Ah. Everquest. Les vrai-e-s savent. Le papa spirituel de World of Warcraft, le premier MMO en 3D que j’ai vu de ma vie.
Everquest est sorti en 1999, développé alors par Verant Interactive et 989 Studios, publié par Sony Online Entertainment (SOE pour les intimes), a marqué une époque et a lancé, à la suite d’Ultima Online, un genre. Le jeu qui m’a fait dire « Mon dieu c’est complètement fou de se balader dans un monde fantastique persistant avec d’autres gens ». Il y a eu un avant et un après. Il y a eu beaucoup d’heures aussi. Parce qu’Everquest, la version originale, était un jeu qui ne pourrait plus du tout marcher en 2026 en termes de demande d’engagement des joueurs. À côté World of Warcraft est un jeu ultra casual.

/voix de vieux qui te parle de sa jeunesse à l’armée : À notre époque, on devait attendre quinze minutes pour que notre personnage regagne sa vie ; on devait passer des heures à récupérer le corps de notre personnage pour ne pas perdre l’ensemble de notre équipement gagné sur des mois de jeu ; on devait ouvrir pendant vingt minutes un livre de sort qui prenait tout l’écran pour regagner son mana ; on devait réunir entre quarante et septante personnes pour faire un raid parfois pendant un weekend entier. C’était de la folie furieuse. Mais c’était nouveau et c’était enivrant.
Je ne vais pas vous mentir, la musique de la zone de départ de mon personnage d’alors a encore un effet de madeleine de Proust pour moi. Vous comprendrez donc que c’est avec une certaine émotion, le collègue Jorris confirmera, que j’ai pu parler de cette ancienne drogue (déso Founet) avec l’équipe particulière qui nous a présenté le projet d’Everquest Legends qui vient de sortir (et continuera de proposer du contenu). Everquest Legends est développé par Game Jawn et publié par Daybreak Game Company.
Parce qu’Everquest Legends est un travail d’excavation pour lequel l’équipe de Game Jawn, avec les accès donnés par Daybreak (propriétaire actuel de la licence), est allée chercher les fichiers d’origine du jeu de 1999, les mêmes textures, les mêmes sons, et tout et tout. À savoir que Game Jawn réunit d’anciens codeurs à l’origine de serveurs émulés pirates d’Everquest. Et plutôt que d’entrer en guerre avec eux, Daybreak les a contactés pour leur donner le job d’Everquest Legends. Démarche assez géniale il faut l’avouer et qui donne du cachet à Everquest Legends.
C’était la mode à l’époque
L’entretien était réellement intriguant pour cette réanimation d’Everquest qui, rappelons-le, promet de pouvoir jouer en solo ou en coop, avec cinq niveaux de difficulté à choix et une possibilité de multiclasser son personnage (jusqu’à 3 classes simultanées) à tout le contenu de l’original sans avoir à y perdre sa RL. Vous pouvez aller faire un raid seul, il n’y a plus de corpse run, ni d’attente absurde. Vous pouvez y jouer comme un jeu “normal”. J’ai à peine lancé le jeu donc je ne peux commenter si de ce côté le jeu tient ses promesses, mais en tout cas l’approche de l’équipe et leur enthousiasme donne réellement envie d’y jeter un oeil et de retrouver l’ambiance de Norrath.
Lorsque nous avons vu le jeu à la Gamescom, celui-ci était déjà sorti, mais nous avons eu droit à la présentation de nouvelles zones développées spécialement pour Everquest Legends par Game Jawn, tout en respectant le Lore du jeu original. Il y a donc une volonté affichée de faire évoluer le jeu tout en gardant le cocktail d’origine. Côté pratique, le jeu coûte une vingtaine de francs, mais avec un abo à une dizaine de francs par mois. Et un test larmoyant de nostalgie devrait arriver chez nous d’ici la fin de l’année !
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