Article : test de jeux vidéo (Wargame : Airland Battle, PC)

Un jeu de guerre avec des batailles aériennes et si on l’appelait Wargame : Airland Battle. Un grand bravo à l’équipe marketing qui doit sûrement être plus proche de l’ingénieur pragmatique que du créatif versatile. Mais au final, peu importe le titre tant que le jeu est bon.

 

Derrière ce titre qui veut tout dire et rien dire, se trouve un jeu de stratégie développé par Eugen Systems suite de Wargame: European Escalation. Le scénario se déroule en Scandinavie durant la période de la guerre froide devenu bien chaude entre l’Otan (l’occident) et le Pacte (les communistes).

Le scénario n’a rien d’extrêmement original mais il intègre une géopolitique globale, via des événements aléatoires durant la campagne, qui apportent une consistance au tout (par exemple : « Voulez-vous détacher une flotte pour soutenir les troupes en Turquie sachant que vous ne pourrez, par conséquent, pas l’appeler en renfort? »). Passons le scénario prétexte pour se concentrer sur le jeu !

D’abord le gameplay. Wargame est un mix entre la série des Total War pour la partie gestion des compagnies sur la carte globale et un R.U.S.E lorsqu’il s’agit de se maraver à la 12.7mm. Avec quelques différences toutefois qui apportent un stress et une stratégie réellement différents, j’y reviendrais.

Aaaah la scandinavie !!!

Aaaah la scandinavie !!!

Quand on lance une campagne (il y en a 4 en tout), on arrive sur la carte de la Scandinavie découpée en régions rouges ou bleues, suivant le camp qui les occupe. On peut déplacer nos troupes entre les régions, selon un mode au tour par tour, et chaque région en notre possession nous rapporte quotidiennement des « points politiques ». Ces derniers servent à appeler du renfort, faire des frappes nucléaire, de la reconnaissance et autres joyeusetés que la guerre a à nous offrir.

Si deux de nos « pions » se rencontrent, soit on bat en retraite, soit on se lance à l’assaut. La carte temps réelle apparait, également découpée en régions, qui lorsqu’elle sont contrôlée (via certain véhicule) rapportent des points de renforts. On place nos unités (on démarre avec un petit capital de point) et au fur et à mesure de la partie on peut les utiliser pour appeler des copains à la rescousse.

Voilà pour l’aspect Total War/ R.U.S.E. La grosse différence, c’est le temps! Les objectifs sont toujours déterminés dans le temps. Par exemple, prendre Copenhague en 6 jours. Chaque tour sur la carte globale équivalant à 1 jour, il va falloir bien réfléchir à notre prochain mouvement de troupes. Alors certes, il n’y a pas de production de ressources à proprement parler ce qui fait un souci en moins à gérer, mais certains événements aléatoires peuvent apparaitre empêchant l’arrivé de renfort, par exemple.

C'est beau ! c'est bien rangé ! Mais c'est va pas durer.

C’est beau ! c’est bien rangé ! Mais c’est va pas durer.

Une fois la baston engagée, on passe en mode temps réel avec un très beau moteur graphique utilisant le Iriszoom V3 Engine. Mais là encore, c’est limité dans le temps. On a 20 minutes pour gagner, perdre ou retourner à la maison sans savoir pourquoi notre général nous a envoyé faire des tours de chars dans les champs. C’est là que la différence stratégique intervient, car cela apporte une dimension supplémentaire permettant, par exemple, de défendre ses positions sans essayer d’exterminer l’ennemi, de finir égalité et faire débarquer des américains sur leur tronches au tour suivant. J’ai tendance à ne pas aimer les jeux avec des limites de temps mais je me suis surpris à trouver que cela apportait un réel plus. Pas moyen d’avoir une attitude attentiste si l’objectif est de prendre le territoire !

Mais attaquer l’ennemi n’est pas si simple et pour plusieurs raison. Notamment le nombre d’unité présentes. Il y en a énormément et il est parfois difficile de comprendre toutes les possibilités (ou impossibilité) qu’offre l’unité. Il m’est arrivé plusieurs fois de tenter d’abattre des hélicoptères avec une unité qui n’arrive pas a tirer en l’air ou d’essayer de bombarder une région avec mes avions de chasse alors qu’ils n’ont que des missiles air-air. Chaque unité possède des caractéristiques ayant chacune leur importances (précision, visibilité, etc). Par exemple, un tank qui tire loin c’est bien, mais sans éclaireur pour lui faire voir un peu plus loin que le bout de son nez, ça ne sert pas à grand-chose. Pareil pour l’aviation qui est complètement inutile sans repérages préalable des ennemis.

C'est puissant, ça vole en formation et ça se fait dégommer par un simple soldat planqué dans un bâtiment !

C’est puissant, ça vole en formation et ça se fait dégommer
par un simple soldat planqué dans un bâtiment !

Une autre chose qui apporte de la difficulté est l’IA qui, même en difficulté moyenne, sait bien placer ses unités (forêt dense pour se planquer, derrière la lisière de la foret pour ne pas se faire voir, etc.). Elle est aussi capable d’élaborer des tactiques intéressantes. Par exemple, contourner le front pour venir couper mon couloir aérien et donc m’empêcher d’avoir des renforts. Il ne lui restait alors plus qu’à me prendre en tenaille, pendant que mes hommes à genoux appelaient leur maman. La victoire se joue réellement en sachant correctement utiliser les forces de ses unités et le terrain.

 

Je n’ai pas parlé du mode multi-joueurs qui permet de jouer jusqu’à 10 contre 10, permettant ainsi d’allonger agréablement la durée de vie.

Presque top moumoute, mais je lui reprocherais quand même les environnements peu (pas) variés et sa difficulté qui pourrait en rebuter plus d’un. Et si je chipote, je dirais que la gestion globale pourrait être un peu plus poussée. Mais pas de doute, c’est un excellent jeu pour tout amateur de stratégie !

9 AH-64D Apache sur 10

Author: Mush

Il est indubitablement, chez Semper Ludo, l’homme de tous les superlatives. Il est le plus grand que Founet, plus vieux que Marsouin, plus beau que Zyvon, plus riche que ces trois-là réunis et surtout plus en retard aussi, souvent. Parolier de l’extrême (le tube des 90ies "Au pied de la lettre", c’est lui), Guitare-héros à ses heures (les plus sombres de notre histoire), Mush fonce dans la vie tel une locomotive humaine. Une enfance menée tambour battant lui a permis de réunir un set complet de capacités vidéo-ludique (tout matériel confondu) de premier-ordre, mais pas que. Ses compétences et son vaste champ d’expertise dans de multiples domaines le tiennent éloigné plus que de raison de ses consoles et de son PC… Malheureusement pour nous tous. Il est donc de bon ton de chérir n’importe quel contribution de ce grand homme si vous parvenez à mettre la main dessus.

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