Héritage du passé [L’Amerzone – Le testament de l’explorateur]

Heureusement qu’il commence à faire beau, c’est l’occasion de se laisser à nouveau aller à la rêverie éveillée. La nostalgie fonctionne pas mal aussi pour s’évader du quotidien. Alors j’ai eu envie d’écrire à propos d’un jeu qui propose les deux.

Quand je pense à L’Amerzone, la première chose qui me vient en tête c’est le studio en dessous du domicile familial d’enfance de Mush. Un peu ma deuxième maison. Dans ce sous-sol, on a maté la Trilogie du samedi, peint des figurines Warhammer et on a joué à pas mal de jeux vidéo. Je ne me souviens plus si c’était le père de Mush qui avait acheté L’Amerzone (de l’époque) parce qu’il appréciait la bande dessinée et la SF ou si on y avait seulement joué en version démo, filée avec un numéro de Joystick. En tout cas, je me souviens qu’on ne l’avait pas terminé.

 

Amerzone PC curé

Hé ho, on peignait des Warhammer j’ai dit, c’est tout.

Indiana Journaliste

À la Gamescom, j’avais eu l’agréable surprise de découvrir qu’un remake était en préparation chez Microids. Non seulement avec une refonte graphique superbe, mais également avec une mise à jour moderne des énigmes.

 

Amerzone PC carnet

Ça, les enfants, c’est ce qu’on appelait « un carnet ». On l’utilisait pour noter des trucs et après on ne se souvenait plus pourquoi on les avait notés. Sur les cartes et objets qu’on récolte se trouvent des indices. Mais il suffit de cliquer dessus pour les faire apparaître et les inscrire dans l’inventaire.

 

Le pitch reste le même. Dans L’Amerzone, on incarne un journaliste envoyé, à contrecœur, tout au nord de la France pour y rencontrer un excentrique, Alexandre Valembois, qui habite dans un phare. Une ancienne sommité de l’exploration, dénigrée par la communauté scientifique depuis qu’il clame avoir découvert un pays appelé l’Amerzone. Malheureusement, le vieil homme décède juste après nous avoir expliqué comment réparer les erreurs qu’il a commises par le passé. Quel sens du timing quand même. Puisque notre reporter est sans frontière (et à la recherche de l’article du siècle), il accepte la mission sans aucune idée de ce qu’il faut faire. Heureusement, Valembois a disséminé des instructions et indices pour y parvenir.

 

Amerzone PC hydraflot

Une des premières tâches consistera à remettre sur « pied » l’Hydraflot. Un formidable moyen de transport qui s’adapte à (presque) tous les environnements. Seul moyen d’atteindre la région disparue.

Benoît Sokal contre tout chacal

Le gameplay est à l’ancienne. Rappelez-vous Myst. La vue est à la première personne, on déplace le curseur et on clique pour interagir avec le décor et s’y déplacer. Comme si on sautait d’une case à l’autre.

 

Amerzone PC tunnel

On ne se déplace pas en direct, mais on indique la direction et on clique pour lancer le déplacement. À l’ancienne.

 

Une aventure qui nous fait voyager. Dans des environnements qui vraiment très beau. À l’époque, le jeu avait été dirigé par l’auteur de BD Benoît Sokal et ce remake de L’Amerzone est pensé comme un hommage. Les énigmes sont prenantes et demandent suffisamment de réflexion, sans risquer la crise de cerveau. Un bon équilibre. Du moins au début du jeu, parce que le dernier tiers est malheureusement un peu trop simpliste selon moi. On se contente un peu d’associer un objet avec le suivant et il y a moins d’exploration.

 

Amerzone PC codes

Des codes à déchiffrer, des objets à combiner, des énigmes à résoudre. Tout ce que j’aime.

 

Tout au long de l’aventure, l’impression d’être seul domine. Quelques personnages croisent bien notre chemin, souvent pour nous prêter main-forte, mais c’est une quête solitaire. Bien sûr, on pourrait voir là du minimalisme un peu facile. Pour ma part, j’y ai ressenti un côté introspectif fort.

 

Amerzone PC bar

Des environnements visuellement soignés, intérieurs…

Fais comme l’oiseau

On peut lui reprocher une certaine lourdeur, hérité des années 90, notamment dans son interface, mais j’ai adoré me laisser porter par cette histoire d’œuf géant qu’il faut rapporter à l’autre bout du monde. C’est la quête de rédemption de Alexandre Valembois, que l’on exécute à sa place avec le sentiment de faire ce qui est juste.

 

Amerzone PC forêt

… comme extérieur.

 

Lorsque le jeu devient plus dirigiste vers la fin, c’est aussi pour laisser plus de place tour à tour à la poésie ou au message écologique. J’avais un sourire content en voyant les crédits de fin défiler. Attention, toutefois si vous êtes complétionniste, veillez bien à avoir trouvé tous les éléments annexes à chaque fois avant de changer de zone. Il n’est pas possible de revenir en arrière. Encore une métaphore de l’explorateur?

 

Amerzone PC carte

Les déplacements rapides sont l’une des améliorations « 21e siècle » de ce remake. Ce qui compense les déplacements un peu lourds, vestiges de l’époque.

 

Cette fois, j’ai donc eu je plaisir d’aller jusqu’au bout de L’Amerzone et de profiter de ce sentiment d’évasion. En jouant sur cette ambiance nostalgique du jeu (celle donc de Valembois qui attendait que de pouvoir repartir) et la mienne raccordés à des souvenirs d’enfance. Je regrette que Microids Studio Paris derrière cette jolie remise à neuf (et créé pour l’occasion) ait été fermé juste après la sortie du jeu. Mélancolie douce-amère, la réalité rattrape le jeu.

Note: 8 Tintin sur 10

Testé sur PC, disponible également sur Xbox Series et PS5.

 

Author: Founet

A ne pas confondre avec le village vaudois, est à peine plus jeune qu’une Famicom. Vouant un culte à George, il découvrit son amour du jeu vidéo et de la techno allemande pendant les grandes années de Lucas Arts. De ses nombreuses heures passées à cliquer lui vient son humour absurde et sa cleptomanie. Frappé d’une mystérieuse malédiction, les machines semblent se rebeller lorsqu’il les manipule ou fait mine de les regarder. Founet ne roule jamais en-dessous de 88 miles à l’heure et rêve de maîtriser la télékinésie grâce à la Force. En attendant de passer maître Jedi, il joue à la Wii U. Accessoirement rédacteur en chef, quand il arrive à se faire entendre des autres, qui mettent le son trop fort, les farceurs.

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