement … c’est quoi ce jeu où il faut redémarrer quand on le lance pour la première fois après une mise à jour ?

 

Il faut dire les choses : Call of Duty tourne en rond et ce Black Ops 7 en est la preuve criante. La formule use et abuse des mêmes ficelles, sans l’étincelle d’innovation qui redonnerait vie à la franchise. La communauté ne s’y est d’ailleurs pas trompée : pour la première fois en presque vingt ans, un Call of Duty connaît un sérieux recul de ventes et d’activité. Black Ops 7 a connu la pire année de ventes de Call Of Duty aux États-Unis depuis 2008.

Certes, Black Ops 7 est disponible dès sa sortie dans le Game Pass, ce qui a pu cannibaliser des ventes (Microsoft ne manque pas de souligner que Call of Duty est la franchise la plus jouée sur le Game Pass en 2025). Mais soyons honnêtes : une partie du public est fatiguée. Fatiguée du cycle annuel, fatiguée de se faire taxer chaque année par une licence qui refuse de se réinventer.

 

Black Ops 7 téléchargements PC

Alors là, bonne chance pour savoir ce que tu installes et combien de place ça va vraiment prendre. En plus, même si ça semble suffisant et logique… bah sûrement que ça ne le sera pas.

Rente de vétéran

Alors, que reste-t-il de Black Ops 7 ? Un divertissement calibré qui pourra peut-être amuser les irréductibles fans de CoD, ceux pour qui l’appel du frag arcade est plus fort que tout. Eux y trouveront leur dose d’adrénaline, de grind et de zombicide entre potes. Mais pour les autres, difficile de recommander cet épisode. Même Activision semble avoir conscience du problème, distribuant des clés de test à tour de bras (y compris des éditions « Coffre d’armes » bourrées de bonus cosmétiques) dans l’espoir de maintenir l’intérêt autour du jeu.

 

Black Ops 7 PC échelle

Je sais pas si c’est foiré, ou plutôt bien réalisé.

 

Une générosité inhabituelle chez les autres éditeurs qui fait sourire – on se doute bien que ce n’est pas par pur altruisme, mais plutôt pour faire en sorte qu’il y ait un peu de monde sur les serveurs au lancement. Car oui, malgré tout, la saga Call of Duty continue de générer des ventes par millions, ne serait-ce que par habitude ou pour « faire comme les copains ». Mais cette année, la machine s’enraye et on peut légitimement se demander si Black Ops 7 ne marque pas la fin d’un cycle. En tout cas, moi, il m’a marqué d’une certitude : celle que le futur, selon Call of Duty, je peux m’en passer.

*Toute similitude avec un récent test de Battlefield serait tout à fait fortuite…

Notes:
Solo /Coop: 2 on s’est pas foulé/10
Multi : 4 arcades/10

Testé sur PC, également disponible sur Xbox Series (et dans le Game Pass) & Xbox One  et PS5 & PS4.

 

Black ops 7 s02 launch trailer

Author: Osheed

"Osheed la combine", qu'on l'appelle dans le milieu. Wikipedia dit que la série "Le Caméléon" était inspirée de sa vie. Il n'a pas son pareil pour dégoter les bons plans et son expertise technique et matérielle n'a d'égal que son gout pour la bonne cuisine. Certains disent qu'il triche aux jeux de plateau, d'autres qu'il a toujours un coup d'avance.

Share This Post On

Submit a Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *