Gamescom 2019 – Watch Dogs: Legion

Peu étonnés par son annonce à l’E3 dernier, mais bien curieux du résultat au vu de la tournure que Watch Dogs: Legion prend, nous avons pu nous fourrer dans une session, sans toutefois pouvoir mettre la main dessus. En simple « watcher », quoi. Pas de quoi nous refroidir, enfin…

À la manette juste devant nous, Kevin Bitterlin, le rédacteur en chef de JV LeMag (écoutez donc à 01:51:00). Il se dépatouille avec les commandes pour diriger une farouche grand-mère, tout en essayant de suivre les explications d’un employé d’Ubisoft qui peine un peu à articuler (en même temps, c’était le dernier jour du salon).

Le but d’abord consiste à recruter un nouveau personnage. Pour cela, il va falloir le convaincre s’il n’est pas déjà en phase avec les activités de DeadSec, l’organisation (terroriste) de hackers dont nous faisons partie. Pas le temps de discuter, notre grand-maman s’en va donc accomplir une mission pour lui. Et là, on se dit qu’on va découvrir quelque chose de neuf, une idée de gameplay originale, un petit bout de nouveauté qui titillerait notre curiosité. Non. On aura droit à une phase en véhicule qui nous rappelle les tristes heures du premier opus et puis le néant absolu. Il va falloir hacker un centre.

Oh comme c’est original. Mais dites-moi, vous êtes des petits malins hein ! On n’aurait pas déjà vu ça deux fois (et mille si on prend tous les jeux Ubisoft) ? Ah mais là il y a une araignée robotique qui… remplace le drone robotique. Okay. Donc la mamie se met dans un coin, et en attendant on dirige ce nouveau robot. On hack des caméras, on hack la clé de cryptage d’un garde, on fait entrer mamie dans le centre pour qu’elle puisse à son tour hacker un serveur, et on ressort. Rien n’a bougé depuis les deux premiers épisodes, tout est identique, sauf le fait qu’il s’agit de Londres, de nuit et pluvieux. C’est à ce moment-là que nous sommes partis (on avait d’autres rendez-vous). Néanmoins, le peu que nous avons vu ne nous a pas laissé une forte impression.

Rappelons rapidement un peu le contexte, vu qu’il nous semble important de mentionner quelques points dérangeants. Dans Watch Dogs : Legion, le joueur peut incarner n’importe qui, et chaque personnage peut mourir définitivement. On se demande dès lors comment la narration va être implantée dans un tel micmac. Cette idée d’incarner tous les PNJ nous semble d’ailleurs être un simple argument marketing et non véritablement un point fort de Watch Dogs Legion.

On espère évidemment se tromper, mais on se demande si le joueur va être obligé de jouer plusieurs personnages, ou que dès le moment où il aura trouvé sa petite équipe, il fera tout pour que ses membres ne meurent pas. Quitte à sacrifier de parfaits inconnus dans des missions centrales. Ou alors s’il y a un simple pattern des compétences entre les PNJ à trouver, ce qui ruinerait l’aspect sentimental lié aux personnages. Étant donné que chaque PNJ peut être recruté chez DeadSec (dépendant de sa jauge d’affinité), cela soutient également l’idée, vaguement rigolote, que toute la population de Londres est en réalité antigouvernementale et prête à s’engager avec une organisation aux mœurs finalement douteuses (meurtre, assassinat, piratage, etc). Dommage, on aurait bien aimé voir des taupes s’infiltrer chez nous, ou simplement des gens qui ne sont pas prêts à devenir terroristes.

De quoi se poser quelques questions quant à la (non) politisation d’Ubisoft. Ceci dit, un des aspects intéressants, c’est que chaque PNJ a une profession et donc un bonus lié à cela. Si après s’être fait capturer par la police et emmené en prison, on dispose d’un avocat dans notre équipe, il est possible d’essayer de nous faire libérer. Une idée forte intéressante. On se demande simplement combien d’astuce de ce genre il y aura (je parie sur trois).

On est donc circonspect face à cette troisième mouture de Watch Dogs. Il reste évidemment pas mal de temps à Ubisoft pour peaufiner tout cela, mais le cœur du jeu semble être déjà engagé de telle sorte qu’il pose quelques problèmes évidents.

Cette visite chez Ubi, sympathique au demeurant, a permis de mettre en évidence une triste réalité ; ou d’enfoncer une porte ouverte. En effet, avant même que nous entrions dans la salle, au sein de notre petit groupe est revenue fréquemment l’idée que « on sait ce que c’est même sans l’avoir vu ». Il est devenu relativement rare d’être surpris par un AAA (porte ouverte bien défoncée, pour le coup). Malheureusement, Watch Dogs Legion semble être à la hauteur de nos craintes.

Il n’est pas impossible que le jeu nous réserve des surprises, mais certainement pas là où le marketing met l’accent pour le moment. Cette interchangeabilité des personnages peut être comprise de diverses manières : par exemple que le messager importe moins que le message, ou que le bien commun prévaut sur l’individuel (big up M.Spock). Mais il y a quelques temps, Ubisoft annonçait vouloir moins de narration dans ces jeux. Si cela se faisait en faveur du gameplay, nous serions les premiers à nous réjouir. Ici, le fait que tout le monde puisse être recruté, puis remplace en cas d’échec ne semble, au final, qu’être un gimmick cosmétique. L’incohérence rode.

A retrouver, sans grande surprise, dès le 06 mars 2020, sur PC, Xbox One, PS4 et …Stadia

Author: Founet

A ne pas confondre avec le village vaudois, est à peine plus jeune qu’une Famicom. Vouant un culte à George, il découvrit son amour du jeu vidéo et de la techno allemande pendant les grandes années de Lucas Arts. De ses nombreuses heures passées à cliquer lui vient son humour absurde et sa cleptomanie. Frappé d’une mystérieuse malédiction, les machines semblent se rebeller lorsqu’il les manipule ou fait mine de les regarder. Founet ne roule jamais en-dessous de 88 miles à l’heure et rêve de maîtriser la télékinésie grâce à la Force. En attendant de passer maître Jedi, il joue à la Wii U. Accessoirement rédacteur en chef, quand il arrive à se faire entendre des autres, qui mettent le son trop fort, les farceurs.

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