Un jeu de bonhomme, sans poilus [Battlefield 1, PC + Xbox One]

La guerre des franchises continue entre nos candidats de jeux de tir à la première personne. D’un côté l’âne Electronic Art et son Battlefield et de l’autre l’éléphant Activision avec Call of Duty. Qui arrivera à tirer un maximum de son filon avant que les électeurs ne se rendent compte du manque d’innovations? L’espoir fait vivre. Afin de garder ses fidèles, chacun se doit d’évoluer, le tout sans bousculer, ce qui ne se révèle jamais être évident.

Au fil des années, la saga Battlefield a acquis la réputation de se centrer sur des situations épiques, à contre-pied d’une certaine nervosité des Call of Duty. Nous, on a choisi notre camp depuis longtemps. Pourtant, le passage d’un Battlefield à l’autre ne s’agrémente généralement que d’une amélioration graphique et d’un changement de décors. Ici encore c’est le cas, et celui-ci se traduit par un changement d’époque. Ce n’est pas la première fois qu’une ère autre que moderne (BF 1942, 2142, Vietnam) devient le théâtre des opérations, mais le choix de la Première Guerre Mondiale est original. Le contexte centenaire donne un effet plus homérique aux phases de jeu. Les armes sont plus rustiques, visent moins bien et demandent des rechargements plus fréquents, ce qui élève la baïonnette au rang d’indispensable, donnant au jeu un aspect plus bestial. Quant aux véhicules, plutôt puissant, leur nombre très limité, en fait des cibles de choix.

Battlefield 1 ambiance

Que ce soit dans la campagne ou le multi, l’ambiance sale et mécanique de la Grande Guerre est très présente.

Si on se fait avoir chaque année, c’est pour la promesse d’un mode multi-joueur fort en pétarades. Enfin, chaque année c’est vite dit! Battlefield 4 date déjà de 2013 et le dernier opus en date, Hardline (2015), avait peiné à convaincre, malgré de bonnes idées mal exploitées. Il m’est avis qu’il n’aurait jamais du sortir sous l’appellation BF qu’il s’en serait porté bien mieux, mais je m’égare. Dans ce nouveau chapitre, je dois dire que nous avons vécu plus de moments époustouflants que dans les deux précédents réunis. Le nouveau mode multijoueur, “Opérations”, y est pour beaucoup, car permettant une partie scénarisée dans la durée, ainsi qu’une évolution constante de l’environnement. Suivant le principe des guerres de tranchées, l’objectif est de prendre certaines zones, puis de les défendre. Une fois capturées, on passe au secteur suivant et ainsi de suite, sur trois cartes différentes. A côté des modes plus classiques, celui-ci représente une nouveauté bienvenue. Les parties durent alors beaucoup, BEAUCOUP plus longtemps et les enjeux stratégiques prennent une dimension plus profonde. Malgré la lenteur voulue par la mise en scène, on reste tout de même dans une approche assez orientée vers l’action. On est donc assez loin d’un Verdun (qu’on vous recommande d’ailleurs chaudement si vous êtes amateur de FPS exigeant et immersif). Les rôles à choisir sont toujours similaires, entre assaut, médecin, soutien, etc. Mais les moments de charges où l’ensemble des soldats courent dans la même direction en criant, lorsque le sifflet retentit, injectent leur lot d’adrénaline. De plus, si Battlefront vous en avait mis plein les mirettes, préparez vous à changer vos lentilles, parce que Dice a ripoliné son moteur Frostbyte pour offrir des graphismes qui claquent comme un slip un soir de reggaeton à Cancun. Mention spéciale également pour l’ambiance sonore qui a fait l’objet d’un soin tout particulier.

Battlefield 1 Tank

N’espérez pas une profusion de véhicule sur le champ de bataille, ceux-ci se sont fortement raréfiées depuis Battelfield 4. Ce qui n’est pas plus mal.

Mais je dois également reconnaître que je peine à comprendre la hype démesurée qui accompagne la sortie du jeu. A commencer par le titre lui même: je ne croche que très peu à cette façon de remettre des 1, comme si de rien n’était, pour signifier un semblant de retour aux sources (Need for Speed, Xbox One, Tomb Raider,…). Je trouve également assez particulier que la direction choisie ne soit pas vraiment assumé. Souvenez-vous de cette bande-annonce sur fond de Seven Nation Army ultra saturé. La musique et le montage sont, à peu de choses prêt, l’antithèse parfaite des sensations de jeu, en ligne, mais spécialement dans le cadre de la campagne solo. Celle-ci propose des récits de guerre inspirés de grandes batailles historiques. J’ai apprécié la diversité des situations rencontrées, au détriment des libertés heuristiques. Quelques heures suffiront pour en venir à bout et je n’ai pas vraiment regretté de ne pas devoir lui en accorder plus, malgré la beauté des décors traversés. Pendant nos parties en ligne, j’entends bougonner Founet sur le manque de moment épiques de ce scénario. En effet, à part la séquence en avion au-dessus de Londres, le tout souffre d’un rythme trop lent et d’une difficulté à la limite de la décence. Plusieurs moment laisse planer l’idée d’approches multiples, à l’opposé des fameux « niveaux-corridors » de Call of Duty, mais au final cela reste plus de l’ordre de la mystification puisque les objectifs sont linéaires.

Battlefield 1 IA

L’intelligence artificielle de compèt! Tous ces soldats ont vu leurs camarades tomber sous leur nez sans broncher mais en s’alignant gentiment dans mon viseur.

 

Battlefield 1 vision à travers les murs

C’est grâce au développement de leurs capacités psychiques et leur habileté à voir à travers les murs que les soldats de la Triple Entente déjouèrent les plans de conquète européenne du Kaiser.

En revanche, ce qui est original, c’est qu’aucun des personnages que l’on incarne n’est Américain, excepté le monsieur de la couverture dans le bref prologue. Je vous recommande d’ailleurs de jouer avec les voix en anglais pour profiter de superbes accents écossais, italiens, irlandais ou encore australiens. En parlant de nations, l’absence de l’armée française a déjà fait couler beaucoup d’encre lorsque EA s’est fendu d’un communiqué annoncé que cet « oubli » serait réparé lors d’un prochain DLC. On sait donc déjà qu’on va en manger du rationnement régulier! Si l’ensemble de notre clique multi-joueurs se retrouve sur les serveurs actuellement, on peut s’attendre à ce que l’engouement passe assez rapidement comme c’est le cas avec bon nombre de jeu ces derniers temps. Je suis donc tenté de dire que si vous n’avez pas touché d’épisode de la saga dernièrement, son côté esprit d’équipe pourrait vous séduire. Dans le cas contraire, ce Battlefield 1 ne bouscule rien, c’est un … Battlefield.

Battlefield 1 contexte

Des efforts de contextualisations visibles et, pour une fois, les événements ne sont pas dépeints de manière trop manichéennes.

Note: 6 sur 10 Poilus

Nous avons essayé le jeu sur PC et Xbox One, mais il est également disponible sur PS4.

Avion Faucon Battelfield 1

Quand on sait que Georges Lucas et ILM s’étaient inspiré d’images de combats aériens réels pour créer ceux de Star Wars et que Dice s’est afféré sur Battlefront, je vois volontiers dans cette séquence un joli hommage qui boucle la boucle.

Author: Mush

Il est indubitablement, chez Semper Ludo, l’homme de tous les superlatives. Il est le plus grand que Founet, plus vieux que Marsouin, plus beau que Zyvon, plus riche que ces trois-là réunis et surtout plus en retard aussi, souvent. Parolier de l’extrême (le tube des 90ies "Au pied de la lettre", c’est lui), Guitare-héros à ses heures (les plus sombres de notre histoire), Mush fonce dans la vie tel une locomotive humaine. Une enfance menée tambour battant lui a permis de réunir un set complet de capacités vidéo-ludique (tout matériel confondu) de premier-ordre, mais pas que. Ses compétences et son vaste champ d’expertise dans de multiples domaines le tiennent éloigné plus que de raison de ses consoles et de son PC… Malheureusement pour nous tous. Il est donc de bon ton de chérir n’importe quel contribution de ce grand homme si vous parvenez à mettre la main dessus.

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